<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314</id><updated>2012-02-05T19:04:13.941+01:00</updated><category term='L&apos;air du temps.'/><category term='Signé Khéops.'/><category term='Critique littéraire.'/><category term='Brèves de comptoir.'/><category term='En avant la musique.'/><title type='text'>" Ah, vous écrivez ?"</title><subtitle type='html'>Blog littéraire.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>63</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6207120409844795373</id><published>2011-12-30T17:19:00.001+01:00</published><updated>2011-12-30T17:20:55.455+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Tentation.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Une histoire pour les fêtes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle passe devant la vitrine sans regarder, il faut qu’elle résiste, ce ne serait pas raisonnable. Mais cent mètres plus loin, elle se ravise et fait demi-tour. Après tout, c’est la période des fêtes ! Elle pousse la porte de la boutique et entre. Les effluves magiques viennent lui chatouiller les narines. Dieu que cela sent bon ! Elle n’arrive pas à isoler chaque odeur mais il lui semble percevoir la vanille presque à coup sûr et la noix de coco, reconnaissable facilement. Un léger sillon de cannelle aussi et euh… peut-être une petite pointe de fruits rouges. Un  plaisir pour les yeux, aussi, cette échoppe, avec ses présentations toutes plus appétissantes les unes que les autres ! Le paradis sur terre, ou bien l’enfer… Elle va céder à la tentation et le vague remords qui la traverse est bien vite chassé au loin… Elle sent déjà sur sa langue les saveurs fortes ou subtiles et les parfums délicats de la pistache, du gingembre ou du caramel. Elle a envie de tous les essayer, elle s’est privée depuis trop longtemps et ça n’a servi à rien ! Elle tutoie toujours les quatre vingt kilos pour son mètre soixante, malgré les efforts accomplis avec ce régime à la noix !! Ras le bol de tout ça ! Et puis, c’est Noël… Alors si elle hésite, ce n’est pas pour savoir si elle va céder à l’achat ou pas, mais bien parce qu’elle ne sait pas quelles variétés choisir. Tout lui fait envie, tout lui parait délicieux. Heureusement qu’il y a le prix qui la freine un peu, sinon…&lt;br /&gt;Arrivée chez elle, elle déballe ses paquets sans attendre. A quoi bon mettre tout ça au pied de l’arbre de Noël ? Elle n’est plus une gamine et puis de toute façon, elle n’a pas fait de sapin cette année. Sa sœur et ses neveux ne viendront pas, ils vont passer les fêtes à Londres, il parait que là-bas, ils savent fêter Noël… Quant à ses parents, comme d’habitude ils passeront en coup de vent l’après-midi, histoire de dire bonjour et s’en repartiront vers leurs nombreuses obligations, non sans lui avoir offert le même cadeau inutile que les autres années. Il n’y aura qu’elle, en tête à tête avec son reflet dans le miroir de l’entrée. Une idée idiote, ce miroir ! Une idée de sa sœur « comme ça tu verras les progrès de ton régime, ça te stimulera ». Tu parles Charles ! Elle ne supporte plus de voir ses rondeurs hideuses à chaque fois qu’elle rentre chez elle. C’est décidé, demain elle l’enlève ! &lt;br /&gt;Sur la table basse, les boites entamées se partagent la place. Affalée sur le canapé, elle jette un œil morne sur l’écran de la télé. De temps en temps, elle se penche, plonge la main dans l’une des boites et la porte à sa bouche. Les saveurs éclatent entre ses joues, lui procurant une volupté sans pareille, en appelant d’autres. Bientôt, les boites se vident. Repue, elle se sent légèrement nauséeuse et va boire un peu d’eau à la cuisine. Ça passera, ce n’est rien, se dit-elle en étouffant dans l’œuf le sentiment de culpabilité qui pointe son nez. En revenant au salon, elle lorgne sur les quelques friandises restantes. Elle soupire. Tend la main. Les douceurs rejoignent son estomac sans autre forme de procès. Ce soir elle se couchera lourde et la bouche pâteuse et le goût d’amertume qui lui collera au palais ne sera pas forcément celui du cacao…&lt;br /&gt;Lorsque ses parents la trouveront le lendemain, les pompiers accourus sur les lieux du décès seront formels : overdose de chocolat. Elle avait juste oublié que depuis deux semaines, elle portait un anneau gastrique…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6207120409844795373?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6207120409844795373/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/12/tentation.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6207120409844795373'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6207120409844795373'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/12/tentation.html' title='Tentation.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-1526190737678743364</id><published>2011-10-22T16:04:00.000+02:00</published><updated>2011-10-22T16:05:18.655+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Les seconds rôles.</title><content type='html'>« Oh et puis ça va, hein ! Tu veux toujours avoir raison…&lt;br /&gt;—Mais c’est parce que J’AI raison, ma chère ! C’est l’évidence même. Ils sont tous droitiers dans cette famille, je ne vois pas pourquoi le petit dernier serait gaucher…&lt;br /&gt;—Et alors, c’est pas parce qu’il y a des générations d’imbéciles dans une famille qu’il faut que le benjamin en soit aussi un ! C’est quand même inouï cette logique ! &lt;br /&gt;—Rôôôhhhh mais c’est pas pareil, tu compares des choses incomparables. C’est pas une tare d’être droitier, non ? &lt;br /&gt;—Non mais bon… il aurait bien pu être gaucher celui-ci… Tu aurais bien pu me faire ce plaisir… Sinon j’ai l’impression d’être inutile, moi !&lt;br /&gt;—Inutile ? Mais non voyons ! Quand j’écrirai, tu tiendras la feuille. Et puis il faut deux mains pour pouvoir faire des lacets, deux mains pour accrocher puis remonter une fermeture éclair de blouson, deux mains pour taper sur un clavier d’ordinateur… Ma pauvre, tu ne te rends pas compte de ton utilité je crois ! &lt;br /&gt;—Oui, c’est vrai mais ce sont des seconds rôles…&lt;br /&gt;—Ne sais-tu pas que les seconds rôles sont aussi importants que les premiers ?&lt;br /&gt;—Mouais… à toi l’agilité, la force, la dextérité. A moi la maladresse, la faiblesse et l’à peu près… A chaque fois que ce gosse laissera tomber quelque chose par terre je sais bien que ce sera de ma faute. On dira « Que cet enfant est gauche ! » Et ce sera toujours toi qui auras le privilège de faire les choses intéressantes… tenir le stylo, la fourchette, le couteau, la raquette, passer les vitesses…&lt;br /&gt;—Ah ben pour les vitesses, même s’il était gaucher, je le ferai quand même, je te signale qu’on est en France et qu’on roule à droite…&lt;br /&gt;—Pfffff… encore une discrimination, tiens ! C’est pas drôle, les droitiers sont majoritaires dans ce pays, tout est fait pour eux et c’est tout juste si on commence à tenir compte des gauchers et à créer des outils adaptés pour nous, les mains gauches. Dis-moi donc un peu depuis quand est-ce que les ciseaux pour gauchers existent ? Hum ? C’est comme le droit de vote pour les femmes, ça… &lt;br /&gt;—Hein ? Je vois pas le rapport ! Tu mélanges tout ma pauvre amie, tu dis n’importe quoi ! Nous ne sommes que les deux mains d’un gamin de cinq ans qui va devoir bientôt choisir sa latéralisation et la génétique veut que…&lt;br /&gt;—La génétique, la génétique ! Non mais tu me fais marrer avec ta génétique ! Je te parle de droits, moi, de droits, tu m’entends espèce de gourde ? &lt;br /&gt;—Oh ! Gourde toi-même ! Non mais dis donc, tu te prends pour qui pour me parler sur ce ton ? Je te dis que cet enfant sera droitier, comme son père et sa mère et il sera droitier, un point c’est tout !&lt;br /&gt;—Et moi je veux qu’il soit gaucher et je me laisserai pas faire, c’est pas toi qui commande !&lt;br /&gt;—SILENCE VOUS DEUX !!!!! Vous vous croyez où ? On entend que vous, vous n’allez pas arrêter de vous chamailler comme des chiffonniers ? Et puis ce ne sera pas vous qui choisirez, ce sera moi. &lt;br /&gt;—Quoi ! Et qui tu es d’abord pour te mêler de nos affaires ? &lt;br /&gt;—Ouais, c’est vrai, tu es qui toi ?&lt;br /&gt;—Je suis le cerveau et c’est moi qui décide, vous n’êtes que des instruments, mes belles demoiselles ! A cause de vous cet enfant hésite depuis des mois entre ses deux mains. Alors je trancherai et vous vous inclinerez. Ne dit-on pas que la raison du plus fort est toujours la meilleure ? Et ici, le plus fort, c’est MOI !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-1526190737678743364?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/1526190737678743364/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/les-seconds-roles.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1526190737678743364'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1526190737678743364'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/les-seconds-roles.html' title='Les seconds rôles.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3788672970489406485</id><published>2011-10-22T16:02:00.003+02:00</published><updated>2011-10-22T16:26:53.595+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Roman érotique.</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Elle était nue face à lui, mutine et ingénue à la fois. Les rayons du soleil pénétraient par la fenêtre et satinaient sa peau. Il approcha sa main droite de ses seins. Ses doigts tremblaient. Il avala sa salive, fit quelques pas dans sa direction. Il la touchait presque. Son souffle s’accéléra quand il posa sa paume gauche sur ses fesses. Doucement, lentement il descendit jusqu’à son… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Fabien ! Les enfants ! A table ! Dépêchez-vous, ça va refroidir… »&lt;br /&gt;Fabien sursaute, ferme les yeux et réprime un juron. Ça y est, l’inspiration a fichu le camp ! Bon sang mais Marion peut pas la fermer, non ? Il lui a dit cent fois que quand il écrit elle ne doit pas le déranger. Même pour manger. Surtout pour manger. Pourquoi ne comprend-elle pas qu’il n’en a rien à faire de manger quand il est en plein processus créatif ? Que sa nourriture dans ces moments-là, c’est la littérature ? De toute façon elle le fait exprès, il en est sûr… Elle ne veut pas comprendre. Fabien soupire, enregistre son texte et ferme Word. Il va les manger ses raviolis insipides, en espérant que sa femme ne va pas le barber avec ses histoires de nana… Plus vite il aura fini, plus vite il retournera auprès de ses chers personnages. Si au moins Marion savait cuisiner… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Cynthia, lascivement allongée sur le grand lit recouvert de satin rose, offrait son corps au regard fasciné de Marc. Un sourire coquin flottait sur ses lèvres pulpeuses. Marc ressentait une douce chaleur se diffuser dans ses reins et son bas-ventre. En une enjambée il fut près du lit. Il s’allongea près de la jeune femme et entreprit de… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mon chéri, tu préfères quel motif pour le papier peint du salon ? Les rayures vertes sur fond beige ou bien les petites fleurs mauves et jaune pâle ? J’hésite tu sais… »&lt;br /&gt;Fabien clique précipitamment sur la croix en haut à droite, fermant le document sans enregistrer les dernières lignes écrites. L’idée que sa femme puisse lire par-dessus son épaule lui est insupportable. « Et merde ! » pense-t-il. Il s’efforce de contrôler sa voix qui grimpe toujours dans les aigus quand il est contrarié.&lt;br /&gt;— Marion, je t’ai demandé de me laisser travailler cet après-midi.  C’est pas compliqué non ? Tu sais bien que mon éditeur attend les derniers chapitres de mon nouveau roman. Si tu m’interromps tout le temps, comment veux-tu que j’avance ? &lt;br /&gt;— Ok, ok ! Mais il faudra bien qu’on se décide pour la tapisserie, depuis le temps qu’on en parle. »&lt;br /&gt;« Depuis le temps que TU en parles, ma chérie ! pense Fabien. Mais si tu savais comme, MOI, je m’en fiche de tes rayures et de tes fleurettes ! Si ça ne tenait qu’à moi, un bon coup de blanc sur les murs et basta ! »&lt;br /&gt;La jeune femme quitte la pièce à contrecœur, une moue boudeuse dessinée sur les lèvres. En sortant elle lui lance :&lt;br /&gt;    — Tu n’oublies pas d’aller chercher les enfants à l’étude tout à l’heure, j’ai mon rendez-vous chez le coiffeur ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;La chambre plongée dans la pénombre était silencieuse. Les longs cheveux dorés de Cynthia effleuraient sa peau en une caresse délicate. Leurs deux souffles mêlés s’exhalaient au rythme des mouvements de leurs corps. Le lit grinçait sourdement, et peau contre peau, les deux amants laissaient le plaisir les envahir. Cynthia roucoula un gémissem… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Dring !!!! Dring !!!!!!!! » Fabien fait un bond sur sa chaise et un laps de temps s’écoule avant qu’il réalise que le téléphone sonne. « Pas moyen d’être tranquille ! Jamais ce bouquin n’aura de fin, je le sens… » Il se lève à regret et va décrocher. &lt;br /&gt;— Oui ? Lui-même… Oui, je me souviens de vous ! Non, pas encore mais je… oui, je sais, je… écoutez, vous pouvez bien m’octroyer un délai supplémentaire… je sais que j’ai déjà du retard… Oui… oui… Non… vos fournisseurs, bien sûr, mais… et si je vous en verse la moitié la semaine pro… attendez ! … mais je ne l’ai pas la somme totale, moi, vous me faites rire ! … oui et ben je peux pas… les huissiers ! Mais attendez, il n’y a pas de quoi s’énerver ! … Je vais me débrouiller, laissez-moi 3 jours… Oui… oui… Oui je vous dis ! Merci… oui… au revoir ! » &lt;br /&gt;Marion, les enfants, l’école, le papier peint et maintenant les factures ! Fabien se sent devenir fou. Et la vie alors ? Sa vie, ses textes, son roman ? Fabien se dit qu’il aimerait bien être à la place de Marc, l’amant de la belle Cynthia, son héroïne. Pas de soucis matériels, pas de coup de fil intempestif, pas d’épouse exigeante, pas de gosse. Une femme, mais fatale, sensuelle, dévouée, et du plaisir, rien que du plaisir… Une vie de personnage de papier, irréelle et dénuée de contraintes. Au lieu de cela… Fichu pour fichu, Fabien éteint son ordinateur et descend à la cuisine se faire un sandwich. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le corps en sueur, Marc et Cynthia écoutaient les battements de leur cœur qui se calmait peu à peu. Ils se laissaient aller à la douce torpeur d’après l’amour, apaisés, heureux. L’épaule blanche de la jeune femme luisait dans le demi-jour. Marc humait l’odeur épicée — mélange de jasmin et de pain d’épice — de son parfum dans le creux de son cou. Soudain, il eut à nouveau envie d’elle. Brutalement, il l’agrippa et glissa sa main entre ses …  &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte s’ouvre. Fabien réprime un geste d’agacement. Qu’est ce que c’est, cette fois-ci ? Le chauffe-eau qui fuit ? La voiture qui veut pas démarrer ? Le petit dernier venu lui montrer ses gribouillis ? Le doigt prêt à fermer la fenêtre Word, Fabien fait mine d’être absorbé, de n’avoir rien entendu. Faire le mort ça marchera peut-être mieux que de s’énerver… Il faut qu’ils comprennent tous qu’écrire est un métier et qu’il a besoin d’être seul. Il sent pourtant la présence de Marion derrière lui. A l’oreille, il a reconnu sa démarche. Mais qu’est-ce qu’elle veut ? Pourquoi ne parle-t-elle pas ? Intrigué, il se retourne… et il reste muet de stupéfaction. L’œil agrandi de surprise, la mâchoire pendante, il contemple Marion. Sa lourde chevelure brune aux reflets cuivrés est dénouée sur ses épaules. Elle a maquillé ses lèvres de rose brillant et ses yeux verts sont délicatement éclairés de fard à paupière mauve. Ses longs cils battent lentement et un léger sourire détend ses traits. Tout en le fixant, elle fait glisser son peignoir de satin bleu jusqu’à ses reins, dénudant la moitié de son anatomie. Ses seins, petits mais bien formés, arborent fièrement leur galbe délicat. &lt;br /&gt;— Mais… Marion… &lt;br /&gt;Fabien ne peut en dire plus. Partagé entre l’étonnement et la consternation, il sait seulement que l’aiguillon du désir commence à le titiller. Brusquement, le peignoir glisse jusqu’au sol, dévoilant le corps nu de Marion. La jeune femme s’avance jusqu’à toucher Fabien et le doigt posé sur ses lèvres, murmure :&lt;br /&gt;     — Chuutttt… Depuis près de trois semaines, tu fais pousser des gémissements de plaisir à ton héroïne. Et pour moi, rien du tout ! J’en veux aussi ma part. Maintenant ! Et puis ça stimulera ton inspiration pour la suite ! Il n’y a rien de mieux que les travaux pratiques pour étayer une théorie ! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3788672970489406485?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3788672970489406485/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/roman-erotique.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3788672970489406485'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3788672970489406485'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/roman-erotique.html' title='Roman érotique.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6672280693499097060</id><published>2011-10-03T17:49:00.003+02:00</published><updated>2011-10-03T18:03:45.525+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>La vengeance est un plat qui se mange froid.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Texte publié dans l'anthologie "Proverbes 1" aux éditions Griffe d'Encre.&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;     Thibaut n’a pas avalé un seul petit pois depuis le début du repas. Immobile devant son assiette, à la table de la cuisine, il sent l’engourdissement attaquer ses jambes, ses cuisses, son torse, ses bras. Il lève sa main droite, la remue et attrape sa fourchette.&lt;br /&gt;Du bout des dents pointues, il bouscule les petits pois, les avance, les recule, les tourne et les retourne, les met en rang par deux, comme des écoliers appliqués, puis les sépare, les range en file indienne, braves petits soldats en uniforme vert. À gauche de l’assiette, un petit tas, comme une montagne, puis un autre un peu plus haut. Dans la plaine de faïence blanche, les petits soldats sont en attente. La fourchette trace alors un sillon au milieu de la troupe, la dispersant. Quelques combattants se mettent en embuscade derrière les montagnes. Ils sont nombreux aujourd’hui, les fantassins verts. La fourchette les remet en rangs serrés. Au garde à vous, ils attendent le signal. Le combat va être rude, et Thibaut pense : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;toute piétaille a son calvaire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; Celui de Thibaut a commencé il y a longtemps. La bataille des petits pois n’est pas nouvelle. La marâtre ne cède jamais. La marâtre dit toujours non. La marâtre ne sourit jamais. La marâtre n’embrasse jamais. La marâtre dit toujours : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;qui trop embrasse mal étreint&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; —Mange tes petits pois ! &lt;br /&gt; La voix gronde dans la cuisine. Thibaut, le nez toujours baissé sur son assiette, ne bouge pas.  « Je la déteste, je la déteste, je la déteste ! J’les mangerai pas ses petits pois ! J’les déteste ! » &lt;br /&gt; Un silence glacial règne. On entend le tic-tac de la pendule. Les bras croisés, appuyée contre la porte du frigo, la marâtre attend. Elle attend que Thibaut liquide son assiette, qu’il avale jusqu’à la dernière les écœurantes billes vertes. Elle a de la patience ! &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Tout vient à point à qui sait attendre&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt; Thibaut et ses petits soldats aussi attendent. Il n’est pas question qu’il les mange, ces petits pois. Il a tenu jusqu’ici, il ne va pas céder maintenant. Pour lui, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;qui ne consent pas se tait&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;Il n’a pas besoin de lever la tête pour savoir que le regard de la marâtre est fixé sur lui. Il le sent agripper ses cheveux, chauffer ses oreilles, couler dans son cou, couler partout. Il sent sa brûlure sur sa peau, ce picotement désagréable qui lui chatouille les omoplates. Mais il ne mangera pas, il l’a décidé : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;qui ne dîne pas dort encore mieux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; Surtout, tenir bon. Jusqu’au bout. Ne pas pleurer. Il ne faut pas. Il ne veut pas. Elle serait bien trop contente ! &lt;br /&gt; Thibaut installe ses soldats en ordre de bataille. Sur le bout de sa fourchette devenue arme de lancement, il en sélectionne quelques-uns. Aujourd’hui, ce sera la victoire finale. Il l’a décidé. En silence, il donne l’ordre d’attaquer. Alors, d’un geste vif du plat de la main sur le manche de la fourchette, il catapulte ses obus sur l’objectif ennemi. Les billes vertes viennent s’écraser sur les joues de la marâtre. Une seconde d’éternité flotte dans la pièce. Thibaut attend la riposte. Le silence dure. Deux secondes, trois secondes, peut-être plus. Intrigué, il ose un coup d’œil. La marâtre, les yeux arrondis comme des sphères sombres, la bouche grande ouverte, des traces sales sur les joues, le regarde, muette de surprise. &lt;br /&gt; Alors Thibaut lance la deuxième salve, identique à la première. Les boulets verts s’élèvent dans l’espace pour atteindre la cible. La marâtre, la bouche toujours ouverte, sursaute. Son expression de surprise s’est accentuée. Elle porte la main à sa gorge. Un léger gargouillis s’en échappe, un râle murmuré, bizarre, déplacé dans le silence de la cuisine. Ses pommettes ont rougi et les traces vertes de la bataille ont viré au gris. Thibaut croit voir une buée translucide traverser son regard, comme un voile brumeux sur la mer les soirs d’été. Un regard de poisson crevé. Elle bouge les lèvres, essaie de parler. Sur son menton, coule un filet de salive. Ses mains tremblent, les doigts s’agitent, les lèvres pâles remuent. Un sifflement ténu glisse dans l’air. &lt;br /&gt; Thibaut regarde. Il attend. Il ne pense pas qu’une troisième salve sera nécessaire. Il va gagner la bataille. Le visage de la marâtre, devenu bleu, bascule sur son épaule. Ses bras retombent, son dos glisse le long du frigo. Thibaut entend le chuintement du tissu contre la porte. Les genoux ploient, le corps s’affaisse, les yeux se ferment. Un grognement rauque, un dernier gargouillis puis le silence. &lt;br /&gt; Thibaut repousse son assiette au milieu de la table et se lève. En sortant de la cuisine, il regarde une dernière fois la marâtre et pense : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;on a toujours besoin de petits pois chez soi ! &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6672280693499097060?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6672280693499097060/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/la-vengeance-est-un-plat-qui-se-mange.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6672280693499097060'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6672280693499097060'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/la-vengeance-est-un-plat-qui-se-mange.html' title='La vengeance est un plat qui se mange froid.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-1813593523458084761</id><published>2011-10-03T17:38:00.001+02:00</published><updated>2011-10-03T18:01:05.878+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Dynastie.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Texte écrit pour les 807 de Franck Garot. http://les807.blogspot.com/&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« C’est qui déjà, celle-là ? »&lt;br /&gt;—La sœur de ma grand-mère.&lt;br /&gt;—Celle qui a épousé un marin Colombien ?&lt;br /&gt;—Mais non ! Elle, elle est entrée au couvent à dix-huit ans !&lt;br /&gt;—Et celle qui a fondé sa maison de couture, c’était qui déjà ?&lt;br /&gt;—Et ben c’était sa fille ainée, celle qu’elle a eu d’un premier mariage avec un acteur qui avait jamais de contrat ! &lt;br /&gt;—Ah, d’accord ! Mais… euh… la fille ainée de qui ? Pas de celle qui est entrée au couvent ?&lt;br /&gt;—Mon Dieu que tu es bête ! Evidemment pas de celle qui est entrée au couvent ! Elle y est encore au couvent et à part Dieu, elle a jamais eu personne dans sa vie. Mais je t’ai déjà expliqué tout ça… tu m’écoutes jamais quand je parle… &lt;br /&gt;Ça, c’est faux ! J’écoute quand elle parle. Mais entre Gertrude, Salomé, Jacqueline, la fille ainée de Françoise, celle de Nathalie et les deux petites filles jumelles de la sœur de la tante de sa grand-mère, moi, je m’y perds ! Ma Julie, elle a au moins 807 tantes, sœurs, cousines et grand-mères, alors… Vous vous y retrouveriez, vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Songeur, j’ai posé ma main sur son ventre et j’ai murmuré :&lt;br /&gt;—J’espère que celui-ci, ce sera un garçon…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-1813593523458084761?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/1813593523458084761/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/dynastietexte-ecrit-dans-le-cadre-des.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1813593523458084761'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1813593523458084761'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/dynastietexte-ecrit-dans-le-cadre-des.html' title='Dynastie.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-5073440423045586407</id><published>2011-10-03T17:24:00.001+02:00</published><updated>2011-10-03T17:26:05.376+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;air du temps.'/><title type='text'>Amen !</title><content type='html'>On lui a fait un petit lit douillet dans une boite en plastique, sur un matelas de riz. La couverture aussi était de riz, si bien qu’on ne le voyait plus du tout. Puis on a posé la boite sur le radiateur, avec une serviette à carreaux bleus pliée sur le dessus. (le fait que la serviette soit à carreaux bleus n’a strictement aucune importance, mais j’adore les petits détails inutiles !) &lt;br /&gt;Bref, on l’a bien « cacouné », comme disait ma mère. C’est tout juste si on n’a pas prononcé une prière ! Mais attention, hein, pas la prière pour les morts ! Non, si on a suivi tout ce protocole, c’est pour qu’il ressuscite. Et on y tient, je vous assure !&lt;br /&gt;Là, vous vous demandez : « Mais de QUI elle cause ? » et la curiosité vous fait trépigner.&lt;br /&gt;J’ose à peine vous le dire… mais comme j’ai pitié, allez, je lâche l’info : celui qu’on voudrait bien voir revenir à la vie, c’est… l’i-pod de mademoiselle Khéops ! &lt;br /&gt;Parce que figurez-vous que le pauvre a subi un grave traumatisme, un véritable tsunami pour être précise. Lessivage, shampooinage, rinçage et essorage à 1100 tours/minute dans le lave linge ! Oublié avec ses écouteurs dans le « jean » de la miss (à qui on a pourtant répété cent fois de vider ses poches avant de mettre ses vêtements à la panière... ) on craignait qu’il ne fût perdu à tout jamais. Mais, à défaut d’écouter les conseils de ses parents, l’ado est débrouillard et après avoir infligé un électrochoc au moribond en le branchant sur l’ordinateur, il s’est rendu compte que l’appareil réagissait. Oh joie !! Et ni une ni deux, d’aller voir sur un forum avisé s’il n’y avait pas un moyen de réanimer l’agonisant. Parmi les solutions proposées par les internautes (et ados également, je présume) celle de réchauffer le pauvre appareil nous a semblé la meilleure. Après tout, la chaleur, c’est la vie, non ? Depuis hier, le mourant trône donc sur le radiateur poussé à fond. (ôtez-moi un doute, c’est bien le gaz qui vient d’augmenter ?) &lt;br /&gt;Je ne sais pas si cette opération de la dernière chance va réussir mais je garde espoir, on dit bien « qui ne tente rien n’a rien ». Et puis aujourd’hui, c’est mon jour de chance : mon lave-linge m’a gratifiée d’un euro et vingt centimes, brillants de propreté et probablement échappés de la poche de survêtement de… monsieur Khéops ! (Y a pas que les ados, non, non !) Alors profitons-en ! Amen ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N.B. : Plus de 6 mois après la mésaventure, l’i-pod se porte comme un charme ! Je vais croire aux miracles, moi…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-5073440423045586407?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/5073440423045586407/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/amen.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5073440423045586407'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5073440423045586407'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/10/amen.html' title='Amen !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3841841292823491517</id><published>2011-06-11T19:59:00.003+02:00</published><updated>2011-06-11T20:05:23.585+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>Aux USA aussi...</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Téléshopping :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous propose aujourd'hui un support le long du lit, à glisser entre le matelas et le sommier, pour poser son... fusil ! Sans doute pour dégainer plus vite... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ajoutez à cela le déodorant pour toutes les parties (odorantes !) du corps, même les plus intimes, et vous aurez l'assurance de passer une bonne nuit... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Extra-lucide... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La célèbre voyante Elisabeth Tessier a prédit à DSK une année géniale !!! Nous aussi, on l'est, sciés...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3841841292823491517?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3841841292823491517/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/06/aux-usa-aussi.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3841841292823491517'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3841841292823491517'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/06/aux-usa-aussi.html' title='Aux USA aussi...'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6384305280041080840</id><published>2011-05-18T23:20:00.002+02:00</published><updated>2011-05-18T23:25:40.073+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>Joli mois de mai...</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Ou pas... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10 mai 1981 : élection de François Mitterrand à la Présidence de la République Française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11 mai 1981 : mort de Bob Marley.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mois de mai ne réussit pas à tout le monde... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Festival... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mélanie Laurent a déclaré qu'elle était payée pour officier en tant que maitresse de cérémonie du 64ème festival de Cannes. Cela représenterait deux mois de salaire. Oui, mais, deux mois d'un salaire de smicard ou de celui d'un PDG ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6384305280041080840?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6384305280041080840/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/joli-mois-de-mai.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6384305280041080840'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6384305280041080840'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/joli-mois-de-mai.html' title='Joli mois de mai...'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-2169022065070275799</id><published>2011-05-07T23:08:00.002+02:00</published><updated>2011-05-07T23:10:57.332+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>Wind of Change.</title><content type='html'>Scorpions for ever... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe width="560" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/n4RjJKxsamQ" frameborder="0" allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-2169022065070275799?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/2169022065070275799/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/wind-of-change.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/2169022065070275799'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/2169022065070275799'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/wind-of-change.html' title='Wind of Change.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/n4RjJKxsamQ/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-1046065857270238062</id><published>2011-05-07T19:24:00.000+02:00</published><updated>2011-05-07T19:25:20.486+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Liaison.</title><content type='html'>J’ai fait sa connaissance un peu avant Noël, un samedi je crois. Il était beau, fort, carré d’épaules. Sûr de lui. Rassurant. J’ai tout de suite été conquise. Je ne me lassais pas de le regarder. J’avais envie de le toucher, j’hésitais. A son invite, je m’y suis risquée. Je suis vite passée aux caresses, timides au début, de plus en plus osées ensuite. Toujours tendres. Et puis, la première fois… Ah, cette première fois ! Elle a duré une heure et demie et ça m’a paru si court ! J’ai eu envie de recommencer, encore et encore. C’était si bon, à chaque fois j’étais comblée. Heu-reu-se ! &lt;br /&gt; J’aimais sentir ses courbes sous ma main, j’aimais le papouiller, le malaxer. J’aimais enfoncer mes ongles dans sa chair satinée. Le découvrir par petites touches. Et puis aller plus loin, jusqu’aux tréfonds de son intimité. En savoir toujours plus sur lui, lui arracher ses secrets. Je me contemplais dans son regard comme on se noie, m’engloutissais en lui. Nous ne faisions qu’un et le temps était aboli. &lt;br /&gt;Ma famille s’est vite rendu compte de mon changement de comportement. Distraite, absente, je m’éloignais d’eux, je m’isolais souvent .Et surtout, j’étais heureuse et ça se voyait. Le soupçon puis la jalousie se sont installés. Je faisais pourtant attention, j’essayais de partager mais sans doute était-ce insuffisant… Il était là, omniprésent, occupant mes heures et mes pensées. Cette liaison devenait envahissante, ça ne pouvait plus durer. Un jour, il a fallu trancher… &lt;br /&gt;— Bon, chacun aura le droit de l’utiliser deux heures, à tour de rôle. Le soir après manger j’aurai priorité étant donné que toi tu peux l’avoir dans la journée. Avant manger on peut le laisser au petit, il aime jouer lui aussi. Le week-end on avisera… Mais pas question de passer son temps dessus sinon on ne fera plus rien ! C’est d’accord ? »&lt;br /&gt;J’ai bien dû accepter les conditions imposées par mon mari, c’était ça ou rien ! Mais que ça a été difficile de partager cet ordinateur tant aimé, lui qui avait bouleversé nos vies ! Lui qui, pour la première fois m’a initiée à l’informatique… &lt;br /&gt;Un jour, il est mort et d’autres l’ont remplacé, tout autant chéris. Aujourd’hui, j’en ai un rien qu’à moi. Que c’est bon !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-1046065857270238062?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/1046065857270238062/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/liaison.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1046065857270238062'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1046065857270238062'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/liaison.html' title='Liaison.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-8621383393109537867</id><published>2011-05-07T19:12:00.000+02:00</published><updated>2011-05-07T19:13:11.834+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Ah, quelle poisse !</title><content type='html'>« Eh, mais, c’est qu’il bouge plus le bougre ! Pourtant, j’y suis pas allé si fort que ça, faut pas exagérer ! Il est sans doute groggy, c’est tout. Un bon seau de flotte sur la caboche et j’men vais te l’réveiller ! C’est bizarre quand même, il est si immobile … On dirait que … Merde, il respire plus ! Bon sang, je crois que je l’ai tué ! Merde, merde et merde ! Quelle guigne ! Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Ah, la poisse ! Fallait que ça m’arrive à moi ! Et le Fernand qui va se pointer d’un moment à l’autre pour m’aider à décharger le camion ! Faut pas qu’il voie ça ! Il est con le Fernand, il irait raconter ça à tout le village aussitôt sorti d’ici. Déjà qu’avec ma réputation … celle de meurtrier par dessus le marché ! Meurtrier ! Putain ! Pour quelques coups de pieds ! Sûr qu’il y en a eu un de mal placé qui l’a achevé, j’vois pas, autrement, parce que franchement, j’y suis pas allé si fort, ça non ! &lt;br /&gt;Bon, c’est pas l’tout, mais faut que je cache le corps avant que le Fernand ramène sa fraise. Mais où je vais le mettre ? Pas dans la grange, c’est sûr, on va décharger là. Bon sang, faut que j’me dépêche ! Et si je l’enterrais ? Dans le petit bois ! Ni vu ni connu, qui c’est qui irait le chercher là ? Pas le Fernand, en tous cas . Ni le Dédé. Quoique, le Dédé … L’est futé quelquefois ! Il pourrait me demander où il est et je lui répondrais quoi, moi ? C’est bien beau mon idée, mais là, maintenant, j’ai pas le temps de l’enterrer ! En plus, il a pas plu depuis dix jours, le sol doit être en béton, alors creuser … &lt;br /&gt;Oh et puis merde, je règlerai ça plus tard : une chose après l’autre. &lt;br /&gt;Je sais ! En attendant, je vais planquer mon cadavre derrière le hangar, entre le mur et le tas de ferraille du Jojo. Dire que j’ai râlé comme un voleur pour que le Jojo il vienne me débarrasser sa carcasse de bagnole pourrie ! Ben ça m’arrange bien qu’il soit pas venu ! Ah, c’est trop drôle ! S’il savait ça, le Jojo, sa tire qui va servir de planque à un macchabée ! Je me marre ! &lt;br /&gt;Bon, c’est pas l’tout, mon Nanard, bouge tes fesses ! &lt;br /&gt;Ouh ! Ce qu’il est lourd, le bougre ! Et il est encore chaud, beurk ! Ça me dégoûte ! Aussi il avait qu’à pas être aussi têtu, aussi collant ! Chiant, quoi ! Sans ça, je lui aurais pas flanqué sa rouste. Moi, faut pas me chercher, parce qu’on me trouve ! Et ça peut faire mal ! Putain, il pèse des tonnes, un vrai poids mort ! &lt;br /&gt;Ah, ça y est enfin. Je vais jeter cette vieille bâche sur le corps et j’irais me laver les mains. Le Fernand il va pas tarder, faut qu’il soupçonne rien, faut que je sois normal. Ah, quelle poisse ! J’ai pas de veine, quand même ! J’aurais p’têtre pas dû frapper si fort. Et puis avec tout ça, c’est râpé cette année pour l’ouverture de la chasse ! Je crois qu’il va me manquer. Faut dire qu’il y a pas mieux que les cockers spaniel anglais comme leveurs. Ils ont peur de rien ces chiens-là. Mais trop nerveux ! Décidément trop nerveux, c’est vrai quoi ! &lt;br /&gt;Tiens, v’là le Fernand ! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-8621383393109537867?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/8621383393109537867/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/ah-quelle-poisse.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/8621383393109537867'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/8621383393109537867'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/ah-quelle-poisse.html' title='Ah, quelle poisse !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-8391935448376982610</id><published>2011-05-07T19:01:00.000+02:00</published><updated>2011-05-07T19:02:07.316+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>La clé du bonheur.</title><content type='html'>—Eh ! Mais quel abruti, c’est pas possible ! Tu as claqué la porte et on est enfermé ! &lt;br /&gt;Frédéric contemplait Elsa d’un air étonné.&lt;br /&gt;—Mais tu as la clé sur toi, je t’ai donné le trousseau hier soir ! &lt;br /&gt;Elsa s’agrippa les cheveux à deux mains et se mit à faire les cent pas. &lt;br /&gt;—Je les ai oubliées sur ton bureau, gémit-elle.&lt;br /&gt;—Ah ouais, et c’est moi l’abruti ! Tu manques pas d’air ! &lt;br /&gt;Frédéric soupira et alla s’asseoir sur un gros sac de linge. La pièce était la buanderie de l’hôpital où ils travaillaient et accessoirement, l’un des lieux de leurs ébats. Mais plus question de penser à la bagatelle pour l’instant ! Il faisait chaud dans le local et Elsa s’agitait de plus en plus&lt;br /&gt;—Bon écoute, calme-toi, assieds-toi et réfléchissons plutôt au moyen de sortir de là. &lt;br /&gt;Elsa s’arrêta de marcher et lui lança un regard noir.&lt;br /&gt;—Des solutions, y en a pas des centaines, j’ai pas la clé, il faut que quelqu’un nous ouvre. Et personne doit être au courant de notre liaison, donc on doit pas nous voir ensemble. Tu piges le truc, là ? Qu’est-ce qu’il dit le gros malin, hein ? &lt;br /&gt;Elle avait parlé lentement, en détachant les mots comme quand on s’adresse à un enfant pour qu’il comprenne mieux « ou à un imbécile, pensa Frédéric » et avait haussé le ton sur la dernière phrase. Frédéric ne releva pas. A quoi bon s’énerver ? Ils étaient amants depuis six mois — un record pour lui ! — et Frédéric se lassait déjà. « Cette relation ne m’apporte rien et ne peut que me nuire. » Comme si la jeune femme lisait dans ses pensées, elle dit :&lt;br /&gt;—Si jamais quelqu’un vient à savoir que l’interne se tape le toubib responsable de son stage … &lt;br /&gt;La phrase resta en suspens. Elsa se remit à marcher de long en large dans le local, sourde et muette aux soupirs d’exaspération de Frédéric. Soudain, ce dernier s’écria :&lt;br /&gt;—J’ai une idée ! Tu téléphones à Marion, tu lui expliques que tu étais venue chercher des draps propres, que la porte s’est refermée, que tu peux plus sortir parce que t’as pas la clé ! Moi, je me cache derrière les sacs de linge. Quand elle arrive, tu sors avec elle et tu viens me rechercher après. T’as bien ton portable ? Ou ton biper ? &lt;br /&gt;Au regard désespéré qu’Elsa lui jeta, il crut qu’il allait se mettre à hurler. « Non mais quelle gourde, cette nana ! Qu’est-ce que je fous avec une cruche pareille ? » Il se leva d’un bond. Un éclair de colère dansait dans ses yeux bruns. Il s’apprêtait à lui répondre vertement lorsqu’ils entendirent des pas derrière la porte. Puis une clé qu’on introduisait dans la serrure. Sans plus réfléchir, Frédéric plongea derrière un amoncellement de draps empilés dans un coin. Elsa les arrangea rapidement afin qu’ils le cachent et se retourna juste à temps. Marion ouvrait la porte. &lt;br /&gt;—Oh ! Elsa, qu’est-ce que tu fais là ? &lt;br /&gt;Celle-ci lui débita le scénario mis au point par Frédéric et les deux jeunes femmes sortirent du local en riant. &lt;br /&gt;Une fois arrivée dans le bureau du médecin, Elsa chercha le trousseau. Mais son geste s’arrêta en chemin. « Et si je le laissais un peu moisir dans son cagibi, le toubib ? Après tout, c’était pas la joie ces derniers temps, ça lui fera les pieds ! Il est trop vantard, le mec, un jour il va manger le morceau et moi je vais me retrouver dans la panade ! » Elle rangea les clés dans le tiroir du haut. Un sourire détendit ses lèvres et elle sortit de la pièce en fredonnant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-8391935448376982610?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/8391935448376982610/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/la-cle-du-bonheur.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/8391935448376982610'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/8391935448376982610'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/la-cle-du-bonheur.html' title='La clé du bonheur.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-1376169866870060101</id><published>2011-05-05T11:08:00.003+02:00</published><updated>2011-05-05T14:03:07.630+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>Bien renseignés !</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Y a plus d’jeunesse ! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« S’il vous plait, le rayon littérature générale, c’est de quel côté ? &lt;br /&gt;— Au sous-sol madame. Mais je suis navré, vous devrez prendre l’escalier, l’ascenseur est en panne ! &lt;br /&gt;Regard apitoyé du vendeur. Là, j’ai pris un sacré coup de vieux… Pfffffffffffff ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Interactivité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on cherche des renseignements sur internet et que ça n’aboutit pas, on tombe la plupart du temps sur un message d’erreur laconique. Voici la fin de non recevoir que m’a envoyée mon ordinateur l’autre jour :&lt;br /&gt;« Désolé mais vous cherchez quelque chose qui ne se trouve pas ici ! » &lt;br /&gt;Ah ouais… l’est pas bête ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Post mortem.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, la télé a recommandé aux internautes de ne pas taper sur Google « exécution de Ben Laden » et de ne surtout pas télécharger la vidéo correspondante, sous peine de voir un virus effacer tout le contenu des disques durs. Décidément, même mort il continue ses ravages, celui-là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Ben Laden bis.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des journalistes ont dit : « Ben Laden a été immergé dans la mer. » &lt;br /&gt;Vous savez quoi ? Il y a des gens qui sont enterrés sous terre ! Si, si, je vous assure ! &lt;br /&gt;Et dire que j’ai été recalée au concours d’entrée au CELSA…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-1376169866870060101?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/1376169866870060101/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/bien-renseignes.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1376169866870060101'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1376169866870060101'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/05/bien-renseignes.html' title='Bien renseignés !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-5295494010821819711</id><published>2011-03-27T19:11:00.004+02:00</published><updated>2011-08-30T15:50:00.642+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Critique littéraire.'/><title type='text'>Haut les filles !</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Nouvelle critique ! Ces deux critiques sont parues sur Agora Vox les 05 février et 05 Avril 2011.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles s’appellent Marguerite, Blanche ou Gloria. Aurore, Pia ou Cassiopée. Ou bien encore Salomé ou Lilas. Quelquefois, elles n’ont pas de nom… Elles se font belles, elles cuisinent pour leur chéri, elles travaillent ou elles tiennent la maison. Quelquefois elles sont heureuses, d’autres fois pas tant que ça. Comme celle-ci qui se gave de nourriture jusqu’à la nausée, pour tenter de remplir le vide de sa vie. Ou cette autre qui découvre avec terreur la face cachée de son jeune époux. Mais toutes sont à la recherche de quelque chose. Le bonheur ? Sans doute… mais aussi la reconnaissance ou même une autre vie. &lt;br /&gt;Ces femmes, c’est nous. A travers leurs espoirs et leurs désillusions, l’auteur, Calouan, nous donne à voir leur quotidien, dans un recueil de dix-sept nouvelles au langage épuré, au style simple qui laisse entrevoir par petites touches, les fêlures des personnages (Haut les filles ! édtions Quadrature). Maniant l’humour et l’ironie aussi bien que l’émotion, elle nous entraine avec bonheur à suivre le destin souvent compliqué de ses héroïnes. &lt;br /&gt;Blanche cuisine pour son amoureux parce que sa mère lui a dit « un homme bien nourri reste pour la vie ». Alors elle joue le jeu, pas forcément convaincue… et puis se prend au jeu, y prend plaisir ! Elle attend le jeune homme et nous aussi. Enfin il sonne à la porte… &lt;br /&gt;Gloria est gynécologue. Femme épanouie, heureuse en ménage, elle communique par mail depuis quelques temps avec un homme qui s’occupe d’une association dont elle est membre. Et elle rêve, Gloria, à une possible idylle… elle se retrouve adolescente, soudain palpitante face à tous les possibles… &lt;br /&gt;Pia aussi revit sa jeunesse grâce à la rencontre fortuite avec son premier amour. Pourquoi les choses n’avaient-elles pas marché à l’époque ? Va-t-elle mettre en jeu son mariage, sa famille pour rattraper le temps perdu ? &lt;br /&gt;Au fil des pages du recueil, les nouvelles s’assombrissent. Du mal-être quotidien, banal, à la souffrance, le réel  devient pesant. &lt;br /&gt;C’est Anouk qui ne peut faire son deuil au décès de son mari, c’est Oriane qui aime tant la musique et fait une mauvaise rencontre le soir, en rentrant en métro, c’est Claire qui aurait bien aimé ne pas assister à ce repas de Noël en famille, une famille si parfaite… &lt;br /&gt;Calouan nous parle d’amour, de solitude, de désespoir et d’espoir, de malheur dans des textes doux-amer, tendres et lucides. Des textes qu’on ne lâche plus dès la lecture commencée. Pour nous les femmes. Pour vous les hommes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Calouan : « Haut les filles », éditions Quadrature. 15€.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-5295494010821819711?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/5295494010821819711/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/03/haut-les-filles.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5295494010821819711'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5295494010821819711'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/03/haut-les-filles.html' title='Haut les filles !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-4058986531261914736</id><published>2011-03-25T11:44:00.002+01:00</published><updated>2011-05-07T22:57:04.978+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Harmonie familiale.</title><content type='html'>Avec persévérance et force cris, le gamin pleurait depuis près d’un quart d’heure.&lt;br /&gt;—Mais fais taire ton gosse, bon sang !&lt;br /&gt;—MON gosse ! Parce que c’est pas le tien peut-être ? C’est marrant la facilité avec laquelle tu rejettes ta paternité dès que ce gamin est désagréable. &lt;br /&gt;—Charlotte, ça va, on va pas encore s’engueuler ! J’ai mal au crâne… &lt;br /&gt;—C’est sûr, si t’étais pas rentré de tes agapes nocturnes complètement bourré, t’aurais pas mal à la tête. &lt;br /&gt;Philippe soupira, se leva, attrapa l’enfant par la main et quitta la pièce. Charlotte le fatiguait. Il avait bien le droit de s’amuser quand même ! De retrouver ses potes, accueillants, eux, sans subir à chaque retour à la maison le chœur des pleureuses ! Elle et le petit… Pourtant, ils auraient pu vivre harmonieusement, ils étaient jeunes, en bonne santé, ils avaient du boulot, un bel appartement, ils étaient amoureux… Enfin, il le croyait, il voulait encore le croire … Au lieu de cela, il avait en permanence l’impression d’être entravé par un fil à la patte. Il regrettait de plus en plus souvent sa liberté de célibataire. Charlotte le sommait de se montrer toujours à la hauteur, responsable, infaillible, premier de cordée qui la guiderait et la protègerait dans la rude ascension  de la vie. Et Philippe aurait bien coupé la corde, laissant tomber dans le vide le duo infernal. &lt;br /&gt;Charlotte avait allumé la télévision et regardait d’un œil distrait un documentaire animalier. Des rires fusèrent par la porte entrouverte. Philippe avait réussi à calmer le petit. La jeune femme balança la télécommande sur le canapé. Elle, elle ne réussissait jamais à venir à bout de son fils. Elle n’avait jamais su y faire, elle se sentait tellement nulle ! Des larmes lui montèrent aux yeux, qu’elle refoula en reniflant avec bruit. Elle se leva d’un bond et vint se planter dans l’encadrement de la porte de la chambre. &lt;br /&gt;Le père et l’enfant, complices, allongés sur la moquette au milieu des petites voitures éparpillées, ne pensaient plus à l’incident. Alors Charlotte, mauvaise, cracha :&lt;br /&gt;—De toute façon, t’avais bien raison de me dire TON gosse, parce que c’est pas le tien ! T’es même pas capable de ça !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-4058986531261914736?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/4058986531261914736/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/03/harmonie-familiale.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4058986531261914736'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4058986531261914736'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/03/harmonie-familiale.html' title='Harmonie familiale.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-2337295801542591431</id><published>2011-02-01T22:05:00.004+01:00</published><updated>2011-08-30T15:16:02.355+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Critique littéraire.'/><title type='text'>Le crépuscule de Wallander.</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;J'inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique dans ce blog : critique littéraire. Le premier livre à essuyer les plâtres est celui de Henning Mankell : "L'homme inquiet". &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le crépuscule de Wallander.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-il nécessaire de présenter Henning Mankell ? Cet auteur suédois publié en France depuis un peu plus de quinze ans est le « père » —entre autre—  de Kurt Wallander, commissaire de police dans la petite ville d’Ystad, homme taciturne, bougon, enclin à la dépression, qui n’en est pas moins un remarquable policier, observateur et intuitif. Au fil de ses enquêtes, un portrait nuancé, très critique et souvent sans concession de la Suède actuelle nous est donné à voir, portrait qui bat en brèche l’image lisse et propre que nous autres, latins, avons des pays scandinaves. Meurtres sanglants, mensonges, racisme font le lot quotidien de notre commissaire désabusé, dans un pays en proie au doute, entamé lui aussi par la crise depuis l’éclatement de sa bulle de neutralité. &lt;br /&gt;C’est dire si les ouvrages d’Henning Mankell ont cette dimension sociologique, voire historique qui fait son charme. Sans oublier la psychologie des personnages, très développée. Mankell adore les zones d’ombres qui constituent chaque être humain et il en joue dans ses récits, campant des hommes et des femmes complexes, fragiles, en proie à leurs démons et leurs contradictions. Plus que de simples romans policiers, les ouvrages d’Henning Mankell constituent de véritables tableaux où le genre humain se présente sous toutes ses facettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dernier opus en date « L’homme inquiet », ne déroge pas à la règle. Wallander atteint désormais la soixantaine, il est fatigué, diabétique, connaît des troubles de mémoire passagers et s’interroge sur son avenir. La mort, celle qu’il affronte dans son métier, celle de ses proches, la sienne, le hante. Autour de lui, le monde change. Devenu grand-père d’une petite Klara, sa vie s’illumine soudain. Malgré ses ennuis de santé, il veut la voir grandir et s'en occuper.Il a acheté une maison à la campagne et compte bien y couler des jours heureux. Mais pas tout de suite, pas encore…  Il veut d'abord prouver qu'il est toujours utile dans sa profession. &lt;br /&gt;Mais ce bel ordonnancement va voler en éclat lorsque le futur beau-père de sa fille disparaît. L’homme, ancien capitaine de frégate dans l’armée, spécialiste de la lutte anti sous-marine,  semblait inquiet et avait fait à Wallander des confidences sur le rôle des services secrets russes et suédois sous le gouvernement d’Olof Palme. Ecarté de l’affaire par ses supérieurs suite à une « faute » professionnelle et en raison de sa proximité avec le disparu, Wallander décide de mener sa propre enquête. &lt;br /&gt;Peinture de la Suède des années 60 à 80, approche historique de la grande époque de l’espionnage, ce dernier volume des aventures de Wallander est aussi le récit sensible et bouleversant d’un homme qui voit approcher la fin de sa vie. La peur de la solitude, de la vieillesse et de la mort est omniprésente. C’est aussi l’occasion pour Henning Mankell de revenir sur le passé de son commissaire, prétexte à évoquer son parcours à travers les différentes enquêtes auxquelles il a eu à se confronter. « Les chiens de Riga », « La lionne blanche », « La muraille invisible » sont ainsi mis en exergue, venant rafraichir notre mémoire. Par ce biais, Wallander fait le bilan de sa vie et de sa carrière, revient aussi sur son enfance, ses anciens camarades, ses anciennes amours… &lt;br /&gt;Sorte de testament, le récit n’en devient que plus riche, plus foisonnant, plus complet et plus complexe que les précédents. La vie du héros traverse l’enquête et inversement, dans une danse mouvante et émouvante, une urgence palpable. La détresse, le désespoir sont autant ceux du policier que ceux du siècle et c’est en cela que ce roman nous interpelle. Un style riche, une écriture parfaite nous offrent un texte prenant, gorgé de sensibilité. L’intrigue, quant à elle, est riche et complexe à souhait, se développant au fil des doutes du policier, en rebondissements, faux semblants et fausses certitudes qui ballotent le lecteur au gré de l’imagination de l’auteur. Un récit haletant, donc, une épopée personnelle, que l’on ne lit plus seulement pour connaître l’issue de l’enquête, mais pour accompagner Wallander sur son chemin, vers son crépuscule. Et l’on s’aperçoit que cet homme inquiet est aussi bien le disparu que Wallander … ou encore nous-mêmes. &lt;br /&gt;Ainsi se terminent  en beauté les aventures du célèbre commissaire, meilleur opus de la série selon moi. Adieu Mr Wallander.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-2337295801542591431?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/2337295801542591431/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/02/le-crepuscule-de-wallander.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/2337295801542591431'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/2337295801542591431'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/02/le-crepuscule-de-wallander.html' title='Le crépuscule de Wallander.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-4979026182555641044</id><published>2011-01-11T17:39:00.001+01:00</published><updated>2011-01-11T17:39:44.197+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>Téléachat.</title><content type='html'>Aujourd’hui j’ai regardé le téléachat. Oui, je sais… mais bon… bof… Allez quoi, me jetez pas la pierre ! Et lisez plutôt ce que j’y ai appris. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Super box, des bols avec couvercle qui passent au four à micro-ondes ET au congélateur. (pas simultanément, hein, l’un après l’autre…)  Mais comme ce genre de propriétés est somme toute assez courant, le présentateur sort L’argument, LA caractéristique unique qui fera que la ménagère n’aura de cesse d’acheter ces articles exceptionnels : ILS SONT SOLIDES !!! La preuve ? L’animateur pose sur le sol un bol quelconque puis il marche dessus, précisant bien qu’il pèse 90kg. Bien sûr, l’objet se casse… Il pose alors les Super box et entreprend un trajet digne du parcours du combattant. Et là, miracle ! Les bols tiennent le coup ! C’est magique ! Ce qu’elle va être contente, la ménagère, de pouvoir stocker ses aliments ou les réchauffer dans des bols sur lesquels on peut faire des acrobaties ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Nous, les femmes, quand on prend du poids, c’est souvent localisé au niveau de la taille et du ventre. Et quand on veut en perdre, c’est bien évidemment de là qu’on voudrait maigrir. Et oui, je sais, ce n’est pas juste mais heureusement pour nous, il existe des pommades et autres crèmes qui ne demandent qu’à nous aider à faire disparaître nos bourrelets disgracieux. Il y a surtout LE gel de massage révolutionnaire. Témoin à l’appui : une femme, disons, un peu enrobée l’essaie. Une heure après montre en main, elle a perdu 2cm de tour de taille ! Mazette ! Efficace, le gel ! La fille est bluffée. Et elle annonce fièrement qu’elle a perdu ainsi 4cm en trois semaines !! 2cm en une heure, 4 en trois semaines… J’ai toujours été nulle en maths, mais… quelque chose doit m’échapper… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Après la cuisine et la beauté, le nettoyage de la maison. Ben oui, ça aussi ça fait partie des préoccupations matinales de notre ménagère. Pour aller vite, pour être performant, un nettoyeur vapeur 4 en 1.  Et lui aussi il est super fort : en direct, devant nos yeux ébahis, il perce… un bloc de glace !! Vachement utile… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas de doute, 2011 commence fort, elle en a de la chance, la ménagère du XXIème siècle !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-4979026182555641044?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/4979026182555641044/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/01/teleachat.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4979026182555641044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4979026182555641044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/01/teleachat.html' title='Téléachat.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6167360799929220237</id><published>2011-01-11T17:02:00.001+01:00</published><updated>2011-01-11T17:04:49.391+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Dix petites minutes.</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Dix minutes. Rien que dix petites minutes, vous savez docteur. Dix minutes de rien du tout. Si vite passées mais si longues, six cent secondes.  Une éternité… &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Il faisait beau. Beau mais froid. Le soleil réchauffait à peine le banc du square sur lequel Franck était assis. La lumière dorée rasait l’herbe rare, faisait briller l’humidité sur les brins chétifs.  « On dirait des bâtons d’angélique » avait pensé le jeune homme. Il avait soufflé sur ses doigts gourds et griffonné quelques mots sur son carnet. Sa nouvelle avançait bien. Il s’était plu à penser que l’air vif de novembre y était pour quelque chose. Il aimait ces journées lumineuses et glacées où la nature semblait comme cristallisée sur elle-même, où les bruits avaient cette sonorité si particulière, presque métallique, où la légèreté du silence caressait chaque arbuste, chaque arbre, chaque objet pour s’en éloigner ensuite, laissant dans son sillage une douceur palpable. Il aimait aussi l’automne pour ses couleurs éphémères, fragiles. &lt;br /&gt;Florian, assis dans le bac à sable, emplissait avec concentration la benne d’un camion en bois qu’il vidait sitôt pleine, pour la remplir à nouveau. En le regardant, un sourire avait illuminé le visage de Franck, déployant au coin de ses yeux de fines ridules en éventail. C’était fou comme les petits enfants pouvaient s’absorber totalement dans une activité, fermés à ce qui se passait autour d’eux. Florian ne percevait pas la présence des autres enfants. Méthodique, volontaire, il menait à bien son jeu sans cesse recommencé. &lt;br /&gt;Franck avait reporté son attention sur le parc. Peu de monde à cette heure relativement matinale. Des pigeons picoraient des miettes rares, quelques couples se tenaient par la main, des personnes âgées marchaient à petits pas… La sérénité des dimanches matin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ne pas oublier son écharpe. Lucie m’avait dit :  « Il a un début de rhume, couvre-le bien. » Il est un peu fragile, vous savez, depuis sa naissance… Il faut faire attention… Il faut faire attention aux enfants, docteur… Son écharpe… Je l’ai oubliée sur le dossier de la chaise… &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Puis le parc s’était peu à peu rempli. D’autres enfants avaient occupé le bac à sable, mêlant leurs jeux à celui de Florian. Des cris, des rires et Franck avait rangé son carnet. Trop de bruit pour écrire. Une conversation s’était annoncée, cordiale, quelques phrases échangées dans la fraicheur d’un dimanche matin d’automne, garantes de bonnes relations de voisinage. Une conversation de dix minutes. Puis la matinée s’étirant, il avait fallu songer à partir. Le camion en bois de Florian gisait, renversé, dans le sable. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Un beau camion rouge et jaune, vous savez docteur. Pourquoi était-il là, seul au milieu du bac ? Je ne pouvais pas détacher les yeux de ce jouet. Ce n’était pourtant qu’un jouet, rien qu’un jouet… pourquoi est-ce qu’on s’attache à des détails, docteur, pourquoi ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Franck avait pensé : « Il ne doit pas être bien loin, il était là il y a encore quelques minutes. » Son regard avait balayé les bosquets, les allées, le tour des bancs. Un enfant de trois ans ne disparaît pas comme ça. Un enfant de trois ans qui, dix minutes plus tôt, remplissait la benne d’un camion en bois. Franck avait cherché le petit bonnet bleu, la veste marine à capuche. Il avait demandé, décrit les boucles brunes. Il avait appelé. Les passants aussi avaient appelé, avaient ratissé le square. Ils avaient crié dans le froid. Florian n’était pas là. Indifférents, les oiseaux saluaient le soleil au zénith. Fond sonore habituel, des rires, des cris, la fraicheur d’un matin sans histoire, puis, au loin un klaxon, un dérapage, quelque chose d’autre… Franck avait perçu comme un changement. Par delà la grille, en bordure de rue, dix minutes de trop… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Docteur, si je viens vous voir, c’est pour oublier. Ou pour me souvenir. Je ne sais plus. Ce que j’ai ressenti ? Rien. Docteur, vous savez, quand on a de la fièvre et que notre cerveau est comme emmitouflé dans du coton. J’étais comme ça… Anesthésié. Je marchais et ce n’était pas moi. Je voyais le corps étendu mais ce n’était pas lui. Non, ce ne pouvait pas être lui. Non, docteur, pas lui ! Dites-moi que ce n’était pas lui ! J’ai oublié son écharpe sur le dossier de la chaise… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait disparu au coin de la rue, c’est tout juste si les témoins avaient pu distinguer la marque, une berline allemande blanche. Un autocollant rouge sur le flanc arrière… Tout de suite un attroupement s’était formé, une agitation avait saisi la foule. Franck avait couru hors du parc, la conscience soudain alertée. Du plus lointain de son être, une certitude. Les bras sur le côté, jambes repliées, ses cheveux qui s’échappaient du bonnet. Le petit visage pâle, calme. Il semblait dormir. Franck l’avait contemplé en silence, hébété. Un pan de chemise dépassait du blouson, indécent. Franck n’avait plus vu que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Lucie me l’avait dit pourtant… Trois ans, il venait d’avoir trois ans. Il était si… absorbé par son jeu… si petit… Il a dû partir sans que je le voie. Dix minutes seulement, j’ai discuté dix minutes, docteur. Une vie peut donc finir en dix minutes ? Florian était là, vivant, heureux et l’instant d’après… il était… il était… Non, docteur, laissez-moi ! Laissez-moi hurler ! Laissez-moi frapper ! J’ai mal ! Si mal ! Mal de ces dix minutes enfoncées dans ma chair ! Laissez-moi ! Vous êtes là pour ça, docteur ! Moi aussi je suis mort ce jour-là ! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une trace rouge maculait la joue de l’enfant. Franck s’était agenouillé auprès de son fils et broyait entre ses mains le bonnet de laine. Quelqu’un avait passé son bras autour de ses épaules et voulait le forcer à se lever. Franck claquait des dents. La sirène de l’ambulance l’avait fait sursauter. Des bribes de mots étaient parvenues à traverser l’épaisse brume calfeutrant son cerveau,  « état de choc », « hospitalisé », « prévenir », « femme ». Il avait regardé comme dans un rêve les médecins monter le corps de l’enfant dans l’ambulance. Il avait pensé à Lucie… Lucie… « Il est fragile depuis sa naissance, il faut lui mettre son écharpe… » Lorsque l’ambulancier avait recouvert le visage du petit, cela avait été comme un voile qui se déchire, une explosion dans sa poitrine… Un cri, un désespoir sans limite et puis les larmes… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Je peux le dire maintenant, docteur, je peux prononcer les mots. Cela fait trois mois que Florian est mort. Trois mois qu’au détour d’une rue un chauffard a emporté sa courte vie. Trois mois et pourtant… Dix minutes d’inattention de ma part et un enfant meurt. Mais qu’est-ce que c’est dix minutes ? Qu’est-ce qu’on en fait dans la vie de tous les jours, de dix minutes ? Rien, on les perd et c’est tout. Dix minutes de perdues, une vie rayée. Et ce chauffard, docteur, peut-être voulait-il gagner dix minutes, peut-être était-il en retard ? Perdre, gagner, c’est ça la vie ? La vie d’un enfant, suspendue à ces dix minutes… C’est drôle docteur, voilà que je philosophe ! De combien de temps, de combien d’années ma vie va-t-elle être remplie ? De combien de dizaines de minutes sans lui va-t-elle être plus pauvre ? Parfois, je voudrais ne plus penser, ne plus savoir. Vous savez que la semaine dernière j’ai enlevé toutes ses photos dans la maison ? Je ne pouvais plus les voir. Et ce matin je les ai toutes remises. Je ne pouvais plus NE PAS les voir. Ne pas LE voir. Vous comprenez ça docteur ? Vous avez déjà perdu un enfant ? &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Puis les larmes avaient coulé, tièdes et silencieuses sur les joues. Le regard fixe, assis dans l’ambulance, Franck avait pris dans sa main celle de Florian. Il avait épié les signes d’un réveil, avec et contre tout espoir. Figés comme sur un instantané, les traits du petit garçon seraient désormais gravés dans sa mémoire. Ensuite, tout s’était enchainé : l’arrivée à l’hôpital, la course des médecins, leur empressement, la constatation du décès, le coup de fil à Lucie. Lucie… blanche et menue, muette comme un reproche… Les larmes de Lucie, la douleur de Lucie, son désespoir… Ils étaient restés longtemps assis par terre appuyés contre le mur d’un couloir, fondus, liquéfiés dans la peinture sale, incrustés à jamais dans le chagrin. Pourquoi ces dix minutes, cette faille dans l’espace-temps, avaient-elles ainsi bouleversé leur destin ? Pourquoi eux ? Pourquoi lui ? &lt;br /&gt;Les jours avaient succédé aux jours, l’absence s’était installée, colonisant tout l’espace autour d’eux. Pourtant tout disait la présence, une moufle retrouvée, un jouet oublié, un biscuit préféré, les meubles et les murs… Une simple pensée, un geste, un courant d’air derrière les rideaux, et l’enfant reprenait vie dans leurs souvenirs, les laissant à chaque fois plus démunis.  Ils vivaient avec lui sans lui. Et ce serait ainsi jusqu’à leur propre fin. &lt;br /&gt;Franck avait désiré parler. Le silence l’étouffait. Cet homme, ce docteur des âmes l’écouterait, il était là pour ça. Un déversoir, un réceptacle à chagrin, Franck ne l’avait pas envisagé autrement. A peine si cet homme en était un. Il était une fonction et cette fonction maintenait Franck hors de l’eau depuis des mois. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Je ne sais pas combien de temps encore je vais venir ici pour parler, docteur. Je vous demande de me comprendre et en même temps je sais que personne ne peut comprendre. Je veux juste que vous m’écoutiez. Parfois j’entends des voix le soir… et le matin je crois qu’il est là, j’ai l’impression que son rire va jaillir comme avant… Je deviens fou, hein docteur, ça doit être ça… vivre avec un enfant mort. Docteur, vous ne dites jamais rien… Vous êtes comme une amphore qu’on remplit, vous êtes plein de nous, de nos problèmes. Vous ne vous videz jamais, docteur ? Dix minutes, dites-moi si c’est peu ou beaucoup, docteur, dites-moi pourquoi j’ai discuté dix minutes dans ce parc, pourquoi la vie de Florian était suspendue à ces dix minutes… Pourquoi cette auto blanche n’est-elle pas passée dix minutes plus tôt ou plus tard ? Vous savez, docteur, c’est le mot pourquoi qui revient toujours dans mes paroles… Vous vous demandez aussi pourquoi ? Pourquoi tous ces gens viennent déverser leur malheur dans votre giron ? Mais je m’égare, pardonnez-moi docteur. Dans dix minutes je partirai. Dix minutes… à vous parler, à vivre pour vous parler… Et vous passerez à autre chose. Vous ne dites jamais rien docteur mais vous n’en pensez pas moins, j’en suis sûr. Pourtant, dans dix minutes, vous quitterez votre cabinet, vous prendrez le volant de votre auto pour rentrer chez vous… elle est là, garée le long du trottoir, elle vous attend… c’est votre voiture, docteur, la berline blanche devant la porte ? Une allemande sans doute, plus costaud et ça vous pose un homme… Docteur, dites, c’est bien la vôtre, l’auto blanche ? Celle avec l’autocollant rouge à l’arrière… Docteur, écoutez-moi ! &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6167360799929220237?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6167360799929220237/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/01/dix-petites-minutes.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6167360799929220237'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6167360799929220237'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2011/01/dix-petites-minutes.html' title='Dix petites minutes.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-5196984102964324229</id><published>2010-11-18T23:03:00.003+01:00</published><updated>2010-11-18T23:07:50.319+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;air du temps.'/><title type='text'>L'Amour d'écrire en direct.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Une fois n'est pas coutume, une annonce qui peut en intéresser certains :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le VENDREDI 26 NOVEMBRE&lt;br /&gt;à 20h&lt;br /&gt;Hall du centre culturel&lt;br /&gt;Gérard Philippe&lt;br /&gt;54 boulevard du château&lt;br /&gt;94500 champigny sur Marne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ENTREE libre : emmener un petit objet, ni lourd, ni cher, ni encombrant…&lt;br /&gt;(petite restauration sur place)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réservation et renseignements : &lt;br /&gt;01 55 98 29 80&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; réalisation, conception, animation&lt;br /&gt;  Marc-Michel GEORGES&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3 ans déjà, 30 soirées. J’ai accueilli 120 auteurs, 62 artistes…&lt;br /&gt;soirée conviviale, décalée, où 4 auteurs, écrivains, sont convoqués pour écrire en direct devant un public, et un jury. Intermèdes durant les temps d'écriture. La soirée se termine par une danse avec les auteurs. Entre le café littéraire, la scène ouverte, l'instinct-théâtre... avec confetti et langues de belle-mère. Les auteurs font le show ! L’écriture au centre et tout autour ça bouge ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec les auteurs&lt;br /&gt;Eric Dubois, Angeline Launay, Ghislaine Maimoun, Rosemay Nivard&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jury&lt;br /&gt;L’actrice Véronique Delbourg&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’auteur-journaliste de la soirée&lt;br /&gt;Alain Chêne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Artiste associé à la soirée&lt;br /&gt;Jacky Viallon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soirée à l’initiative de la Médiathèque Municipale avec le soutien de la ville de Champigny&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-5196984102964324229?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/5196984102964324229/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/11/lamour-decrire-en-direct.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5196984102964324229'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5196984102964324229'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/11/lamour-decrire-en-direct.html' title='L&apos;Amour d&apos;écrire en direct.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-277337471227272992</id><published>2010-11-10T18:57:00.002+01:00</published><updated>2010-11-10T19:05:59.363+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>Kid Cudi : Pursuit of happiness.</title><content type='html'>&lt;object width="400" height="250"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/3Z_Ys3BO_4M?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/3Z_Ys3BO_4M?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="400" height="250"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-277337471227272992?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/277337471227272992/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/11/kid-cudi-pursuit-of-happiness.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/277337471227272992'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/277337471227272992'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/11/kid-cudi-pursuit-of-happiness.html' title='Kid Cudi : Pursuit of happiness.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3825527169588396534</id><published>2010-10-13T17:35:00.002+02:00</published><updated>2010-10-14T19:00:47.445+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Les joies des mathématiques.</title><content type='html'>« 5, 4, 3, 2, 1 …   c’est ça l’ordre décroissant ! Du plus grand au plus petit. Tu comprends maintenant ? Et si tu comptes du plus petit au plus grand, c’est l’ordre croissant. » &lt;br /&gt;Thomas s’efforçait d’expliquer sa leçon à un Félix de 8 ans apathique. Le gamin le fixait d’un regard morne, la bouche entrouverte, complètement déconnecté des réalités mathématiques du moment. &lt;br /&gt;Le jeune homme soupira. Qu’est-ce qui pouvait bien se passer dans le crâne de ce gosse ? Quel désordre régnait donc dans les méandres de son cerveau pour qu’il ait autant de mal à assimiler des notions aussi basiques ? &lt;br /&gt;—Une vrai buse ce Félix ! Tu peux pas imaginer… c’est la première fois que j’ai un gamin aussi peu doué ! avait-il dit à Claire, sa petite amie. &lt;br /&gt;Elle avait souri. C’était ça les cours particuliers, on ne savait jamais d’avance sur qui on tombait… Et puis au moins, cet enfant avait vraiment besoin de lui, pas comme tant d’autres qui, victimes des ambitions scolaires toujours plus grandes de leurs parents, subissaient des cours dont ils n’avaient nul besoin.&lt;br /&gt;—Et puis quoi, ça paie tes études ! &lt;br /&gt;Claire démontrait une fois de plus son pragmatisme. Mais Thomas voulait faire progresser Félix, l’échec qu’il vivait avec l’enfant le contrariait. Alors il cherchait des méthodes, des techniques, des astuces… en vain. Il avait même confectionné cinq cartes sur lesquelles il avait dessiné : 5 fleurs, 4 oiseaux, 3 maisons, 2 bonshommes, 1 voiture. Et il montrait à son élève que les objets diminuaient, qu’ils allaient décroissant… Félix contempla les cartes et demanda :&lt;br /&gt;—Pourquoi tu leur as fait les ailes comme ça, à tes oiseaux ?  Les oiseaux ça n’a pas les ailes comme ça… &lt;br /&gt;Thomas se sentait impuissant. Le combat était perdu d’avance. Il finissait par se demander si le charmant bambin n’était pas déficient mental… &lt;br /&gt;Ce mercredi soir-là, il arriva en retard pour la leçon du petit. Félix lisait en l’attendant. Un peu agacé par le silence du gamin, Thomas s’apprêtait à le rappeler à l’ordre lorsqu’il vit le titre de l’ouvrage qu’il feuilletait : « Les planches du Dictionnaire Universel d’Histoire Naturelle de Charles d’Orbigny. Portraits d’animaux. » Un oiseau au plumage coloré, s’étalait sur une page. La précision du trait, les détails techniques étaient remarquablement bien rendus. &lt;br /&gt;—C’est un Ara rouge, ou Ara Macao. Il mesure entre 90 et 120cm et peut vivre jusqu’à 75 ans. &lt;br /&gt;L’enfant parlait posément, le regard levé vers l’étudiant. &lt;br /&gt;—Il y a aussi l’ara chloroptère qui a du vert dans son plumage à la place du jaune et l’ara hyacinthe, mais celui-là, c’est son ennemi, ils mangent tous les deux la même chose, alors… &lt;br /&gt;Félix haussa les épaules, referma le livre et se dirigea vers le bureau sur lequel reposait son cahier. Il s’agenouilla sur une chaise et attendit. Thomas demanda :&lt;br /&gt;—Tu as fait les exercices que je t’avais donnés sur les nombres croissants ? &lt;br /&gt;L’enfant fit la grimace, le regard de biais. &lt;br /&gt;—Mon cousin Jérôme, il m’a montré des trucs plus marrants, des zék… des zék… je sais plus le nom. &lt;br /&gt;Il ouvrit son cahier et pointa le doigt sur un calcul : 4x – 5 = 2x + 1 &lt;br /&gt;Une équation ! Thomas louchait sur les chiffres, ébahi. &lt;br /&gt;—J’ai calculé : x = 3. Je préfère ça que tes croissants. Tu savais que les aras rouges mangeaient des bananes ? Et même des noix de coco !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3825527169588396534?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3825527169588396534/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/les-joies-des-mathematiques_13.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3825527169588396534'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3825527169588396534'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/les-joies-des-mathematiques_13.html' title='Les joies des mathématiques.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-1739828216384031359</id><published>2010-10-13T17:21:00.002+02:00</published><updated>2010-10-13T17:25:08.634+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>Zapping !</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;La Palice.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bruce Toussaint dans « l’Edition Spéciale », à propos des mineurs qui vont sortir mercredi de leur puits, via une nacelle oblongue :&lt;br /&gt;—Et bien, il ne faut pas être claustrophobe pour rester 1 heure comme ça dans ce suppositoire géant. »&lt;br /&gt;C’est vrai que devenir mineur quand on est claustrophobe, ça le fait pas &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Benêt... euh Benoit.&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Benoit, de « Secret Story » connaît, selon ses dires, à peine l’alphabet français, alors s’il faut qu’il connaisse le grec, hein ! Il dit lui-même : « S’il faut que je fasse des théorèmes de Pythagore ou de Thalès pour aller en finale, je suis pas sorti de l’auberge ! »&lt;br /&gt;Y a-t-il quelqu’un dans la salle qui doute encore qu’il faille un QI de moule pour participer à cette émission ? Et encore, c’est faire outrage aux moules… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;A l'hélium ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entendu dans une émission-jeu : « Qu’est-ce qu’on peut gonfler ? » Première réponse du candidat, un ballon. Ben non, raté ! Le candidat réfléchit un moment et dit : « une femme ! »&lt;br /&gt;Héhé, pas si faux, c’est vrai que ces mecs nous gonflent avec leurs émissions cucul !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-1739828216384031359?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/1739828216384031359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/zapping.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1739828216384031359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1739828216384031359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/zapping.html' title='Zapping !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-234773435564645328</id><published>2010-10-08T15:47:00.000+02:00</published><updated>2010-10-08T15:48:43.857+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>Everything is everything. Phoenix.</title><content type='html'>Et oui... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/C8tGNe4ygrY?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/C8tGNe4ygrY?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-234773435564645328?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/234773435564645328/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/everything-is-everything-phoenix.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/234773435564645328'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/234773435564645328'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/everything-is-everything-phoenix.html' title='Everything is everything. Phoenix.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-4438251127491641563</id><published>2010-10-08T14:28:00.001+02:00</published><updated>2010-10-08T14:32:04.570+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>L'autocar de dix-sept heures.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;2 octobre 2007&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Elle est là, petite, frêle, si fripée qu’on ne sait quel âge lui donner. Son manteau trop court laisse entrevoir des genoux épais, au ras desquels s’arrêtent des chaussettes de laine foncée. Ses chaussures fatiguées semblent avoir parcouru toutes les ornières des chemins. Un petit chapeau en tissu vert pomme, démodé, posé de travers sur une chevelure blanche hirsute lui donne l’air d’un oiseau à huppe échappé d’une volière. Elle serre dans ses mains un sac noir élimé, aussi vieux qu’elle. Le vent frais d’automne ne la fait pas frissonner.&lt;br /&gt;Elle attend, sans bouger, impassible, le regard perdu vers le lointain. Elle est indifférente aux enfants qui lui tournent autour et se moquent d’elle. Certains ramassent quelques cailloux, font mine de les lui lancer, mais quelque chose les retient au dernier moment. Sans doute cet air absent… Les rires des enfants s’éteignent alors. Quelques « eh, la folle ! » jaillissent encore, puis plus rien. Elle est seule sur cette place de village. Elle attend l’autocar de dix-sept heures. &lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;La première fois que je l’ai vue, elle était déjà dans la même tenue, le manteau et les chaussettes en moins. Elle arborait le même air détaché. Je travaillais pour l’été chez Roger, le cafetier installé sur la place. Tous les jours à la même heure, elle se postait à l’arrêt de bus, puis attendait sans broncher, calme et patiente, attentive. L’autocar arrivait, déversait ses passagers et repartait sans que jamais quelqu’un vienne à sa rencontre. Alors elle s’en allait, à petits pas fragiles, les yeux soudain éteints, comme tournés vers l’intérieur. &lt;br /&gt;Cette femme m’intriguait. Qui pouvait-elle bien attendre dans la poussière de Juillet ? Elle me faisait un peu pitié aussi, il faut bien l’avouer. Je questionnai Roger.  &lt;br /&gt;—Oh, elle ? C’est Violette. Tu la verras là tous les jours que Dieu fait ! Elle est bizarre, tu sais, spéciale … une drôle de bonne femme ! Un peu fêlée. Mais faut reconnaître qu’elle a pas eu une vie facile.  &lt;br /&gt;Cette explication, loin d’assouvir ma curiosité, la renforça et un jour où Roger était de bonne humeur, je lui demandai de me raconter la vie de Violette. &lt;br /&gt;Il s’assit à la terrasse, un verre de sirop de menthe à la main et regarda la place inondée de soleil. L’air vibrait d’une vapeur dorée, dense, presque palpable. En ce début d’après-midi de juillet, personne ne s’était aventuré dehors. Il avala une gorgée de liquide et commença :&lt;br /&gt;« Elle avait seize ans en 1943. D’après les anciens, c’était une belle fille, tout le monde le disait. Bien formée, de longs cheveux bruns soyeux, un air franc et décidé. Un peu rebelle quand même, n’en faisant qu’à sa tête, ne s’en laissant pas conter. Un caractère, la Violette ! Lorsqu’elle allait faire ses courses au marché, elle traversait le village en chantant à tue-tête. Et ça, je l’ai vu, moi, ou plutôt entendu ! J’étais gamin mais je m’en souviens bien. Et puis, elle donnait à manger du pain aux oiseaux, en temps de guerre, faut être gonflé ! D’ailleurs, elle était très critiquée pour ça. Tu vois, déjà on la trouvait bizarre, un drôle d’énergumène cette Violette. Mais elle était tellement jolie que beaucoup de gars lui couraient après et auraient bien voulu qu’elle leur jette un regard. Seulement voilà, elle était fière, la Violette et les gars du village, ça lui convenait pas ! &lt;br /&gt;Et puis, à l’automne 43, est arrivé du front de l’Est un petit jeunot, blessé assez sévèrement. L’hôpital du département était le seul où il restait de la place. Ils l’ont gardé une bonne semaine puis il a logé chez la mère Martin pour sa convalescence. Il devait bien avoir dans les dix neuf ans et tout de suite la Violette, elle a plus vu que lui ! C’était réciproque, le Laurent – c’était son nom – tout pareil ! Il la dévorait des yeux. Mais au début, c’était que des œillades, des sourires, ils osaient pas se parler, tu sais à cette époque, c’était pas comme vous, les jeunes de maintenant. La mère de Violette était l’infirmière qui assurait les soins à domicile de Laurent et la petite l’accompagnait. Comme ça, ils se voyaient presque tous les jours. Elle lui apportait des livres, des revues, ils bavardaient …  Ils se sont apprivoisés, petit à petit et bientôt leur histoire d’amour a fait le tour du comté ! Un beau couple de tourtereaux !  Seulement, le blessé a guéri et ses supérieurs l’ont renvoyé au front. Mon père m’a raconté que jamais encore il n’avait vu de séparation aussi déchirante. Violette pleurait et s’agrippait à son soldat et lui, pâle comme un cadavre, n’en menait pas large. En montant dans l’autocar, il lui a crié :&lt;br /&gt;—Je reviendrai et on se mariera ! Je te le jure ! &lt;br /&gt;Et la pauvrette sanglotait, à genoux dans la poussière, les mains jointes comme une madone. Une bonne partie du village était venue et même les plus hardis à la railler d’ordinaire ne se moquaient pas d’elle, ils semblaient comprendre ce lourd chagrin et le respecter. Le silence total régnait sur la place. »&lt;br /&gt;Roger se tut. Les souvenirs de son père semblaient être devenus les siens et une étrange humidité brouillait son regard. Il vida une bonne partie de son verre et rajouta de l’eau. Puis il se tourna vers moi et poursuivit :&lt;br /&gt;—Depuis ce jour-là, Violette attendit Laurent. Elle prit l’habitude d’écouter la radio pour suivre la progression des troupes. Au risque de se faire prendre ! Quand elle venait au village, elle ne chantait plus. Elle passait, raide, les yeux fixes, puis rentrait chez elle sitôt ses courses faites. À la nuit tombée, elle parcourait la campagne en murmurant des mots qu’elle seule comprenait. Les années passèrent. Laurent ne revenait pas. Puis ce fut la fin de la guerre. Au village, certains fêtèrent le retour d’un fils ou d’un père, d’autres ne purent que pleurer leurs morts. On était sans nouvelles de Laurent. Violette remua ciel et terre pour savoir ce qu’il était devenu. Elle frappa à toutes les portes, alla même jusqu’à Paris, où, disait-elle, « on en savait forcément plus ». Rien. Le désespoir s’abattit sur elle comme une pluie d’été arrive, sans crier gare. Elle eut des demandes en mariage, les refusa. Parfois, elle se terrait chez elle pendant des jours, ne voulant voir personne. D’autres fois, elle apparaissait au marché et se faisait remarquer en riant bien trop fort. Son exubérance naturelle s’étalait. Sa joie, trop feinte pour être vraie, mettait mal à l’aise. Certains trouvèrent qu’elle en faisait trop. Alors, pour beaucoup, elle devint « la folle ». Les moqueries, les méchancetés fusaient sur son passage. Elle n’y prêtait pas attention. &lt;br /&gt;Et puis, vers 1950, j’avais douze ans, un beau jour, elle vint à l’arrêt d’autocar. Elle se posta là où tu l’as déjà vue et attendit, scrutant le véhicule de ses yeux tristes lorsqu’il arriva. Puis elle repartit, accablée et revint le lendemain. Et ça dure depuis plus de cinquante ans. Laurent n’est jamais revenu. On lui a dit qu’elle attendait pour rien, qu’il était mort, qu’elle se faisait du mal, aucun de nous n’a pu la dissuader de venir là jour après jour, sous la pluie, dans le vent ou sous un soleil de plomb. Elle disait que leur amour était plus fort que la mort, elle disait « je sais qu’il reviendra ! ».&lt;br /&gt;Je crois que c’est à cette époque que les gamins du village utilisèrent aussi le surnom « la folle », moi y compris et je n’en suis pas fier aujourd’hui, tu sais. Parce que tu vois, une histoire d’amour comme ça, ça devait se respecter. Mais quand on a douze ans, on ne comprend pas. »&lt;br /&gt;Roger reposa son verre sur la table d’un geste brusque. Il se leva, jeta son torchon sur l’épaule et rentra dans le café. Je compris que la discussion était terminée. &lt;br /&gt;Jusqu’à la fin du mois d’août, Violette fut exacte au rendez-vous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;Aujourd’hui, 2 octobre 2007, malgré le vent aigre qui soulève la poussière de la place, elle est là. L’autocar de dix-sept heures est passé. Est reparti. Violette serre frileusement ses mains sur son manteau et s’en va, tout doucement, le pas incertain et la tête basse. Je sais que demain elle reviendra et après-demain aussi, et les jours suivants. Parce que depuis plus de cinquante ans, elle vit d’espoir. Moi, je vais repartir vers mon université. Reprendre ma vie d’étudiant, mon quotidien de trajets en métro, de cours, de révisions et d’examens … &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le 5 avril 2008.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Cher Frédéric,&lt;br /&gt;Il faut que je t’apprenne une bien triste nouvelle.  Tu te souviens de Violette, dont je t’avais raconté l’histoire ? Elle est morte le mois dernier. De vieillesse, elle n’était pas toute jeune, elle allait sur ses 81 ans. Mais selon moi, c’est le chagrin qui l’a tuée. Une si longue vie à attendre son amour perdu ! J’ai eu beaucoup de peine, tu sais, et malgré son caractère original qui ne plaisait pas à tout le monde, tout le village était là pour son enterrement. Je crois que leur affliction n’était pas feinte. Finalement, c’était un personnage, Violette, notre personnage à nous … C’est triste mais c’est notre lot ! &lt;br /&gt;Sinon, c’est d’accord pour le travail au café cet été. Je me fais vieux et j’ai bien besoin de bras jeunes et solides pour m’aider. Alors je t’attends pour le début juillet, mon garçon. Précise-moi la date exacte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien amicalement.&lt;br /&gt;Roger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;On étouffe aujourd’hui. Je crois bien que c’est l’été le plus chaud que j’aie connu depuis des années. Sur la place surchauffée, seuls les artificiers sont là. Ils préparent leur matériel pour les festivités du 14 juillet. La terrasse du café est déserte mais dans une bonne heure, les habitués de l’apéro vont arriver. Je déambule entre les tables, un torchon à la main, désoeuvré. Ma chemisette me colle à la peau, toute cette moiteur qui m’enveloppe est désagréable. J’aurais bien envie d’une bonne douche ! Je soupire et jette un coup d’œil à ma montre. Bientôt dix-sept heures. L’autocar ne va pas tarder. Une boule me serre la gorge : Violette n’est plus là désormais. Violette n’attend plus rien ni personne. Elle est morte depuis quatre mois et sa silhouette fragile manque au décor de la place. Elle me manque. Je ne lui ai pourtant jamais parlé, je ne la connaissais pas vraiment. Seule l’histoire de sa vie, que Roger m’a racontée, me l’a rendue proche. Le contour du car se dessine au bout du chemin et machinalement, je regarde l’arrêt, là où Violette se tenait toujours. Le véhicule approche et vient se garer sur la place dans un grincement fatigué. Un long soupir et les portes s’ouvrent. Puis se referment. Dans un ronflement sourd, l’autocar s’ébranle, ne laissant derrière lui qu’une odeur âcre de caoutchouc chaud. &lt;br /&gt;Je le remarque alors, un vieil homme mince et voûté, une petite valise à la main. Chaussé de rangers, vêtu d’une veste kaki un peu grande pour lui. Il est planté sur la place. Il regarde autour de lui, à gauche, à droite, fait un pas de côté, semble hésiter. Il met sa main droite en visière, cligne des yeux dans ma direction. Il avance et à chaque pas de sa démarche chancelante, mon cœur cogne un peu plus fort. À un mètre de moi, ses yeux bleus, si bleus, lumineux … &lt;br /&gt;—Pardon, jeune homme, savez-vous où habite mademoiselle Violette Marchand ? Je suis Laurent Vergniaud.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-4438251127491641563?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/4438251127491641563/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/lautocar-de-dix-sept-heures.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4438251127491641563'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4438251127491641563'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/lautocar-de-dix-sept-heures.html' title='L&apos;autocar de dix-sept heures.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3039281519580161813</id><published>2010-10-08T14:21:00.002+02:00</published><updated>2010-10-08T14:27:18.645+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>Lapsus.</title><content type='html'>N'ayez crainte, je ne vous bassinerai pas encore avec le lapsus de Rachida Dati, on l'a assez entendu comme ça ! &lt;br /&gt;Non, je veux parler de celui de Sophie Davant, pas plus tard que ce matin, et qui est, lui, mignon tout plein. Au lieu de parler d'apnée du sommeil, elle a dit "apnée du soleil". C'est-y pas chou ? &lt;br /&gt;Même si je n'ai pas envie que le soleil prévu pour ce week-end s'arrête de respirer !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3039281519580161813?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3039281519580161813/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/lapsus.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3039281519580161813'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3039281519580161813'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/lapsus.html' title='Lapsus.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-621875343042866615</id><published>2010-10-08T14:16:00.002+02:00</published><updated>2010-10-08T14:20:52.934+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;air du temps.'/><title type='text'>Ravalement de façade.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Lundi, 6h du matin.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; Je me croise pour la première fois de la journée dans le miroir de ma salle de bain et là, le choc ! La peur de ma vie ! Entre le moment où je me suis couchée, deux heures plus tôt et celui où je me lève, deux heures plus tard, j’ai pris dix ans ! Un saut dans le temps digne de « Retour vers le futur ». De larges sillons s’étalent en éventail sur mes tempes et mes joues et deux creux (crevasses ?) descendent du coin de mon nez au coin de mes lèvres. Mon menton semble perdu dans les contours flasques de mon visage. Et mon teint, d’ordinaire rose et frais, me fait penser à la peinture beigeasse et terne du hall d’entrée, peinture qu’on aurait dû rafraichir depuis des lustres. Sans parler des valises que je transporte sous mes yeux, tellement lourdes que je me laisse tomber sur un tabouret, découragée. Aucun doute,  j’ai l’air d’un vieux chiffon… Bref, de quoi être terrifiée.  Heureusement, j’ai évité de crier : l’homme de ma vie dort encore dans la chambre à côté et je ne voudrais surtout pas qu’il accoure et découvre qu’il a passé la nuit avec ma sœur ainée… ou ma grand-mère ! &lt;br /&gt;Mais je ne dois pas me laisser aller, il faut que je réagisse. J’entreprends donc un ravalement de façade en règle. Une bonne couche de crème anti-âge, une de fond de teint liftant et dix minutes de maquillage des yeux plus tard, j’ai réintégré mon âge et je peux aller prendre le peti dèj avec mon cher et tendre, réveillé, sans risquer de le faire fuir. &lt;br /&gt;Néanmoins, je m’interroge : il y a quelques temps, j’ai vu à la télé une émission sur la médecine esthétique. Peut-être l’ère Botox est-elle arrivée pour moi ? Songeuse, je me, dis en trempant ma tartine dans mon café au lait, que je devrais me renseigner. &lt;br /&gt;Ainsi, le premier geste que je fais le soir en rentrant d’une journée passée à somnoler en réunion est d’allumer mon ordinateur et d’aller demander conseil à mon copain Google.  Il en sait des choses, le Google et bientôt, l’acide hyaluronique, la carboxythérapie du visage, le mésolift et… le reste n’ont plus de secret pour moi. Assez tentant, bien que plutôt cher… &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Lundi, minuit.&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;Bien au chaud sous la couette, confortablement blottie dans les bras de mon amoureux, je lui pose négligemment la question :&lt;br /&gt;—Tu en penses quoi, toi, de la médecine esthétique ? &lt;br /&gt;Le bond dans le lit me fait sursauter. Mon chéri me fixe, une lueur de panique dans le regard :&lt;br /&gt;—Pourquoi, tu trouves que je fais si vieux que ça ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-621875343042866615?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/621875343042866615/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/ravalement-de-facade.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/621875343042866615'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/621875343042866615'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/ravalement-de-facade.html' title='Ravalement de façade.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-4151753017937294023</id><published>2010-10-04T15:50:00.000+02:00</published><updated>2010-10-04T15:51:13.018+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;air du temps.'/><title type='text'>Programme télé.</title><content type='html'>Sur la 2, des parents éplorés viennent parler du suicide de leur enfant. Nauséeuse, j’actionne la télécommande pour changer de chaine, avec l'approbation énergique de mon mari. La cinquième propose un reportage sur le service de cancérologie de l'hôpital Gustave Roussy à Villejuif.&lt;br /&gt;—Allons bon ! s’exclame mon cher et tendre. Après les enfants suicidés, les cancéreux ! Tu peux pas trouver un programme un peu plus gai ?&lt;br /&gt;—C’est partout pareil ! Tu veux quand même pas te coltiner « Les feux de l’amour », non ? et joignant le geste à la parole, j’appuie sur la 1.&lt;br /&gt;Une femme est en train de téléphoner, couchée… dans un lit d’hôpital !!! Je mets les infos mais les menaces d’attentat et le procès des hormones de croissance ne prêtent pas franchement à rire.&lt;br /&gt;—De toute façon, j’ai mon ménage à finir, dis-je en éteignant la télé.&lt;br /&gt;Voilà, j’espère que vous avez bien le moral dans les chaussettes, maintenant ! (c’était le but, y a pas de raison qu’il n’y ait que moi qui déprime, faut partager, c’est ça la solidarité ) En plus, il pleut aujourd’hui…&lt;br /&gt;Ben moi je vous le dis : vivement ce soir qu’on se couche !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-4151753017937294023?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/4151753017937294023/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/programme-tele.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4151753017937294023'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4151753017937294023'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/10/programme-tele.html' title='Programme télé.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3126459244188148974</id><published>2010-06-13T18:21:00.000+02:00</published><updated>2010-06-13T18:24:02.479+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>Air : Heaven's light. (album Love 2)</title><content type='html'>&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/QE9IIvhFovU&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/QE9IIvhFovU&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3126459244188148974?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3126459244188148974/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/air-heavens-light-album-love-2.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3126459244188148974'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3126459244188148974'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/air-heavens-light-album-love-2.html' title='Air : Heaven&apos;s light. (album Love 2)'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3191197917237975273</id><published>2010-06-13T18:18:00.000+02:00</published><updated>2010-06-13T18:19:29.327+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Emplacement réservé.</title><content type='html'>Au volant de sa Clio bleue, Simon soupirait. Le trajet n’en finissait pas. Pourtant, il n’était pas parti tard, en prévision des embouteillages inévitables en ce soir de réveillon. Mais le trafic semblait encore plus dense que ce qu’il avait imaginé. Depuis une demi-heure, il ne dépassait pas le vingt kilomètres à l’heure. « Bon sang, si on va pas plus vite, c’est sûr, je suis en retard ! Chloé va me maudire ! » Devant lui, une grosse berline allemande faisait rugir son accélérateur. Elle avançait par bonds depuis un moment, son chauffeur sans doute excédé par la lenteur de sa progression. Mais tout le monde était logé à la même enseigne et ça ne servait pas à grand-chose de s’énerver. Simon introduisit un disque dans le lecteur de CD. Les notes apaisantes d’un concerto de Chopin s’élevèrent dans l’habitacle. Simon fredonnait. Il repensait à la conversation qu’il avait eue le matin même avec Chloé. Il hésitait sur la couleur de la cravate qu’il porterait pour le réveillon.&lt;br /&gt; —T’as qu’à mettre la bleue, avec ton costume et une chemise blanche !&lt;br /&gt; —M’oui… Ç’est un peu protocolaire à mon goût, surtout avec la chemise blanche. On croirait que je vais à un entretien d’embauche ! &lt;br /&gt; —Ben, mets la orange, avec ta chemise beige clair à rayures plus foncées. Je l’aime beaucoup, la orange, elle est très jolie. Et avec ton costume bleu marine, ça s’accordera super ! &lt;br /&gt; —Evidemment, c’est toi qui me l’as offerte ! Je sais pas si elle plaira autant à tes parents, c’est un peu folklo, le orange, non ? &lt;br /&gt;Chloé finissait de s’habiller. Elle passa rapidement un peigne dans sa chevelure désordonnée et attrapa son manteau dans la penderie.&lt;br /&gt; —Ecoute, Simon. Choisis la cravate que tu veux, ça n’a pas d’importance. Tout ce que je te demande, c’est d’arriver à l’heure pour le réveillon. Mes parents sont très pointilleux sur les horaires, alors prends tes précautions, ne pars pas au dernier moment. &lt;br /&gt; —Chloé ! Tu as bien deux secondes, quand même. Tu vas me présenter à tes parents, c’est important, non ? Je veux leur faire bonne impression, moi ! Chloé !&lt;br /&gt;Mais déjà, la jeune femme refermait la porte d’entrée. Simon entendit juste : « A ce soir, mon amour ! »&lt;br /&gt;« Ouais, c’est ça, à ce soir ! marmonna le jeune homme. » Il reposa la cravate orange sur le cintre.&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;La Clio progressait lentement. L’heure tournait. Simon jeta un coup d’œil sur l’horloge du tableau de bord. Vingt heures. Déjà une heure qu’il avait quitté le bureau. Il avait dû faire en tout et pour tout une trentaine de kilomètres. Trente cinq en étant optimiste ! Jamais il ne serait chez les parents de Chloé à vingt heures trente ! Une boule d’angoisse se logea au creux de son estomac. Il allait faire la connaissance de ses futurs beaux-parents, et il n’était même pas fichu d’être à l’heure ! « Oh, et puis, c’est pas ma faute ! J’avais prévu large et pourtant, c’est pas suffisant. » Il expliquerait, on le comprendrait… Puis non, il n’expliquerait rien, il ne ferait que s’enfoncer. Il se voyait très bien, balbutier et bégayer, comme à chaque fois qu’il était intimidé. Qu’allaient penser les parents de Chloé ? Un minable, voilà pour quoi il passerait ! Pour une première rencontre, quelle catastrophe ! Une bouffée de chaleur lui monta au visage. Il desserra son nœud de cravate. Finalement, il avait choisi une chemise vert opale aux fines rayures grises, une cravate du même gris et son costume anthracite. « Faudra bien que ça aille, s’était-il dit. »&lt;br /&gt;Quelques flocons épars s’étaient mis à tomber. « Allons bon, manquait plus que ça ! » Simon commençait à s’impatienter. Non seulement les voitures n’avançaient pas, mais s’il fallait maintenant affronter la neige, on n’était pas sorti de l’auberge ! Simon soupira d’exaspération et tapota nerveusement le volant. Le sur-place dura encore un gros quart d’heure puis la file de véhicules s’ébranla. D’abord lentement, puis un peu plus vite. Et comme par miracle, le bouchon sauta et la Clio put se libérer et se lancer à la poursuite des minutes perdues. « Ouf ! Pas trop tôt ! » S’exclama Simon. La neige avait cessé de tomber. Le macadam défilait sous les roues, à peine blanchi. Simon roulait vite. Il savait qu’il ne comblerait pas tout son retard, mais il limiterait un peu les dégâts. Une nouvelle boule d’angoisse lui serra la gorge. &lt;br /&gt;Enfin, il aperçut, derrière un bosquet de bouleaux, les trois petits immeubles dont Chloé lui avait parlé, et qui constituaient la résidence où vivaient les parents de la jeune femme. Coup d’œil rapide à l’horloge : vingt et une heure treize. &lt;br /&gt;Le cœur battant, le jeune homme s’engagea sur le parking et scruta la nuit à la recherche d’une place libre. Rien ne se présentait. Il tourna comme ça dix bonnes minutes, en proie à un énervement grandissant. « Et zut ! Tout est plein. Y en a marre ! Il reste que les places pour handicapés. »&lt;br /&gt;En effet, seuls trois emplacements réservés étaient disponibles. Simon avait pour principe de ne pas s’y garer, autant par sens moral que parce que l’amende en cas de verbalisation s’élevait à cent trente cinq euros. Mais ce soir, il hésitait. On était soir de réveillon, tout le monde devait être arrivé, la preuve, plus une place de libre sur le parking ! Donc il ne gênerait personne. Avec tout de même un léger sentiment de culpabilité, Simon engagea la Clio en marche arrière sur l’emplacement handicapé. Puis il éteignit le moteur, descendit du véhicule et ouvrit la portière arrière pour attraper le bouquet de fleurs posé sur le siège. Après avoir tout verrouillé, il se dirigea vers le bâtiment B. Il se faufilait entre les voitures, étonné que le parking ne soit pas mieux éclairé. « Pour une résidence de standing, c’est limite ! Aïe ! Bon sang, ce que ça fait mal ! » Il venait de heurter du genou un pare-choc. Il se massa de la paume de la main et reprit son chemin en claudiquant. Les élancements irradiaient jusqu’au mollet. Il entama la montée du premier des quatre étages de l’immeuble. « Bien sûr, ils habitent au quatrième sans ascenseur ! Soupira Simon. » Ça commençait mal ! Il en voulait presque à ses futurs beaux-parents ! Et puis, son genou le faisait de plus en plus souffrir. Au fur et à mesure qu’il progressait, la douleur s’étendait jusqu’à la cuisse. Il lui semblait même la ressentir dans l’autre membre. « Absurde, vraiment ! Se sermonna-t-il en haussant les épaules. » Sur le palier du troisième, il dut faire une pause : ses jambes tremblaient, il était essoufflé. « Je me savais pas si émotif ! Se dit-il en pensant à la proche rencontre avec les parents de Chloé. » La montée du dernier étage se révéla éprouvante. Non seulement le tremblement s’était accentué, mais la douleur augmentait et atteignait maintenant le bas du dos. Simon avait l’impression que ses jambes pesaient des tonnes et que chaque marche de l’escalier était plus haute que la précédente. Une fatigue intense l’envahissait peu à peu. « Bon sang mais qu’est-ce que j’ai ? S’inquiéta-t-il. Je me suis tout de même pas cogné si fort ! » L’angoisse lui nouait maintenant la gorge. Et cette douleur ! Lancinante, par vagues successives dont l’intensité lui coupait parfois la respiration. Il dut s’arrêter plusieurs fois au cours de son ascension, pour se reposer. Il arriva enfin sur le palier du quatrième étage, à bout de souffle, la douleur à peine supportable et se traîna vers l’appartement quarante deux. Engourdi, affolé, il avançait avec peine. La sueur lui dégoulinait dans le cou. Soudain, ses jambes le lâchèrent et il eut juste le temps d’appuyer sur la sonnette avant de s’écrouler au sol. &lt;br /&gt;Lorsque Chloé et ses parents ouvrirent la porte, Simon, recroquevillé sur le bouquet de fleurs, gémissait. &lt;br /&gt; —Chloé ! J’ai mal, tellement mal ! Murmura-t-il, le visage décomposé.  &lt;br /&gt;Une terreur sans nom s’empara alors de son cerveau. En un éclair, il revit la phrase sur le panneau, dans le parking : Si vous prenez ma place, prenez aussi mon handicap.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3191197917237975273?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3191197917237975273/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/emplacement-reserve.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3191197917237975273'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3191197917237975273'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/emplacement-reserve.html' title='Emplacement réservé.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-792986361039659086</id><published>2010-06-13T18:10:00.000+02:00</published><updated>2010-06-13T18:11:09.207+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Le petit pull fuschia.</title><content type='html'>Lorsqu’elle le vit dans la vitrine, court et moulant comme le veut la mode, avec son bord en côtes doubles aux manches longues, son col roulé et son éclatante teinte fuschia, Lucie sut que ce pull lui était destiné. Il était fait pour elle, elle était faite pour lui. Elle entra dans la boutique, désigna du doigt l’article convoité, et - car son régime commencé avec succès depuis près d’un mois le lui permettait désormais – demanda fièrement la taille 40. &lt;br /&gt; Elle regarda à peine le prix, paya sans sourciller, et ressortit du magasin le sac à la main, le cœur léger et le sourire aux lèvres. Elle passait déjà en revue toutes les occasions qu’elle aurait de porter son pull. A commencer, samedi soir, pour l’anniversaire de Carole. Elle ferait sensation, elle en était sûre. Et puis, il y aurait Stéphane…&lt;br /&gt; A cette pensée, son cœur se mit à battre plus fort, et elle sentit ses joues se colorer.&lt;br /&gt; Commença alors pour Lucie une période faste. Son pull ne la quittait plus. Elle le portait le plus souvent possible, se sentait belle dedans. Elle avait même l’impression qu’il lui donnait confiance en elle, que lorsqu’elle le portait, une assurance nouvelle s’emparait d’elle, qu’elle n’avait jamais ressentie jusqu’à présent : elle faisait preuve d’audace dans les soirées, et remportait un certain succès. Lucie était heureuse. &lt;br /&gt;Ce pull était l’emblème de sa nouvelle vie, il était sa mascotte. Rien ne pouvait lui arriver de fâcheux lorsqu’elle l’avait sur le dos. Aussi, en signe de reconnaissance, l’entretenait-elle avec la plus grande minutie. &lt;br /&gt;Elle avait acheté une lessive douce, « spéciale laine », prenait soin de ne pas trop l’essorer, et le faisait sécher à plat, au dessus de la baignoire. Grâce à ces attentions particulières, le petit pull fuschia avait toujours l’éclat du neuf, et mettait en valeur les formes sveltes de sa propriétaire. &lt;br /&gt; Un soir pourtant, où le petit groupe d’amis s’était retrouvé en discothèque, et où Lucie espérait conquérir définitivement le beau Stéphane, la machine se grippa.&lt;br /&gt; Au moment des slows, Stéphane, malgré l’insistance enjôleuse dont Lucie l’entourait depuis le début de la soirée, alla inviter une grande blonde à la table voisine. Lucie, dépitée, ne put qu’assister, impuissante, à une idylle naissante. Et même si elle se raccrochait encore à un vague espoir, celui-ci fut définitivement déçu lorsque Stéphane et la grande blonde s’éclipsèrent bientôt de la discothèque, bras dessus bras dessous, en s’enveloppant mutuellement de regards énamourés.&lt;br /&gt; Dès lors, ce fut pour Lucie une période noire. Elle rentra chez elle ce soir-là le cœur gros, s’effondra en larmes sitôt la porte de l’appartement franchie, et attaqua sa première tablette de chocolat. D’autres lui succédèrent, chocolat noir, chocolat au lait, avec des noisettes, ou du riz croquant. Désormais, elle ne se privait plus de frites, reprenait deux fois des pâtes, et se permettait même de déguster avec délice, le gras des côtelettes d’agneau. Les huit kilos qu’elle était fière d’avoir perdus, revinrent au galop, et Lucie ne s’en souciait nullement. C’était comme si une petite lumière s’était éteinte en elle.&lt;br /&gt; Quant au petit pull fuschia, devenu trop étroit pour englober ses nouvelles formes, il était relégué sur une étagère de son armoire, sous une pile de pulls plus amples. Elle ne le portait plus et l’oublia complètement. &lt;br /&gt; Ce ne fut que neuf mois plus tard, au début de l’hiver suivant, que le petit pull réapparut. Lucie avait décidé de ranger ses armoires, et c’est en sortant sa pile de vêtements, qu’elle l’aperçut, tout au fond, et quelque peu avachi. Son cœur sauta dans sa poitrine, et les souvenirs affluèrent en se bousculant. Le pull était terne, tout mou, et une odeur fade de renfermé s’en dégageait. Lucie le déplia et l’ajusta devant elle. Elle poussa un profond soupir. Dire qu’il y avait moins d’un an elle rentrait dedans ! Lorsqu’elle pensa à ses formes actuelles plus que généreuses, elle se dit qu’elle serait bien en peine d’y rentrer à nouveau ! &lt;br /&gt; Elle restait immobile, songeuse au milieu de la chambre. Puis un léger sourire se dessina sur son visage. Elle replia soigneusement le pull et l’emporta à la panière à linge. Elle pensa : « Toi, il faudra que je te lave ! ». Puis elle descendit à la cuisine, engloutit d’un coup quatre carreaux de chocolat aux noisettes, et dit tout haut pour elle-même :&lt;br /&gt; —Ce sont les derniers. Promis, juré ! Demain, je commence un régime, et dans deux mois, pour le mariage de Stéphane, je mets mon petit pull fuschia !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-792986361039659086?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/792986361039659086/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/le-petit-pull-fuschia.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/792986361039659086'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/792986361039659086'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/le-petit-pull-fuschia.html' title='Le petit pull fuschia.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-7924158898540108921</id><published>2010-06-13T17:58:00.001+02:00</published><updated>2010-07-01T18:29:55.730+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Joyeux anniversaire !</title><content type='html'>Le vingt huit juin, un peu avant midi, il m’est arrivé une chose incroyable, que je ne suis pas prêt d’oublier : je suis mort ! Oui, mort ! Laissez-moi donc vous raconter. &lt;br /&gt;Nos invités, Franck, Julie et Nono allaient bientôt arriver. Le tajine mijotait sur le feu, l’apéritif était installé sur la table basse et je mettais la dernière main à l’entrée. Ma spécialité, les petits choux au fromage. Alignés sur la tôle beurrée, ils attendaient le dernier moment pour être enfournés. Je commençais à nettoyer la salade lorsque Maria entra dans la cuisine.&lt;br /&gt; —Chéri, tu as bientôt fini ? Il faudrait installer la table au jardin. &lt;br /&gt; —Une petite seconde, mon amour, je finis de préparer la verdure et j’y vais !&lt;br /&gt; —Oui, mais fais vite, ils vont être là d’un instant à l’autre et tu n’as pas encore dressé la table !&lt;br /&gt;Agacé, je pensai : « Tu peux peut-être le faire, toi ! » Mais je savais bien que Maria attendrait que j’aie terminé, plutôt que de mettre la main à la pâte. Maria adore donner des ordres. Maria n’aime pas aider. Je m’abstins toutefois de faire la moindre réflexion. Maria est très susceptible. &lt;br /&gt;Je poussai un bref soupir et m’essuyai sommairement les mains. Je me retournai. Dans ma précipitation, je heurtai le robot ménager qui bascula du plan de travail. Alors, tout s’enchaîna. Par réflexe je voulus rattraper l’appareil mais ne réussis qu’à agripper le cordon électrique. Celui-ci était endommagé : mes mains humides se retrouvèrent au contact des fils dénudés que je n’avais jamais pris le temps de rafistoler ! Or, le maudit appareil était branché … Une terrible douleur me traversa et la secousse qui suivit me projeta violemment au sol. Un silence opaque m’enveloppait. J’avais l’impression d’avoir le corps entier dans du coton. Puis, peu à peu des sons apparurent : le pépiement d’un oiseau, le souffle du vent, une tondeuse lointaine …  Soudain, un hurlement domina l’ensemble. Je reconnus la voix de Maria. Sans doute attirée par le bruit de chute du robot, elle venait de me découvrir à terre. Le cri aigu s’étrangla dans sa gorge. Elle se jeta sur moi, me secoua, hurla mon nom. Ankylosé, je ne pouvais réagir. Elle sanglotait et l’expression d’horreur sur son visage ne me laissa aucun doute : je venais bel et bien de passer de vie à trépas en quelques secondes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a maintenant six ans que Maria est veuve. Depuis, tous les vingt huit juin, Franck, Julie et Nono se joignent à elle pour commémorer le triste événement. Au début, je me disais que c’était un peu macabre, tout ça et que Maria n’était vraiment pas obligée de se livrer à ce morbide anniversaire. Seulement voilà, il se trouve que j’en bénéficie et je dois dire que ça ne me déplait pas. Parce que, voyez-vous, le jardin d’Eden est fort agréable, là n’est pas la question, nous avons tout ce que nous voulons, nous sommes vraiment gâtés, mais il faut reconnaître une chose : à la longue, l’éternité, c’est un peu monotone ! Et puis, Dieu que c'est long ! Sur mon insistance, St Pierre m’a autorisé à redescendre sur terre tous les vingt huit juin — invisible, bien sûr — afin de prendre part aux retrouvailles. Je suis aux anges (si je puis dire !) d’autant que Maria a poussé le recueillement jusqu’à présenter le même menu que le jour fatal. Moment d’émotion, j’écrase une petite larme échappée … &lt;br /&gt;Mais au fil des ans, l’atmosphère change, s’allège, la tristesse s’atténue, la gaieté gagne du terrain. Un changement subtil qui me chagrine. Certes vous me direz — je vous entends d’ici — six ans, ça fait beaucoup, il faut bien qu’elle retrouve un peu de joie de vivre, la pauvre ! Oui, sauf que six ans, au regard de l’éternité, c’est rien du tout ! Et moi, ça me chamboule de la voir rire avec les copains ! &lt;br /&gt;Aujourd’hui, la conversation concerne le tajine. Maria a oublié les oignons ! Pff… De mon vivant, c’était moi qui cuisinais. J’aimais ça et j’étais un sacré cordon bleu !  Maria n’a jamais voulu s’y mettre. Entre parenthèses, c’était moi aussi qui faisais les courses et le ménage ! Maria n’a jamais aimé.  A ma mort elle a bien été obligée pour la cuisine, mais il faut reconnaître que ce n’est pas une réussite ! Oublier les oignons dans le tajine ! Et Nono qui lui dit que ce n’est pas grave ! Comment pourra-t-elle progresser ? Julie demande dans quel tajine on met des pruneaux. Nono explique. Tiens, j’ignorais qu’il savait cuisiner celui-là ! Nous n’avons jamais parlé gastronomie ensemble … C’est drôle comme je redécouvre mes amis depuis mon décès ! &lt;br /&gt;Maria écoute Nono religieusement. Je dirais même qu’elle le dévore des yeux. Je ne me souviens pas qu’elle m’ait jamais regardé de cette façon … Mais… je rêve ? Nono aussi la mange du regard ! Maria et Nono ? Nooooon, pas possible ! Ça ne va pas du tout ! Il faut que les choses restent ce qu’elles ont toujours été. Et que tous les vingt huit juin, le repas soit comme d’habitude, et avec moi dans le rôle du mari ! Oui, bon, je sais, je suis mort, et Maria n’a jamais été l’épouse idéale. Je m’en suis souvent plaint : autoritaire, paresseuse, futile … Mais c’était la mienne ! « Ma » femme ! Il n’est pas question qu’elle devienne celle de Nono ! &lt;br /&gt;Le repas tire à sa fin. Le dessert fait son apparition. Mais… j’hallucine ? Un clafoutis ! Fait maison, avec les cerises du jardin ! « Mes » cerises ? Oh non, pas ça ! Pas « mes » cerises ! Alors Nono va tout s’approprier, « ma » femme et « mes » cerises ! Là, c’en est trop, je sens la colère bouillonner dans mes veines. J’ai envie de hurler.&lt;br /&gt;Dehors, de gros nuages s’amoncellent à l’horizon. L’orage menace. Un éclair zèbre le ciel. Soudain, un grondement de tonnerre retentit au dessus de nos têtes. Puis des gouttes, de grosses gouttes plates viennent s’abattre sur la table de jardin. Bientôt, une pluie lourde force Maria et ses invités à rentrer précipitamment, en emportant avec eux le clafoutis détrempé. Bien fait ! Ah, je m’amuse ! Dans la maison, la pénombre a envahi l’espace. Franck, le plus près de l’interrupteur du salon l’actionne. Rien. &lt;br /&gt; —Zut, les plombs ont sauté ! Maudit orage ! Et dire qu’il faisait si beau ce matin ! &lt;br /&gt;—Oui, c’est embêtant ! Nono, tu veux bien aller rétablir le compteur ? Susurre&lt;br /&gt;Maria. Le fond de sa voix n’admet pas une réponse négative. Je vois les dents blanches de mon ex-copain se dessiner en sourire dans l’ombre de la pièce. &lt;br /&gt; —Euh … oui, j’y vais !  Et Nono se dirige vers le garage, où se trouve l’armoire électrique. &lt;br /&gt;Cette vieille bicoque, nous l’avons achetée avec Maria, un an après notre union, nous l’avons retapée années après années, avec amour. C’était presque une ruine et nous en avons fait notre nid d’amour, notre « chez nous » Je n’ai pas eu le temps, hélas, de refaire le circuit électrique, défectueux depuis le début ! Dommage … Comme me le disait toujours Maria : &lt;br /&gt;—Tu es d’un négligent, mon pauvre ami !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-7924158898540108921?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/7924158898540108921/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/joyeux-anniversaire.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7924158898540108921'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7924158898540108921'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/joyeux-anniversaire.html' title='Joyeux anniversaire !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-4384565819285208976</id><published>2010-06-03T19:04:00.001+02:00</published><updated>2010-06-03T19:06:11.462+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Procrastination.</title><content type='html'>Déprimée. Je suis. Chez la copine de ma fille, on voit la Tour Eiffel par la baie vitrée du salon. Pas chez nous. Chez la copine de ma fille, il y a des crêpes au Nutella et de la salade de fruits au petit déjeuner. C’est la mère de sa copine qui se lève avant tout le monde pour leur préparer ce menu de rêve. Moi j’aime trop mon lit pour ne pas en profiter au maximum, alors ma fille mange des céréales. Qu’elle se sert elle-même, tant qu’à faire. Mauvaise mère, je suis. La mère de la copine de ma fille doit être le genre de femme dynamique, attentionnée et performante que je ne suis pas. Sa maison doit reluire dans le moindre recoin, la chasse à la poussière et au désordre, certaines  en font un sport national. Je ne suis pas particulièrement sportive. Ce n’est que péniblement que ma pile de repassage diminue et les chaussettes, que je ne repasse pas, tant pis pour elles, il faut aller les extirper du bac où elles s’accumulent. Les culottes aussi. La mère de la copine de ma fille travaille à l’extérieur. Moi je travaille à la maison la majeure partie du temps. Entre deux préparations de cours, quelques lectures et commentaires de textes et la rédaction d’articles, je pourrais trouver le temps de manier l’aspirateur ou la serpillère, d’étaler une lessive… Je pourrais. Mauvaise ménagère. Je suis. Ma maison n’est pas nickel sauf quand une frénésie de nettoyage me prend et là, il faut que tout soit plus que parfait, mais c’est épisodique. Je fais les choses quand j’en ai envie ou que je ne peux plus faire autrement. Dans l’urgence, souvent. La chemise ou le jean repassé en catastrophe juste avant de partir, c’est moi. &lt;br /&gt;Hier, c’était la journée de la procrastination. Je me suis sentie comprise. Enfin. Y en a donc d’autres comme moi. C’est rassurant. Et puis, non sans humour, ma fille m’a dit : « Mais maman, tu sais bien que c’est toujours mieux chez les autres ! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-4384565819285208976?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/4384565819285208976/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/procrastination.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4384565819285208976'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/4384565819285208976'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/06/procrastination.html' title='Procrastination.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-885735644942222205</id><published>2010-04-26T17:37:00.001+02:00</published><updated>2010-04-26T17:39:19.032+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;air du temps.'/><title type='text'>Une maman.</title><content type='html'>Quand vers 9 ou 10 mois, votre bout de chou, d’une petite voix hésitante prononce  pour la première fois « maman »,  vous vous sentez toute chose à l’intérieur, attendrie jusqu’au bout du cœur.  &lt;br /&gt;Et puis au fil du temps, vous l’entendrez bien des fois ce mot qui vous désigne. Du premier « mama » béat du bébé qui s’essaye à parler au « maman ! » impérieux du bambin qui exige, il vous sera seriné sur tous les tons, quelquefois jusqu’à l’exaspération, jusqu’à l’envie de ne plus être, juste un instant, celle qui pourvoie à tout et qui doit s’effacer derrière sa progéniture. Etre une maman, avant d’être une femme, et pas que pour 20 ans, comme certains disent… &lt;br /&gt;Sécher les pleurs du petit qui s’est fait mal, calmer la colère du grand que son cadet embête, panser la déception devant le contrôle désastreux et pourtant si bien préparé, discuter jusqu’à pas d’heure sur le monde tel qu’il va avec un ado qui découvre la vie, colmater les maux d’estomac du premier chagrin d’amour avec de l’Efferalgan (totalement inefficace, je vous le dis tout de suite…) aller faire les boutiques et rester des heures dans les magasins de chaussures avant de ressortir sans rien, remettre la chaine du vélo qui a déraillé, recoudre les boutons de la veste qu’on vient d’acheter, supporter les portes qui claquent parce qu’on a osé dire « non ! », s’entendre dire que les autres mamans sont bien plus cool, que les copains, eux, ont le droit de faire ce qu’ils veulent, que les copines, elles, sortent le soir à 12 ans, aller voir les profs et entendre encore, la honte au front, que « non, ça ne peut pas continuer comme ça ! » … S’emporter, crier, lever la main quelquefois, douter, s’inquiéter, pleurer aussi, lorsqu’ils sont couchés… C’est tout ça être maman. C’est aussi couvrir de bisous un bambin qui rit aux éclats sous la chatouille, c’est le regarder se barbouiller de fraise et en réclamer encore, c’est courir dans le jardin en poussant des cris pour échapper au tuyau d’arrosage, c’est attraper des fous rires monstrueux juste au moment où il ne faudrait pas, c’est se regarder et savoir, sans rien se dire, qu’on pense la même chose, c’est danser sur les mêmes airs, essayer les mêmes vêtements, regarder les mêmes séries débiles, les critiquer et en rire, c’est faire des gâteaux d’anniversaire, le prendre dans ses bras et respirer son odeur sucrée de petit d’homme, serrer bien fort sa main dans la vôtre le premier jour d’école et le laisser aller, comme un grand qu’il dit déjà être, c’est acheter du maquillage parce que… oui, elle a l’âge, déjà… c’est… tellement de choses… tellement plus que ça… C’est vouloir quelquefois que le temps les fasse grandir plus vite, et puis qu’il les fasse redevenir petits… c’est contradictoire une maman, c’est imparfait, pas toujours adroit, pas toujours juste non plus, c’est pas comme dans les livres de Dolto, une maman, ça s’énerve plus souvent qu’il ne faudrait, oui… mais c’est leur maman, elle et pas une autre, la leur, la seule… c’est moi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-885735644942222205?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/885735644942222205/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/04/une-maman.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/885735644942222205'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/885735644942222205'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/04/une-maman.html' title='Une maman.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-5631726534862398292</id><published>2010-04-08T19:55:00.001+02:00</published><updated>2010-04-08T19:59:01.397+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>Indochine : l'aventurier.</title><content type='html'>Aaaahhh... Indochine... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/YBAmb6mr6lM&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/YBAmb6mr6lM&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-5631726534862398292?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/5631726534862398292/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/04/indochine-laventurier.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5631726534862398292'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5631726534862398292'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/04/indochine-laventurier.html' title='Indochine : l&apos;aventurier.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-8608218619016940698</id><published>2010-03-30T18:44:00.002+02:00</published><updated>2010-03-30T18:47:53.075+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Au four et au pétrin.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Un texte né d'un jeu sur "A vos plumes". Quatre phrases tirées d'oeuvres connues, à insérer dans une histoire en 3000 caractères. (les phrases sont en gras).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Paulette Lestafier n’était pas si folle qu’on le disait&lt;/span&gt;. A presque 68 ans, on pouvait parfois douter qu’elle possédât toutes ses facultés mentales. A la voir courir au petit matin, le pied chaussé de ballerines, en jupe et chemisier fleuri, ses voisins avaient fini par s’en persuader. Mais elle allait rendre visite au boulanger, son ami Pedro Santana. Tôt levé, il pétrissait avec énergie, ses biceps luisant de sueur dans la chaleur du fournil. Sa toque immaculée, son marcel immaculé, son tablier immaculé et son visage blanc de farine attendaient tous les matins Paulette à 6 h. Une baguette odorante trônait sur une table, près d’une thermos de café et d’un pot de confiture. Dès que Paulette apparaissait, Pedro s’interrompait et ils prenaient ensemble le petit déjeuner. Un rituel qui durait depuis 25 ans. Mais ce matin-là…  &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Peu avant l’aube, Pedro Santana fut réveillé par la lampe à pétrole qui fumait&lt;/span&gt;. Une odeur âcre se répandait dans la chambre. Pedro moucha la chandelle, s’habilla et descendit. La vaste pièce était plongée dans l’obscurité. Seule une faible lueur de jour naissant venait caresser le bord du pétrin. Le boulanger luttait contre ses sentiments. A 52 ans et malgré l’amour qu’il avait de son métier, il n’était pas satisfait. Pas plus de ça que de sa vie. Il rêvait d’autre chose… Il se mit néanmoins au travail, lorgnant de temps en temps sur la pendule. Lorsque Paulette arriva, sa décision était prise. &lt;br /&gt;Au milieu d’une tartine, il demanda :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;—Connaissez-vous le nec plus ultra en matière de transport ?&lt;/span&gt;  &lt;br /&gt;Paulette s’arrêta de mâcher et le fixa, une lueur interrogative dans le regard. &lt;br /&gt;—Le train, ma chère, le train ! N’avez-vous jamais rêvé de prendre l’Orient Express ? Ou le Transsibérien ? &lt;br /&gt;La vieille dame ne le quittait pas des yeux. Où voulait-il en venir avec ses questions ? Il reprit :&lt;br /&gt;—Partons ! Allez préparer vos bagages et revenez. L’agence ouvre dans deux heures, ça nous laisse le temps. &lt;br /&gt;Paulette faillit s’étrangler avec sa gorgée de café. Pedro devenait fou ! Mais l’enthousiasme du quinquagénaire eut raison de ses réticences. Les deux amis se retrouvèrent bientôt sur le trottoir, à héler un taxi, sous les yeux ébahis de Becky, la vendeuse de la boulangerie.&lt;br /&gt;—Monsieur Santana, où allez-vous ? Je vais manquer de pain, moi ! Vous revenez quand ? &lt;br /&gt;Une Mercedes s’arrêta à leur hauteur. L’homme au volant sortit la tête par la vitre et dévisagea le trio, particulièrement la jeune vendeuse. « Si ses miches de pain sont aussi appétissantes que sa personne… » &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le chauffeur de taxi se disait que Becky était un beau morceau&lt;/span&gt;. Pedro était pressé. Il fit asseoir Paulette, prit place à ses côtés et demanda à l’homme de démarrer. Alors il prit son élan et débita d’une traite : &lt;br /&gt;—Ça fait 38 ans que je respire la farine, 25 qu’on se retrouve tous les matins dans mon fournil. Je n’en peux plus Paulette ! Nous nous aimons depuis 27 ans et jamais je n’ai eu le courage de vivre cet amour au grand jour. Aujourd’hui, j’ai honte de moi. Je vous aime et tant pis pour le qu’en dira t’on. Il n’est pas trop tard, je veux vivre ! Nous allons voyager en train de luxe, n’importe où et nous nous marierons ! &lt;br /&gt;Pedro tenait les mains de Paulette dans les siennes. Sa voix tremblait et dans ses yeux, tout l’amour du monde se lisait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-8608218619016940698?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/8608218619016940698/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/au-four-et-au-petrin.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/8608218619016940698'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/8608218619016940698'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/au-four-et-au-petrin.html' title='Au four et au pétrin.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6930930631761363900</id><published>2010-03-27T18:23:00.000+01:00</published><updated>2010-03-27T18:24:08.296+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Double pontage.</title><content type='html'>Salut Freddy,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surpris, hein ? Et oui, c’est ton vieil oncle qui prend la plume pour t’écrire. Bah, mieux vaut tard que jamais et une fois n’est pas coutume ! Mais trêve de bons mots. Sais-tu d’où je t’écris ? De la chambre d’hôpital où mon frère (ton père, entre parenthèses) est en ce moment locataire. Et devine quoi ? Son opération du cœur s’est passée à merveille ! C’est bien simple, on ne dirait même pas qu’il a été opéré hier matin. Non, parce que si je te précise ce détail, c’est au cas où ça t’intéresserait … vu que tu n’as pas daigné prendre la moindre nouvelle … Il n’y a pas le téléphone au Canada ?  &lt;br /&gt;Pour l’instant il dort. Sa respiration est calme. Nous pensons, ta mère et moi – tu te souviens que tu as une mère ? – qu’il se remettra vite et n’encombrera ainsi pas trop longtemps les services hospitaliers toujours surchargés … &lt;br /&gt;Ce double pontage, il l’attendait depuis un moment et figure-toi que sa santé actuelle, aussi bonne qu’elle puisse être, n’a pas toujours été florissante ! On a même cru qu’il allait se retrouver à la morgue, allongé dans un tiroir en inox, le gros orteil orné d’une étiquette ! Dieu merci, nous avons échappé à ce scénario catastrophe.&lt;br /&gt; Ton père va bien. Je ne te parlerai pas de son appétit légendaire, tu le connais. Sache que l’animal a réclamé à manger à corps et à cris dès son réveil ! Il a demandé de la pâtisserie ! Une envie de sucré, a-t-il dit ! Comme une femme enceinte ! Ah, et puis du boudin aussi ! Les infirmières en sont restées interloquées. Bref, comme tu le vois, pas de soucis, il est en forme.&lt;br /&gt;Et pour toi, quoi de neuf ? Poursuis-tu toujours tes études ou as-tu fini par les rattraper ? Et côté filles, as-tu le vent en poupe, marin d’eau douce ? &lt;br /&gt;Ah, ton père se réveille, je vais donc clore ma lettre ici. Ne me fais pas attendre trop longtemps de tes nouvelles, à mon âge, tu sais … Allez, je t’embrasse, mon neveu préféré !&lt;br /&gt;      Ton oncle préféré, Lucien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonjour Tonton Lucien,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te rassure tout de suite : il y a bien le téléphone au Canada ! Même qu’il est moins cher qu’en France ! Et même que moins d’une heure après la fin de l’opération de papa, j’étais en ligne avec maman (il était 5 h du mat à Montréal : tu noteras l’effort !) Tu vois, ton neveu préféré n’a pas oublié sa famille !&lt;br /&gt;Côté filles, si je te disais que j’ai rencontré une jolie esquimaude aux yeux bridés, qui va me faire visiter l’Alaska sous peu, tu me croirais ? Non et tu aurais raison … Quelle tristesse ! Je vais finir vieux garçon si ça continue …&lt;br /&gt;Bon, il faut que je te laisse pour aller à la poursuite de mes études. A l’occasion, cher tonton, envoie-moi quelques billets, la vie est rude pour un étudiant sans le sou ! Et puis, je ne veux pas embêter mon père avec ça, il doit être en forme le mois prochain, pour les vacances d’été, nos parties de foot me manquent … &lt;br /&gt;Je te serre sur mon cœur, cher oncle préféré (le seul connu de moi !).&lt;br /&gt;Ton neveu préféré (le seul que tu aies !)&lt;br /&gt;         Frédéric.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6930930631761363900?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6930930631761363900/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/double-pontage.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6930930631761363900'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6930930631761363900'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/double-pontage.html' title='Double pontage.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-591577773098425415</id><published>2010-03-09T18:34:00.006+01:00</published><updated>2010-03-11T14:06:39.182+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>One Life Stand.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Hot Chip : chouette !&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/MNqutR1IvCw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/MNqutR1IvCw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-591577773098425415?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/591577773098425415/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/one-life-stand.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/591577773098425415'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/591577773098425415'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/one-life-stand.html' title='One Life Stand.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-7995008958329824583</id><published>2010-03-09T17:42:00.002+01:00</published><updated>2010-03-09T17:55:59.121+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>Bref, bref...</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Lamentations.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Libération" a publié jeudi dernier 4 mars, un article indiquant que de la publicité allait désormais être placardée sur le "Mur des Lamentations" à Jérusalem. L'annonce a de quoi choquer... Mais inutile de se lamenter, c'était une blague !! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Orthographe.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lu sur "Paris Première", dans l'émission "Cactus" du 7 mars : &lt;br /&gt;          &lt;span style="font-style:italic;"&gt; "La pomme de terre : pourquoi faire ?"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Faire quoi ? Que faire ? Pour qui, pour quoi ? C'est plus qu'une coquille, c'est une épine... de cactus ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Tapis... roulant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N. Sarkozy a monté un escalator au Salon de l'Agriculture, mitraillé par les photographes. Mais l'accueil du public n'a pas été à la hauteur de ses attentes : il n'y avait pas de tapis rouge ! Ben oui, c'était pas le Festival de Cannes...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-7995008958329824583?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/7995008958329824583/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/bref-bref.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7995008958329824583'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7995008958329824583'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/bref-bref.html' title='Bref, bref...'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-5469850375052960390</id><published>2010-03-05T18:52:00.000+01:00</published><updated>2010-03-05T18:53:02.412+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;air du temps.'/><title type='text'>Coucou maman !</title><content type='html'>Vous avez remarqué comme les femmes, lorsqu’elles parlent entre elles, en viennent toujours, à un moment ou à un autre, à raconter leur accouchement ? Un peu comme les hommes s’étalaient sur leurs souvenirs de bidasse du temps du défunt service militaire… &lt;br /&gt;Donc…,&lt;br /&gt;Mon fils était du genre pressé. De voir le monde probablement ou bien la tronche  de ses parents. Allez savoir ! Si on l’avait écouté, il serait né à 4 mois et demi de grossesse. Faut pas pousser quand même ! (c’est le cas de le dire…) &lt;br /&gt;Résultat pour moi : plus de trois mois allongée sur le canapé du salon, les pieds surélevés, à faire reposer « monsieur » pour qu’il ne se tire pas en douce. Avec pour seul lien social les pantins de la petite lucarne… Palpitant ! (et des livres, heureusement, c’te blague !) &lt;br /&gt;Arrive le neuvième mois et enfin l’autorisation de sortir, pour nous deux. Et oui, mais… « monsieur » Bébé n’est plus décidé ! Il boude ou quoi ? A 4 mois et demi il était prêt et maintenant il se fait prier ? C’est quoi ce travail ? (hahaha !!!) &lt;br /&gt;Là, je vous sens tendus, ne niez pas, le suspense est insoutenable. Le fiston va-t-il se décider ? Vous voulez savoir, hein ? Ben… oui. Douze jours avant la date prévue, il a daigné pointer son nez. Bonjour le monde.&lt;br /&gt;Cinq ans plus tard… c’est la petite sœur qui nous joue le même scénario. On pourrait penser qu’elle a été plus sympa, elle a attendu le sixième mois pour se manifester. Oui, ok, mais elle, c’est tout droit à l’hôpital qu’elle m’a envoyée. Pas de pitié ! Le canapé du salon n’était sans doute pas assez bien… &lt;br /&gt;Quand, deux mois plus tard et après maints petits plats diététiques concoctés par l’administration pénit… euh hospitalière, j’ai enfin réintégré la position debout, la fifille est descendue (et en ascenseur en plus !) sans tambour ni trompette, avec 24 jours d’avance ! &lt;br /&gt;Remarquez, je crois que c’est une histoire de famille. Un peu comme une tradition… Moi-même, je suis arrivée en mai alors qu’on ne m’attendait qu’en juillet. Et le papa de mes deux impatients a préféré août à septembre… Pourquoi ? Aucune idée ! Cette fameuse tradition sans doute.&lt;br /&gt;Bref, tout ça pour vous dire qu’un accouchement, c’est une véritable aventure : l’inconnu, puis la surprise, enfin la découverte. Et puis tiens, puisque je sens que ça vous intéresse (si, si, ça vous intéresse…) la prochaine fois, je vous raconte ma péridurale !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-5469850375052960390?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/5469850375052960390/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/coucou-maman.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5469850375052960390'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5469850375052960390'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/coucou-maman.html' title='Coucou maman !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6774448566950905475</id><published>2010-03-04T19:44:00.005+01:00</published><updated>2010-03-04T19:52:15.335+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>Das Modell.</title><content type='html'>Un groupe électro que j'aime beaucoup, particulièrement cette chanson... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/MHHv4u8Vomw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/MHHv4u8Vomw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6774448566950905475?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6774448566950905475/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/das-modell.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6774448566950905475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6774448566950905475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/das-modell.html' title='Das Modell.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-7165412469862894323</id><published>2010-03-04T17:57:00.002+01:00</published><updated>2011-01-26T10:33:45.531+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Desperate Househusband.</title><content type='html'>L’aube accroche des lambeaux gris à la fenêtre. Une pâle lueur découpe un carré clair sur le sol. Je me retourne dans mon lit. Encore une nuit sans sommeil. Une de plus. Je me demande ce qui est le plus dur, ne pas dormir ou trop réfléchir. Les pensées tournent en boucle sous mon crâne, accentuant chaque jour un peu plus la déchirure de mon âme. Pourquoi m’as-tu quitté ? Tu as brisé mes rêves en quelques mots tranchants comme des éclats de verre. Des myriades d’étoiles, froides comme la glace ont pris possession de mon cerveau. En rompant les vœux échangés il y a si longtemps devant monsieur le Maire, tu l’as fait exploser sans pitié, sans retour possible. Mes larmes, celles des enfants n’ont rien changé. Dépossédé de ce que j’avais de plus cher, je me morfonds, à la recherche de chimères. Oh, pauvre de moi, oublié, fatigué, trahi par celle en qui il avait déposé sa vie ! Comment pourrais-je maintenant simplement exister sans toi ? Mais je n’existe pas. Je n’existe plus. Pourquoi es-tu partie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour se lève peu à peu. J’aperçois un pan de ciel laiteux, quelques nuages plus sombres. Il va faire moche encore aujourd’hui. Je me pelotonne sous les couvertures. En tournant un peu la tête, j’aperçois sur l’étagère au dessus de mon lit, mon porte-bonheur. Une petite boite en forme de tortue. Son bois vernis luit doucement dans la semi pénombre. En Chine, la tortue est signe d’une vie longue et heureuse. Longue et heureuse… Quelle ironie ! Le bonheur s’en est allé voilà plus de six mois, quand tu m’as quitté. J’aurais dû jeter ce symbole d’un amour éternel mais un lien invisible me lie à cette boite, me lie à toi. Elle est ma vie et ma mort. Mon espoir et mon désespoir. Elle est mon remords. Mon naufrage. On dit qu’elle cache dans sa carapace tous les secrets du ciel et de la terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des mouvements derrière la cloison, des portes qui claquent, des mots murmurés, une chasse d’eau…. Il est sept heures et demie à ma pendule. Le jour s’éveille. Bientôt j’entendrai le pas de mes voisins, le grincement du bus au bas de la route, les appels dans le matin triste. Bientôt Marc frappera à ma porte. Et moi je n’aurai que l’envie de dormir, d’oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marc, son trousseau à la main arpente le couloir étroit. En enfilade comme des rangs d’oignons, les portes d’acier sont encore muettes. Le jour naissant lèche les murs de sa langue de clarté pâle. L’espace se comble de lumière blanche. Arrivé devant le lourd battant, l’avant-dernier de la file, Marc cherche la bonne clé, celle de la cellule de son détenu modèle, comme il dit. Dans le fond, il l’aime bien, ce détenu. Il en a vu défiler des prisonniers, en trente ans de carrière. Des voleurs, des tueurs, de sombres brutes, des durs de durs, mais des gosses aussi, pleurant dans la nuit en appelant leur mère. Trois erreurs judiciaires également… &lt;br /&gt; Monsieur Richard est différent. Il ne se mêle pas aux autres, il vit en marge.  Il parle à mots pesés, à mots feutrés. On dirait qu’il rêve en paroles, il hésite, raconte et se raconte et Marc, souvent, n’ose l’interrompre. Il raconte sa vie, celle d’avant, sa femme, ses enfants, le divorce… L’incompréhension aussi… Alors, un gouffre de tristesse noie son regard sombre. Il parle souvent de la Chine, où il a vécu et d’où il a ramené cette tortue porte-bonheur dont il ne se sépare jamais. Une drôle de petite boite. En bois. Marc pense qu’il lui faudrait plutôt un gri-gri de réconciliation avec lui-même, pour lutter contre sa souffrance intérieure. Au fond, Marc a pitié… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui débute le procès de monsieur Richard, on l’accuse d’avoir tué sa femme et ses enfants.  Il promet d’être long, il y a tant de zones d’ombre… L’homme va-t-il parler, expliquer, se justifier, et se libérer enfin du poids de son crime ? Si crime il y a… ce qui n’a jamais été prouvé. On n’a pas retrouvé de corps, sa famille est officiellement « disparue ». D’ailleurs, Monsieur Richard a toujours nié. Il ne supportait pas son divorce, mais il aimait toujours sa femme.  Elle l’a quitté mais il l’aimait. Et puis, il le répète souvent, les corps n’ont jamais été retrouvés.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-7165412469862894323?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/7165412469862894323/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/desperate-househusband.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7165412469862894323'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7165412469862894323'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/desperate-househusband.html' title='Desperate Househusband.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6658964463903516427</id><published>2010-03-04T12:06:00.001+01:00</published><updated>2010-03-04T12:06:48.242+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>La bonne aventure.</title><content type='html'>Il avait dit ça sur un ton sépulcral qui m’avait glacée. J’ai même cru avoir mal compris et je lui ai demandé de répéter.&lt;br /&gt;—Vous avez du poison dans le cœur, mademoiselle. » &lt;br /&gt;La même voix d’outre-tombe. A ce moment-là, j’ai maudit Charlotte. Quelle idée elle avait eu de m’entrainer au Salon de la Voyance ! Et pourquoi, gourde que j’étais, avais-je accepté ?  Je n’ai jamais cru à tous les boniments de ceux que je traite volontiers de charlatans. Ils profitent de la crédulité des gens pour faire du fric. Mais il faut croire que Charlotte a trouvé des arguments convaincants. Pas eu le temps de dire ouf que je déambulais au milieu de tentes de toile bleu marine parsemées d’étoiles et de lunes dorées. Des cartomanciennes vêtues de pagnes rouges laissant apercevoir leur nombril, des astrologues squelettiques, barbiches pointues et bras croisés sur leur maigre poitrine, d’autres qui semblaient tout droit sortis d’un film d’horreur, tous invitaient le chaland à pénétrer dans les cavernes où l’Avenir avec un grand A leur serait dévoilé. Le cliché parfait ! Charlotte, surexcitée,  pépiait comme une mitraillette à mes côtés.&lt;br /&gt;—Tu devrais y aller, je t’assure ! Il y a un fond de vérité dans leurs prédictions. Et puis 20€ c’est pas ruineux, non ? Je suis sûre que tu dépenses plus que ça en paquets de cigarettes ! &lt;br /&gt;Là, elle marquait un point… Pour avoir la paix et surtout pour qu’elle arrête son blabla d’arme à feu sur talons aiguilles, je me suis laissée pousser sous l’une des tentes. Une atmosphère lourde chargée d’encens, une pénombre épaisse, des lueurs diffuses dans un coin… je me suis demandée dans quel mauvais film j’avais atterri ! Mais plus moyen de reculer ! Des doigts maigres ont agrippé mon poignet et m’ont dirigé vers une chaise au dossier raide. Un frisson m’a parcouru l’échine. Malgré moi, l’appréhension me tenaillait. Mais qu’avais-je donc à craindre, puisque cet homme n’était qu’un charlatan ? &lt;br /&gt;Il a commencé par me tirer les cartes.&lt;br /&gt;—Tss, tss… pas très bon ! a-t-il proféré de sa voix caverneuse. Vous traversez une mauvaise passe, vous connaissez actuellement des problèmes de couple. &lt;br /&gt;Bravo ! Venir ici pour m’entendre dire ce que je sais depuis six mois ! Que Xavier et moi, ce n’est plus ça ! Fortiche le voyant ! Il a ensuite tiré une boule en verre dépoli de sous la table et l’a caressée de ses mains décharnées. C’était d’un kitsch !  L’homme semblait vouloir capter l’essence de la sphère blanche. Soudain, il a eu un mouvement de recul qui m’a fait sursauter et il a prononcé la fameuse phrase. Tremblante, je restais clouée à ma chaise sans pouvoir articuler un mot. Comment ça, du poison dans le cœur ? Ensuite, tout est allé très vite. Le mage m’a arraché mon billet de 20€ et l’a enfoncé dans sa poche. Puis il m’a fait sortir, a appelé la personne suivante et je me suis retrouvée sous les lumières crues du hall, face à Charlotte qui répétait « Alors ?  Alors ? Mais raconte, quoi !» &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ai-je repensé à cet événement presque 5 ans plus tard ? Parce que je sors demain ? Parce que mon avocat avait évoqué la fatalité, le poids d’un destin inéluctable et contraire ? Sans doute… Ma chère Charlotte, tu désirais tellement savoir si j’allais divorcer ! Et bien non. Mais sache que le mage avait raison j’en suis convaincue aujourd’hui. Ce fameux poison a fini par  déborder de mon cœur jusque dans vos verres à Xavier et à toi. Et ironie du sort, tu es maintenant à jamais auprès de lui. C’est ce que tu voulais, non ? Alors, puissiez-vous rôtir en enfer tous les deux !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6658964463903516427?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6658964463903516427/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/la-bonne-aventure.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6658964463903516427'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6658964463903516427'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/la-bonne-aventure.html' title='La bonne aventure.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-5839213914185210113</id><published>2010-03-04T11:50:00.000+01:00</published><updated>2010-03-04T11:51:47.036+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Ouverture facile.</title><content type='html'>Le vendredi matin chez nous, c’est jour de courses. Pas le PMU, hein ! Non, juste le frigo vide qui fait sa dépression hebdomadaire et demande à être renfloué. Et je ne sais pas vous, mais moi, choisir l’alimentation, la lessive et tout le reste, (les chrysanthèmes aussi, c’est la saison, il y en a plein dans mon supermarché !) je ne trouve pas ça palpitant. Mais il faut bien se nourrir ! Alors je me facilite la tâche. Les légumes surgelés font très bien l’affaire. Ils sont même plus frais que frais parce qu’ils n’ont pas traîné des jours dans les transports, des heures à Rungis et encore sur le marché pendant … longtemps. La viande, le fromage et le poisson pré-emballés, c’est très bien aussi, ça évite de faire la queue à la coupe et de se coltiner la ménagère qui ne sait pas ce qu’elle veut et qui met trois heures à choisir. Sans parler de la crémière qui s’obstine à vous couper un morceau de Roquefort gros comme un Petit Larousse alors que vous lui répétez depuis deux heures que vous n’en voulez qu’une feuille de papier Bible ! Et qui vous lorgne, en plus, d’un air sinistre ! Bref, en une heure chrono, il faut que mes courses soient bouclées, je n’ai pas que ça à faire. &lt;br /&gt;Je disais donc que je me simplifiais la vie. Et pour ça, il y a les paquets, boites et sachets à ouverture facile. Mais là, je ne sais pas si je fais bien. Parce que, en fait d’ouverture facile … Je ne me ronge pas les ongles, mais je les coupe. Pourtant, si je les gardais longs, j’arriverais sans doute mieux à soulever la languette des sachets de jambon et autres lardons allégés ! Après avoir trouvé quel angle était le bon, évidemment, parce que ce n’est pas toujours indiqué. Vous rigolez, ce serait trop facile ! Ben justement … Et les paquets de café, vous les avez déjà ouvert sans en renverser la moitié sur la table ? Et les sachets d’emmenthal râpé qui ont une petite encoche … déjà, il faut la voir l’encoche, (bon, ok, je suis un peu presbyte, mais quand même… ) et quand on tire dessus, on a de la chance si ça marche ! Même chose pour les paquets de fruits secs … Et pourtant eux aussi en ont une d’ouverture facile ! De quoi hurler !  Pour ma part, les ciseaux font mieux l’affaire. Et je ne parle même pas des boites de conserve avec le petit crochet métallique à soulever et tirer ! Une fois sur deux, le truc me reste dans la main ! En plus, ça fait mal au doigt … Non, franchement, leurs inventions ne sont pas au point à ce niveau. On dit que les cerveaux français filent à l’étranger, ben c’est confirmé… &lt;br /&gt;L’autre jour, j’ai acheté une soupe en brick. Très pratique et bonne, en plus. Ça réchauffe bien, en hiver, quand il gèle dehors. J’allais attraper mes ciseaux quand j’ai vu écrit, devinez quoi ? « ouverture facile ». Il y avait des pointillés  sur le dessus du paquet et il suffisait de tirer le long de ceux-ci pour ouvrir la brick. Prise d’une subite envie d’essayer, je repose ma paire de ciseaux et entreprend de suivre les instructions. Au début, pas de problèmes, mais voilà qu’à mi-chemin, ça bloque ! Allons bon, qu’est-ce qui se passe ? Je tire un peu plus fort : rien. Encouragée, je tire encore plus fort. D’un seul coup le morceau de carton se détache jusqu’au bout et le « potage de grand-mère » jaillit comme un geyser ! J’en ai plein les doigts et ça dégouline sur le plan de travail ! Je vous épargne le chapelet de jurons qui s’en est suivi, le nettoyage de la cuisine et mon bol de soupe amputé de la moitié de son contenu… Quand je vous disais que j’aimais me simplifier la vie !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-5839213914185210113?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/5839213914185210113/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/ouverture-facile.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5839213914185210113'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5839213914185210113'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/03/ouverture-facile.html' title='Ouverture facile.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6858471074309823668</id><published>2010-02-16T16:48:00.002+01:00</published><updated>2010-02-16T16:52:52.823+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Faire le vide.</title><content type='html'>« Ça y est, je suis dans la place et personne ne pourra m’en déloger. J’ai commencé mon œuvre et j’irai jusqu’au bout. Tel un acteur, je déboule sur scène. Mon numéro est au point. C’est toujours le même rôle et pourtant c’est chaque fois différent. Une nouvelle création mais le même plaisir. Je suis à la fois l’auteur, le metteur en scène et le comédien. Je suis le maître du jeu. Je lui donne la réplique et je lui souffle son texte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elle&lt;/span&gt; : D’où viens-tu à cette heure ? Et ne me raconte pas d’histoire, je sais quand tu mens. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il  hausse les épaules, dit qu’elle se fait des idées. Qu’il ne ment pas. Qu’il avait du boulot en retard. Que si elle continue ses jérémiades il n’aura même plus envie de rentrer. Qu’elle le fatigue et que, tiens ! Il va de ce pas se coucher. Il  se dirige vers l’escalier Mais il n’aura pas le dernier mot, elle ne lâchera pas aussi facilement. Je suis là pour l’aider.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elle&lt;/span&gt; : C’est trop facile, tu refuses le dialogue, comme à chaque fois ! Tu ne t’en tireras pas comme ça, il faut qu’on discute ! &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;« Tu veux discuter ? Discutons. Mais je t’assure qu’il n’y a rien à dire… » J’admire son sang froid. Il est fort, l’animal, mais nous sommes deux et nos arguments sont inépuisables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elle&lt;/span&gt; : Ça fait presque deux semaines que tu rentres tard tous les soirs. Tu ne me feras pas croire que c’est pour le travail ! Tu as une maitresse ! Avoue donc au lieu de me regarder sans rien dire !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sa voix est montée dans les aigus, un sanglot s’est échappé… Bien joué ma belle ! Et maintenant, on va sortir La grande scène du Trois ! Je sais mon texte sur le bout des doigts et je le lui susurre à l’oreille…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elle&lt;/span&gt; : Je ne supporterai pas que tu m’humilies de la sorte. Je ne suis pas de ces femmes soumises qui acceptent de se laisser bafouer par un macho qui perd la tête à la vue du premier jupon qui passe ! Si tu ne mets pas fin à cette liaison, je te quitte ! Je travaille moi aussi, j’ai assez d’argent pour vivre ! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il la fixe sans dire un mot, soupire et lui tend son classeur ! Je savais bien qu’il n’aurait aucun argument valable ! Il dit : c’est le dossier sur lequel je bosse en ce moment. « La réintroduction des dauphins dans leur habitat naturel ». S’il compte l’amadouer ! Mais voilà qu’elle lit, qu’elle semble hésiter. Eh, ma belle, ne baisse pas ta garde ! La scène n’est pas terminée, ne me prive pas de mon apothéose ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elle&lt;/span&gt; : Tu me jures que c’est bien vrai ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah mais non, ça ne va pas, ça ! Ce ne sont pas les paroles ! Mais qu’est-ce qu’elle fait, elle sabote la pièce ! Et l’autre gandin mielleux qui lui sourit, lui assure qu’il l’aime comme au premier jour, qu’il n’aimera jamais qu’elle… Ecoeurant ! Reprends-toi, voyons ! Ecoute ce que je te souffle !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elle&lt;/span&gt; : Mais tout de même, toutes ces soirées… et puis ta secrétaire est bien jolie…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Pas aussi jolie que toi, ma chérie ! » Voilà qu’il la prend dans ses bras et qu’elle cède, la garce ! Elle me trahit, elle ne m’écoute plus, je me sens faiblir. Elle n’a pas le droit, c’était notre duo ! Elle est convaincue par les propos de ce bellâtre, je le sens dans ma chair. Il l’a entraînée dans leur chambre, j’entends leurs soupirs. Je deviens transparent, j’ai peine à respirer. Bientôt je ne serai qu’un sentiment oublié. Ah traitresse, tu m’as volé mon heure de gloire ! Je me meurs ! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6858471074309823668?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6858471074309823668/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/faire-le-vide.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6858471074309823668'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6858471074309823668'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/faire-le-vide.html' title='Faire le vide.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-9120510757783056821</id><published>2010-02-16T16:44:00.001+01:00</published><updated>2010-02-16T16:44:52.697+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Blessure.</title><content type='html'>J’ai pleuré. De frustration autant que de chagrin. De colère autant que d’impuissance. Lorsqu’on ne peut plus agir pour faire comprendre aux autres ce que l’on ressent, on pleure. C’est tout ce qui nous reste et c’est la seule chose à faire même si ça ne sert à rien. Parce que les autres s’en fichent de nos larmes, elles ne les touchent pas, ils continuent à nous juger, impitoyablement. Sans se rendre compte qu’ils ne savent rien de nous, que ce qu’ils jugent n’est qu’une apparence, une écorce, une carapace qui tient vaille que vaille tant qu’elle le peut, mais qui à la longue, se fissure, saigne lorsqu’on la blesse. &lt;br /&gt;Malentendu, maladresse, ce ne sont que des mots qui tentent seulement de mettre une réalité sur des faits, de les faire concorder avec ce que l’esprit se représente des choses. Mais le cœur ne les entend pas. Il pleure lui aussi. Et lorsque les flots se gonflent, envahissent l’espace et menacent de déborder, lorsque l’évidence de leur inutilité  vient vous cingler le visage, lorsque la vacuité même des mots vous apparaît, il ne reste plus qu’à déposer les armes, quitter le champ de bataille. Abandonner la partie.  Et tourner la page…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-9120510757783056821?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/9120510757783056821/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/blessure.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/9120510757783056821'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/9120510757783056821'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/blessure.html' title='Blessure.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-425388470153545377</id><published>2010-02-09T19:02:00.009+01:00</published><updated>2010-03-15T11:23:08.917+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>Meet Me Halfway.</title><content type='html'>Les Black Eyed Peas... Yeah !!! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="320" height="265"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/lllNepYe2z8&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/lllNepYe2z8&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="320" height="265"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-425388470153545377?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/425388470153545377/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/uprising.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/425388470153545377'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/425388470153545377'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/uprising.html' title='Meet Me Halfway.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-5698931742340162936</id><published>2010-02-09T10:57:00.002+01:00</published><updated>2010-02-11T23:04:41.882+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Journée Portes Ouvertes.</title><content type='html'>Dès que l’homme s’était présenté à lui, Rémi avait pensé : « Qu’est-ce qu’il me veut, celui-ci ? Est-ce que je le connais ? » Mais il n’eut pas le loisir d’approfondir la question. L’homme, que l’on venait d’appeler, tourna la tête et s’éloigna. Rémi retourna à son poste d’observation. D’autres personnes arrivèrent. Des hommes, mais surtout des femmes avec des enfants. A chaque fois Rémi s’approchait, mais les gens ne lui demandaient rien. Tout au plus lui jetaient-ils un regard, un sourire. &lt;br /&gt;La matinée passa lentement. Rémi s’ennuyait. Si au moins quelqu’un venait lui parler ! Mais personne n’avait besoin de lui. Les visiteurs franchissaient l’entrée, prenaient un formulaire sur la pile installée près de la porte, et se dirigeaient vers les bâtiments. Rémi se levait avec peine et les suivait quelquefois du regard, puis revenait s’asseoir à sa place en boitant.&lt;br /&gt;Vers midi, il eut faim, mangea un peu et revint à son poste. Il sentait la fatigue, s’étira et bailla. « Une petite sieste peut-être » pensa-t-il. Il se mit à somnoler tout en surveillant l’entrée du coin de l’œil. Une douce torpeur l’envahit, engourdissant ses membres douloureux. Mais l’après-midi, les visiteurs étaient nombreux, et le sommeil de Rémi fut souvent interrompu. Il se résigna donc à rester éveillé. Pour s’occuper, il observait les gens qui entraient et sortaient. Les beaux jours étaient là, les tenues légères dominaient. Les jupes dansaient autour des jambes nues des femmes, les hommes exhibaient leurs muscles à l’orée des manches courtes. Le soleil brillait, on était bien.&lt;br /&gt;Rémi soupira. Il changea de place, se mit plus en vue. Peut-être quelqu’un allait-il l’aborder ? Mais l’après-midi s’écoula sans que personne ne vienne le voir.&lt;br /&gt;Vers le soir, l’homme qui s’était approché de lui le matin apparut dans son champ de vision. Malgré son œil qui larmoyait, le seul valide — il avait perdu l’autre dans une bagarre — il le reconnut. Il était accompagné d’une jolie jeune femme dont le parfum rappela aussitôt des souvenirs à Rémi. C’était elle qui s’était occupé de lui le jour de son arrivée. En claudiquant parce que son dos lui faisait mal, il s’avança vers elle. Il n’était plus tout jeune et le ressentait cruellement. Sa cuisse gauche était encore douloureuse. &lt;br /&gt;L’homme tenait une mallette à la main. Il regardait Rémi avec une expression indéfinissable. Il posa la mallette. Puis, l’ayant ouverte, il en sortit un flacon et une seringue. Il enfonça l’aiguille dans le bouchon et aspira le liquide transparent. Puis il la retira et tapota le réservoir en poussant légèrement le piston, pour éliminer les bulles. &lt;br /&gt;Pendant ce temps, la jeune femme avait appelé Rémi et le tenait fermement. Elle murmurait des mots apaisants.&lt;br /&gt; —Bon, vous êtes prête ? On y va, dit l’homme.&lt;br /&gt;  Leurs yeux se croisèrent. La jeune femme détourna les siens. Rémi gémit un peu au moment de la piqûre. &lt;br /&gt; —Voilà, c’est fait.&lt;br /&gt;L’homme poussa un profond soupir. Les traits tirés, le regard sombre, il ajouta, comme pour se justifier :&lt;br /&gt; —Il ne fait pas bon être un vieux chien borgne et boiteux, hein, mon Rémi ? Les maîtres ne se sont pas bousculé aujourd’hui. Et nous, on ne peut pas te garder. &lt;br /&gt;Il caressait le poil rêche du chien, qui le regardait de son œil humide. Bientôt, l’animal s’endormit. La jeune femme pleurait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-5698931742340162936?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/5698931742340162936/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/journee-portes-ouvertes.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5698931742340162936'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5698931742340162936'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/journee-portes-ouvertes.html' title='Journée Portes Ouvertes.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-5262017751243914942</id><published>2010-02-08T18:50:00.000+01:00</published><updated>2010-02-08T18:51:30.983+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>En bref...</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Nuisances sonores.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une anglaise de 48 ans vient d’être condamnée à 8 semaines de prison avec sursis pour des ébats sexuels trop bruyants. &lt;br /&gt;Ben alors, la justice britannique n’aimerait-elle donc pas la musique de chambre ? Pfff… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Les voies du seigneur… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lu sur le côté d’une camionnette d’artisan : « Entreprise Adam et fils » &lt;br /&gt;Adam a réussi à embaucher TOUS ses fils ?! C’est du piston, ça encore… Mais ça fait diminuer les chiffres du chômage…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-5262017751243914942?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/5262017751243914942/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/en-bref.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5262017751243914942'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/5262017751243914942'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/en-bref.html' title='En bref...'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6353270047474310928</id><published>2010-02-08T18:41:00.002+01:00</published><updated>2010-02-08T18:48:48.289+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;air du temps.'/><title type='text'>Babioles.</title><content type='html'>C’est drôle comme on peut garder des tas de petites babioles sans importances … Il y a quelques temps, j’ai entrepris un grand rangement sur mon bureau. J’avais accumulé tellement de choses que ça devenait indispensable. Et entre un vieux ticket de métro usagé, une note de pressing, une autre de supermarché, un papier à remplir et signer pour le collège, à rendre pour une date passée depuis longtemps et un tas d’autres paperasses inutiles, j’avais du boulot ! &lt;br /&gt;Et puis je suis tombée sur une liste de restaurants parisiens établie en vue d’une sortie avec une amie. Je me suis souvenue très nettement du temps et de la minutie que j’avais mis à rechercher tout cela sur Internet, allant jusqu’à recouper des avis de clients, pour juger de la qualité des différents établissements. Certes, mon amie n’attendait pas de ma part une telle précision et se serait contenté de quelques adresses sympas. Mais cette amitié était encore « fragile » et j’avais eu à cœur de faire les choses bien. Comme on dit : « l’amitié ça se cultive ». &lt;br /&gt;Je crois qu’il m’avait fallu une matinée entière, peut-être un peu plus, pour faire cette liste. Quelle énergie pour quelque chose qui pourrait sembler exagéré, voire futile ! &lt;br /&gt;Et puis mon amie m’avait dit que finalement, elle ne serait disponible qu’en début d’après-midi. Nous n’avions pas mangé au restaurant. Déception. Depuis, et pour des raisons dont certaines m’échappent, notre amitié s’est distendue, liquéfiée. Un embryon si vite avorté … Etait-ce vraiment de l’amitié ou juste une image que j’avais rêvée si fort que je l’avais crue vraie ? &lt;br /&gt;J’ai lu une dernière fois la feuille de papier, l’ai chiffonnée entre mes mains et, avec un pincement au cœur, l’ai jetée à la corbeille.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6353270047474310928?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6353270047474310928/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/babioles.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6353270047474310928'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6353270047474310928'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/babioles.html' title='Babioles.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-590185939245637298</id><published>2010-02-02T23:11:00.000+01:00</published><updated>2010-02-02T23:13:53.975+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>Nocturna.</title><content type='html'>Moment de poésie... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/y5xV42zuBkw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/y5xV42zuBkw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-590185939245637298?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/590185939245637298/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/nocturna.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/590185939245637298'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/590185939245637298'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/nocturna.html' title='Nocturna.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-7610622148636129958</id><published>2010-02-01T14:34:00.006+01:00</published><updated>2010-02-02T19:13:17.034+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='En avant la musique.'/><title type='text'>My Territory.</title><content type='html'>En attendant la sortie de leur prochain album (février en principe...) et pour patienter dans la bonne humeur, voici cet extrait : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/aMrNfOC-iq4&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/aMrNfOC-iq4&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-7610622148636129958?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/7610622148636129958/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/my-territory.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7610622148636129958'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7610622148636129958'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/my-territory.html' title='My Territory.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-6174090735539848423</id><published>2010-02-01T11:21:00.006+01:00</published><updated>2010-02-02T21:41:59.755+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brèves de comptoir.'/><title type='text'>Idées courtes...</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;(Au) Trou… de mémoire !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;800 000 personnes en garde à vue chaque année.&lt;br /&gt;800 000 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.&lt;br /&gt;Euh… non, ce ne sont pas les mêmes : les 800 000 premiers s’en souviennent, de leur garde à vue… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Chômage.&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la suppression de l’histoire-géographie en Terminale S, voilà que l’on parle de supprimer le chapitre sur le chômage du programme de SES pour les secondes. Question au gouvernement : « Vous pourriez pas plutôt éradiquer carrément le chômage ? Hein ? Non ? Bon… » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Fashion week. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne voit que lui en ce moment et c’est bôôôôô… ! La Femme selon Jean-Paul Gaultier est colorée, graphique, mais vaporeuse, diaphane, fragile et sexy…, elle est beeeeeelle… &lt;br /&gt;Au secours, j’ai plus rien à me mettre !!! Ah mais au fait, c’est encore les soldes… Ouf !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-6174090735539848423?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/6174090735539848423/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/idees-courtes-mais-inspirees-jespere.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6174090735539848423'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/6174090735539848423'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/02/idees-courtes-mais-inspirees-jespere.html' title='Idées courtes...'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-7666617336114470841</id><published>2010-01-26T16:14:00.002+01:00</published><updated>2010-02-02T19:07:37.472+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Ce soir, au théâtre.</title><content type='html'>Les coulisses du théâtre étaient illuminées. Un va et vient bourdonnant emplissait l’espace. Voyant la porte de la loge de Sébastien entrouverte, Philippe toqua trois fois et entra.&lt;br /&gt;—Coucou, c’est moi ! Alors, en forme ? &lt;br /&gt;—Ouais, à peu près ! Si seulement ces satanés cheveux étaient moins récalcitrants ! Mais tiens, puisque tu es là, aide-moi donc à enfiler cette maudite perruque. J’attends la costumière depuis dix minutes, mais elle est occupée avec Josy. La star fait des caprices !  &lt;br /&gt;Tant bien que mal, la perruque fût enfilée puis ajustée sur la tête de Sébastien. &lt;br /&gt;Comme il restait à peu près une heure avant l’entrée en scène, Philippe quitta son partenaire bouclé, et décida de s’offrir un café avant de rejoindre sa loge. Il mit une pièce dans la machine, l’entendit cliqueter en descendant, et bientôt, un gobelet en plastique apparut, suivi d’un bâtonnet blanc (une touillette, comme disait Sébastien !), de sucre en poudre, et d’un filet de café bouillant et mousseux. Le ronron de l’appareil se tut, et Philippe attrapa la timbale fumante. Adossé au mur, il but à petites gorgées précautionneuses le liquide trop chaud, les paupières mi-closes. Détendu, tranquille, il était bien. Il savait son texte sur le bout des doigts, il se l’était encore récité dans la voiture en venant. Il est vrai qu’au bout de cent représentations, c’était devenu un automatisme. Mais c’était toujours le même plaisir.&lt;br /&gt;Philippe était heureux. Il aimait l’ambiance des grands soirs, cette agitation de ruche qui allait bientôt s’emparer du théâtre, le pas précipité des commis, les bras chargés de robes, de costumes, de boas multicolores traînant par terre… Il aimait la séance de maquillage, même s’il devait rester immobile, guettant les changements de son reflet dans le miroir. Il aimait jusqu’à l’odeur de poussière et de vieux tissu qui flottait dans l’air, et même mieux, il aimait aussi les cris et les récriminations de Josy, qui n’était jamais contente, et engueulait tout le monde quand elle était nerveuse. Il aimait, bien sûr, l’attente derrière le rideau, ce moment suspendu, quand les murmures de la salle s’apaisent peu à peu, juste avant l’entrée en scène. Bref, le théâtre c’était sa vie, et il n’en voulait pas d’autre. &lt;br /&gt;Il rejoignait sa loge juste au moment où Agathe, la maquilleuse arrivait.&lt;br /&gt;—Oh, Monsieur Philippe, je ne suis pas en avance aujourd’hui, il va falloir faire vite. Allons-y ! &lt;br /&gt;Philippe s’installa dans le fauteuil, abandonnant son visage aux mains expertes de l’artiste. Elle commença par le masser avec une crème qu’elle étirait des joues et du menton jusqu’aux tempes. Le geste à la fois vigoureux et doux n’était pas désagréable. Philippe ferma les yeux. La maquilleuse lui redessina les sourcils au crayon noir, masqua d’un peu de poudre les menues imperfections des ailes du nez, et lui appliqua trois tâches de rousseur sur les pommettes.&lt;br /&gt;Soudain, Philippe fronça les sourcils. Machinalement, il se répétait des bouts de son texte depuis un moment. Mais, comme sur un disque rayé, toujours les mêmes répliques lui venaient à l’esprit. Il ne se souvenait de rien d’autre. « Quelle est la première phrase ? Tout à l’heure, je savais tout par cœur ! Ca va bien me revenir quand même ! »&lt;br /&gt;Mais rien ne lui revenait. Cette première réplique, la sienne de surcroît, et qui aurait entraîné la suite du texte dans son sillage, s’était volatilisée.&lt;br /&gt;Philippe faisait des efforts désespérés pour la retrouver. Il essayait d’imaginer la scène, la position de ses partenaires, leurs répliques à eux, le décor. Rien n’y faisait ! Le trou !&lt;br /&gt;L’angoisse commençait à lui serrer la gorge. « Ce n’est pas possible, pas maintenant, pas ce soir ! C’est passager. Je suis sûr que c’est passager. Voyons. Ça parle de quoi déjà ? Mais bon sang, ça parle de quoi ?? Qu’est-ce qui m’arrive ? J’ai tout oublié ! » &lt;br /&gt;Il rouvrit les yeux, et s’aperçut, l’air hagard, dans le miroir. La maquilleuse lui passait une houppette sur les joues. Concentrée sur son travail, elle fredonnait doucement.&lt;br /&gt;Philippe avala sa salive et referma les yeux. Son cœur galopait dans sa poitrine. « Du calme, tout va bien. Agathe est là, tout est comme d’habitude, c’est la centième, y’a pas de problème. Voyons, … le début … »&lt;br /&gt;Mais tout n’était pas comme d’habitude, les mots s’étaient envolés, et Philippe ne pouvait pas les rattraper. Et plus il se creusait la cervelle, moins il se souvenait. « Est-ce que c’est le trac ? Mais non, t’es débile, pas pour la centième ! Alors c’est quoi ? Perte de mémoire ? » &lt;br /&gt;En proie à l’affolement, Philippe s’agitait sur sa chaise. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Ses doigts tremblaient, et il fut pris d’une brusque nausée. Il se pencha en avant, l’estomac retourné.&lt;br /&gt;—Monsieur Philippe, ne remuez pas comme ça ! Je ne vais jamais y arriver !&lt;br /&gt;La douce, la calme Agathe, se fâchait. « Et alors, qu’est-ce que ça peut me faire si elle y arrive pas ! Est-ce que j’y arrive, moi, à me souvenir de mon texte ? !! » &lt;br /&gt;Philippe repoussa la main de la maquilleuse et se leva en chancelant.&lt;br /&gt;—Il faut que je trouve Sébastien, je ne peux pas jouer ce soir, il faut tout arrêter, oui, c’est ça, tout arrêter ! &lt;br /&gt;—Quoi ? Monsieur Philippe, mais attendez, je n’ai pas fini ! &lt;br /&gt;Philippe ne répondit pas. Il se rua sur la porte de la loge. C’est à cet instant que Sébastien passa sa perruque bouclée dans l’entrebâillement. Il eut à peine le temps de se reculer pour ne pas entrer en collision avec Philippe.&lt;br /&gt;—Eh ! Qu’est-ce qui te prend ? On a encore vingt minutes, c’est pas la peine de te précipiter comme ça ! &lt;br /&gt;—Ah, Seb, tu es là ! Il faut tout arrêter, je ne peux pas jouer ! &lt;br /&gt;—Qu’est-ce que tu racontes ? Arrêter quoi ? Dis, Philippe, tu es sûr que ça va ? &lt;br /&gt;—Mais non, ça va pas. C’est ce que je me tue à te dire ! J’ai perdu la mémoire, je ne me souviens pas de mon texte, je ne peux pas jouer ce soir ! &lt;br /&gt;Philippe, les yeux exorbités, le visage livide, avait hurlé. Au bord des larmes, il se mit à marcher de long en large en gémissant, se tordant les mains d’angoisse. Un tic nerveux lui tordait le coin de la lèvre à intervalles réguliers. Tout son corps tremblait.&lt;br /&gt;Sébastien, interloqué, le regardait.&lt;br /&gt;—Tu as oublié ton texte ? Mais ça arrive à tout le monde, ce doit être un peu de trac, ça va aller, pourquoi tu t’affoles comme ça ? &lt;br /&gt;Il jeta un coup d’œil à Agathe, qui, la houpette à la main, écarta les bras en signe d’impuissance.&lt;br /&gt;—Mais non, c’est pas juste un peu de trac. Je vous dis que j’ai perdu la mémoire ! Vous comprenez rien de rien ! J’ai per-du la mé-moi-re ! Il faut annuler la représentation ! &lt;br /&gt;La voix de Philippe était montée dans les aigus et la sueur lui dégoulinait le long des tempes. Au bord du malaise, il s’assit par terre et appuya sa tête au mur.&lt;br /&gt;Sébastien s’accroupit face à lui.&lt;br /&gt;—Ecoute, vieux, tu sais bien qu’on n’annule pas une représentation théâtrale comme ça ! Ceci dit, tu m’as l’air bien mal en point. Tu paniques, là, et tu te déclenches des malaises. Alors tu vas te détendre, te calmer, et tout va rentrer dans l’ordre, d’accord ? &lt;br /&gt;Puis, se tournant vers la maquilleuse :&lt;br /&gt;—Agathe, vous pouvez aller chercher une serviette humide, et un calmant avec un verre d’eau, s’il vous plaît ? &lt;br /&gt;Un quart d’heure plus tard, le cachet commençait à agir. Philippe, plus calme se laissait faire par Agathe, qui lui avait appliqué la serviette sur le front.&lt;br /&gt;Sébastien consulta sa montre.&lt;br /&gt;—Bon, faut y aller. Du courage, t’es un pro, oui ou non ? &lt;br /&gt;Et, attrapant Philippe sous un bras, il l’aida à se mettre debout.&lt;br /&gt;Certes, Philippe était un pro, mais il n’était pas sûr, dans son for intérieur, que tout allait bien se passer. C’était sans doute une grosse erreur que de jouer ce soir. Bien sûr, il se sentait mieux. Le calmant l’avait apaisé, il ne tremblait plus, et cette affreuse nausée avait disparu. Mais son texte ? Ce n’était pas pour autant qu’il s’en souvenait ! Il n’osait même pas essayer d’en ramener les phrases à la surface de sa mémoire, de peur de constater l’horrible vide qu’il pressentait. Si en scène, les choses se passaient mal, ce serait la catastrophe. Est-ce que Seb en était conscient ? Il n’eut pas à lui poser la question. Déjà, son ami l’entraînait à travers les couloirs. Il se retrouva face à la lourde tenture rouge. L’angoisse un instant dissipée réapparut. Il sentait à nouveau la nausée monter en lui. C’est ce moment que Sébastien choisit, dès l’ouverture des rideaux, pour le précipiter sur la scène, d’une franche poussée dans le dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*********&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe se réveilla en sursaut, en poussant un cri.&lt;br /&gt;—Monsieur Philippe ! Vous avez bougé ! Regardez-moi ça, j’ai débordé ! Va falloir que je recommence ! &lt;br /&gt;Agathe était furieuse. Le trait rose qui devait souligner l’ourlet de la lèvre inférieure de Philippe, zigzaguait jusqu’au menton. Agathe jeta le crayon sur la coiffeuse, et à l’aide d’une petite éponge, entreprit de réparer les dégâts.&lt;br /&gt;Philippe, la bouche ouverte, fixait le miroir d’un air hébété. On aurait dit qu’il cherchait à détailler chaque geste de la maquilleuse, ou qu’il la voyait pour la première fois. &lt;br /&gt;—Où suis-je ? &lt;br /&gt;Il tourna la tête et regarda autour de lui. C’était sa loge, familière, inchangée, avec le poster de Louis Jouvet au dessus du canapé. &lt;br /&gt;—Monsieur Philippe, s’il vous plaît, vous voulez bien rester tranquille ? &lt;br /&gt;Il reconnut la voix excédée de la maquilleuse.&lt;br /&gt;—Agathe, quel jour sommes-nous ? &lt;br /&gt;Agathe ouvrit des yeux ronds.&lt;br /&gt;—Ben, vendredi 28 ! Oh là là, ça ne vous réussit pas de vous endormir au milieu du maquillage. On dirait que vous revenez de la planète Mars ! &lt;br /&gt;Philippe soupira. Il reprenait peu à peu ses esprits. Agathe en avait terminé avec les dernières retouches. Elle recula, scruta le visage de Philippe, puis satisfaite, hocha la tête en souriant.&lt;br /&gt;—C’est bon, vous êtes fin prêt ! &lt;br /&gt;On frappa à la porte, et la perruque de Sébastien apparut.&lt;br /&gt;—Allez, allez, on se dépêche, plus que vingt minutes ! &lt;br /&gt;Un goût amer de déjà-vu submergea Philippe.&lt;br /&gt;—Dis, Seb, ça t’arrive de … enfin, de … &lt;br /&gt;La phrase resta en suspens.&lt;br /&gt;—De quoi ? T’en fais une tête !! &lt;br /&gt;Philippe s’ébroua, et de la main, sembla chasser une mouche.&lt;br /&gt;—Oh rien, laisse tomber !&lt;br /&gt;Une drôle d’impression, un doute diffus le tenaillaient, et c’est la gorge nouée, un poids sur la poitrine, qu’il suivit Sébastien jusqu’à la scène. Le trac, un trac incontrôlable venait de lui tomber dessus ! Un trac de débutant, au bout de toutes ces années ! Il se souvint de la toute première fois, quand, le cœur battant et les mains moites, il avait fait son entrée devant le public. Et aujourd’hui, c’était comme cette première fois. Il se retrouvait derrière le rideau, les trois coups martelant ses tempes et titillant ses nerfs, la tête vide et pourtant si pleine. A grand renfort de prières intérieures, il espéra un miracle. Et le miracle vint, comme toujours. Dès que le rideau s’ouvrit et que les applaudissements crépitèrent, Philippe s’avança sur la scène et déclama son texte sans aucune difficulté. Les mots coulaient, libres, vrais, vivants. Philippe jouait. Philippe vivait. Et ce soir-là, une fois de plus, le public jubila.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-7666617336114470841?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/7666617336114470841/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/ce-soir-au-theatre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7666617336114470841'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7666617336114470841'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/ce-soir-au-theatre.html' title='Ce soir, au théâtre.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-1122981137557877847</id><published>2010-01-26T00:38:00.003+01:00</published><updated>2010-02-02T19:08:35.449+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Un crime quelconque.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Texte paru dans le n° 13 de la revue "Pr'Ose" (printemps 2009)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—C’est fini, princesse.&lt;br /&gt;La panique de Léa reflua à l’instant même où elle l’entendit. La clef tourna dans la serrure et la porte s’ouvrit. Léa ferma les yeux, éblouie par la lumière crue qui se déversa dans la pièce. Elle perçut le glissement des pantoufles sur le parquet et bientôt une main attrapa la sienne.&lt;br /&gt;—Tu peux sortir maintenant. Ta punition est levée. Et que ça te serve de leçon. &lt;br /&gt;La fillette ouvrit peu à peu les yeux. Son père se tenait devant elle, sur le seuil. Elle se rappela soudain le poème de Victor Hugo : « Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir, pour un crime quelconque … ». &lt;br /&gt;—Tu vois ce qui arrive aux petites filles désobéissantes, alors ne recommence plus.&lt;br /&gt;L’enfant baissa la tête. Son cœur cognait dans sa poitrine. &lt;br /&gt;—Allez, c’est fini maintenant. Viens faire un bisou à papa. &lt;br /&gt;Son père s’approcha, lui releva le menton et se pencha vers elle. Léa sentait son haleine tiède sur son visage. Et aussi la senteur sucrée de son eau de toilette. Elle déposa un baiser rapide sur la joue tendue et esquissa un sourire. &lt;br /&gt;—Là, c’est bien, princesse. Maintenant, va faire tes devoirs. &lt;br /&gt;Léa sentit le nœud dans son estomac se desserrer un peu. Elle se dirigea vers l’escalier, agrippa la rampe et monta. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léa détestait le papier peint de sa chambre. Une tapisserie de bébé. Ces ridicules nounours roses qui dansaient, le sourire figé, elle aurait voulu les voir disparaître à tout jamais. Quand elle fermait les yeux le soir, elle voyait encore et encore leur regard joyeux qui la contemplait et la poursuivait jusque dans ses rêves. Pour ne plus se sentir observée, elle avait arraché la moitié d’un lé, hier et maman s’était fâchée. &lt;br /&gt;—Tu fatigues ta mère, Léa. Tu es une méchante petite fille. &lt;br /&gt;L’enfant avait serré les dents sous la fessée paternelle. Pas une larme n’avait mouillé le petit visage crispé. « Léa, méchante. Léa, méchante, se répétait-elle, les muscles douloureux. » Elle savait qu’il ne fallait pas fatiguer maman. Maman, souvent couchée à cause de sa maladie. Maman … &lt;br /&gt;A cette pensée, la crampe à l’estomac se fit plus intense. Léa, la gorge contractée à en avoir mal, réprima un sanglot. Elle referma le cahier ouvert sur son bureau et se leva. Un frisson la parcourut. Elle alla se rouler en boule sur le tapis. Les ombres du soir envahissaient la chambre sous les toits mais la fillette ne les voyait pas. Elle s’était endormie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grincement discret la réveilla. Les yeux grands ouverts sur l’obscurité, elle attendait. Les genoux remontés jusqu’au menton, les bras repliés sur la poitrine, elle ne bougeait pas. Seule sa respiration heurtée semblait emplir la chambre de bruit. Léa pensait : « Si je reste immobile comme ça, je vais peut-être disparaître. » Elle souhaita se dissoudre dans le tapis.&lt;br /&gt;Un glissement de pantoufles sur le parquet. Des effluves sucrées dans l’air. La fillette sursauta. La peur, comme la marée qui galope à toute allure pour recouvrir le sable, reflua en elle. &lt;br /&gt;—Ma princesse … Où elle est ma petite princesse qui va être gentille avec son papa ? &lt;br /&gt;La voix chuchotait, basse, insistante. &lt;br /&gt;« Non, papa ! Non ! » Léa crispa les poings et avant de fermer très fort les yeux, elle entendit la fermeture éclair du pantalon glisser lentement. Derrière ses paupières closes, elle voyait le sourire des nounours. &lt;br /&gt;En bas, maman dormait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-1122981137557877847?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/1122981137557877847/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/un-crime-quelconque.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1122981137557877847'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1122981137557877847'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/un-crime-quelconque.html' title='Un crime quelconque.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3508522799076394120</id><published>2010-01-21T16:37:00.002+01:00</published><updated>2010-01-21T17:58:59.450+01:00</updated><title type='text'>La lampe.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Texte paru dans la revue "Ecrire Magazine" n° 90 de janvier 2006.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens, enfant, de la fascination que j’avais pour notre lampe à pétrole. Son pied en marbre veiné de rose et de gris, reposait sur un large socle en bronze, ciselé comme une légère dentelle. Le réservoir, creusé de fins sillons, était légèrement bombé sur le dessus. Quant au verre de lampe, dont le long col transparent s’opposait à la verrine arrondie, j’aimais ses reflets rubis qui dansaient, chatoyants, lorsque la flamme était allumée. &lt;br /&gt;Les soirs d’orage, lorsqu’une panne d’électricité survenait, mon père distribuait les rôles : &lt;br /&gt;—Jeanne, va chercher la bouteille de pétrole. Clément, les allumettes et la torche électrique !&lt;br /&gt;Ma mère et moi, nous allions à tâtons dans l’obscurité, les mains en avant, les yeux grands ouverts dans le noir, nous cognant parfois aux meubles, et nous revenions avec notre butin, ombres tremblantes sur les murs du couloir. C’est alors que le rituel commençait. Mon père me demandait de diriger la torche sur la lampe à pétrole. Puis il retirait le verre de lampe, prenait la bouteille de pétrole, et en  versait tout doucement, d’un geste lent et précis, pour ne pas en renverser, dans le réservoir. Il réglait alors la hauteur de la mèche avec la molette, et grattait une allumette qu’il approchait du bout cotonneux. La flamme surgissait, encore faible et vacillante, et mon père replaçait le verre de lampe sur la grille de la galerie. Seulement alors, la flamme se redressait, jaune et bleue, et jetait tout son éclat dans la pièce. J’étais fasciné par cette petite lueur, et je la fixais longuement, jusqu’à ce que les yeux me piquent. Seul un halo lumineux éclairait la table. Les coins de la pièce étaient plongés dans une pénombre incertaine, mystérieuse. Mon père, ma mère et moi, rassemblés dans le cercle de lumière, bavardions à voix douce et lente, comme si nous avions peur de réveiller quelqu’un. Nos silhouettes se dessinaient sur les murs, agrandies, déformées. Elles donnaient souvent lieu à des jeux d’ombres chinoises, domaine dans lequel mon père excellait. &lt;br /&gt; J’aimais ces soirées un peu à part, où le contour des choses tremblotait dans un flou doré, comme doué de vie. Quelquefois, nous lisions, et seul le tic-tac de l’horloge rompait le silence. Les reflets rouges de la verrine dansaient sur la nappe, et le mystère qu’ils engendraient, alimentait mon imagination déjà fertile. De temps en temps, je levais les yeux de mon livre, et observais les ombres projetées au mur. J’y voyais tantôt des monstres, tantôt des fantômes, tantôt des animaux fabuleux. J’aurais aimé que plus souvent l’orage nous privât d’électricité, afin de recréer encore et encore la magie de la lampe à pétrole. &lt;br /&gt; Mais au bout d’un moment, la pluie cessait, les coups de tonnerre s’éloignaient, les éclairs s’éteignaient, et le salon se rallumait. On entendait un déclic, puis un faible bourdonnement. La télévision reprenait du service. En même temps venait le ronronnement du moteur du réfrigérateur qui se remettait en marche. Mon père éteignait la lampe à pétrole, mais ne la rangeait pas tout de suite, au cas où une nouvelle panne surviendrait, ce qui arrivait quelquefois, à ma plus grande joie. &lt;br /&gt;Il nous est même arrivé de devoir monter nous coucher alors que le courant n’était pas encore rétabli. Mon père, marchant en tête, la lampe à la main, nous éclairait dans l’escalier. Il m’accompagnait dans le rituel du coucher, m’éclairant du faible halo jaune, puis, m’ayant souhaité une bonne nuit, emportait la lampe, me livrant à l’obscurité et à mes rêves. &lt;br /&gt;Ces soirs-là, j’avais l’impression de vivre au siècle dernier, et je m’imaginais un quotidien romanesque, fait de chandeliers scintillants portant des bougies colorées, de costumes chamarrés, de duels au champ d’honneur, de perruques et de voitures tirées par de magnifiques chevaux blancs. J’étais un marquis, ou mieux, un duc, ou pourquoi pas, un Prince. On m’appelait « Monsieur », j’avais des serviteurs, et je m’endormais, bercé par l’orage, rêvant au destin fabuleux qui m’attendait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3508522799076394120?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3508522799076394120/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/la-lampe.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3508522799076394120'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3508522799076394120'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/la-lampe.html' title='La lampe.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-2701998814265759223</id><published>2010-01-19T12:10:00.002+01:00</published><updated>2011-01-26T10:45:55.465+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Belle-maman.</title><content type='html'>—Cette soupe n’est pas assez chaude, ma fille. Veuillez la faire réchauffer. Et pas au micro-ondes, je n’aime pas le goût que cela donne. &lt;br /&gt;« Le goût que ça donne ? On aura tout entendu. Comme si les ondes donnaient un goût aux aliments. Et si t’allais te la faire réchauffer toi-même, vieille bique ? »&lt;br /&gt;Malgré la rage qui bouillonne dans ses veines, Magalie prend l’assiette sans un mot et l’amène à la cuisine. Ses mains tremblent. Magalie en a marre des ordres de cette vieille sorcière. Magalie n’en peut plus de la tyrannie de cette fée Carabosse. Magalie en a soupé de la soupe à la grimace que l’aïeule irascible leur sert tous les jours que Dieu fait. Je le sais, Magalie c’est moi. Et si elle s’écoutait, Magalie, elle la lui fourrerait quand même au micro-ondes, sa soupe à la vieille. Même pas sûre qu’elle ferait la différence, la ronchonneuse ! Mais Magalie, elle est lâche, elle préfère encore faire le dos rond. Alors, elle prend une casserole, y verse la soupe et la pose sur le gaz. Quand les premières volutes de vapeurs s’élèvent, elle la retire, la sert à nouveau et l’emporte avec elle.&lt;br /&gt; Je me dégoûte quelquefois. Jamais je n’ai osé m’opposer à la Reine Mère. Par crainte, évidemment, elle est rude la bougresse ! Mais aussi par calcul. Quand on vit aux crochets de sa belle-famille, qu’on dépend d’elle financièrement, on a tout intérêt à accepter la règle du jeu qu’on nous impose. Faire profil bas pour les retombées financières, c’était ma ligne de conduite. Et puis au début, il y avait beau-papa, Jacques. Le gentil, le doux Jacques. Le joyeux, fantasque quelquefois… Par respect pour lui, par tendresse aussi, je crois, je me retenais de contrarier sa femme. Mais Jacques est décédé voilà deux ans. Deux ans que la joie de vivre a déserté cette maison. Deux ans que je supporte de plus en plus mal ma belle-mère. Deux ans que je me censure pour ne pas faire éclater la famille, pour éviter les conflits. Mais surtout pour que l’héritage ne nous passe pas sous le nez, à vrai dire ! &lt;br /&gt;—Tenez, Belle-Maman, j’espère qu’elle sera à votre goût, maintenant. &lt;br /&gt;Un sourire humble accompagne les paroles forcées. Toujours un sourire humble. Mais la belle-mère n’en a cure. Elle détache son regard noir de mon visage et sans un merci, elle entreprend de manger sa soupe. &lt;br /&gt;Je me suis rassise à ma place, ravalant ma rancœur. Pierre et les enfants ne disent mot. Seuls le tintement des cuillères sur la porcelaine et le léger chuintement de la déglutition rompent le silence. Un instant plus tard, Belle-Maman reprend la parole : &lt;br /&gt;—Pierre, avez-vous pensé à contacter l’entrepreneur pour la livraison du bois, comme  je vous l’avais demandé ? &lt;br /&gt;—Oui mère. Il viendra la semaine prochaine. &lt;br /&gt;« Oui, mère. Entendu, mère. Mais bien sûr, mère. » Pierre n’a plus d’autre vocabulaire. Il n’a plus rien, d’ailleurs, ni volonté ni envie… Pourtant quand je l’ai connu, des couilles il en avait ! Et il s’en servait, au sens propre comme au sens figuré… Sa mère a pris l’ascendant au fil du temps, sans même qu’il s’en rende compte et le jeune homme fougueux et idéaliste pour lequel j’avais eu le coup de foudre a disparu. Il est devenu ce fantôme désabusé, soumis, qui ne fait peur à personne… Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir épousé un pleutre doublé d’un eunuque… Mais puis-je lui en vouloir ? Moi-même, qu’est-ce que je fais de mieux ? &lt;br /&gt;Le silence se réinstalle. Puis la vieille femme approche son assiette du plat et se sert du gratin de pâtes au jambon. &lt;br /&gt;—J’espère qu’elles ne seront pas trop salées, comme la dernière fois et que vous avez bien pris du jambon charcutier. &lt;br /&gt;—Oui, mère. « C’est pas vrai, je l’ai acheté au supermarché, en sachet. Je fais toujours ça et la vieille ne s’en rend jamais compte. Parce que c’est pas avec ce qu’elle nous donne comme fric que je vais acheter chez le traiteur.  Mais qu’est-ce qu’elle croit ? »&lt;br /&gt;Soudain, je sursaute. La fourchette de ma belle-mère vient de résonner contre son verre. Tout le monde lève la tête.&lt;br /&gt;—Ces macaronis sont trop cuits. « Al dente », c’est comme cela que les pâtes doivent être ! Mais à quoi pensez-vous donc, ma fille ? Décidément, vous ne saurez jamais cuisiner. Mon fils n’a pas tiré le bon numéro avec vous. Vous n’êtes pas bonne à grand-chose, ma pauvre petite. &lt;br /&gt;Je manque m’étrangler ! Le ton est si méprisant que je me sens  rougir violemment. Une bouffée de colère m’envahit. « De quel droit cette vieille folle se permet-elle de m’humilier ? C’est pas parce qu’on vit sous son toit et qu’elle nous entretient que ça lui donne le droit de me parler ainsi, non ? Et puis pourquoi s’obstine-t-elle à m’appeler « sa fille » ? Non, non et non, je ne suis pas sa fille, je ne serai jamais sa fille !! Et Pierre, pourquoi ne dit-il rien ? »&lt;br /&gt;J’ai soudain envie de pleurer. Autant de colère que de frustration. Pierre, pourquoi me laisses-tu insulter ?  Non, je ne ferai pas la joie de mes larmes à cette ogresse, plutôt crever ! Je me lève et remporte le plat à la cuisine. Les vannes s’ouvrent soudain, libérant les sanglots qui me soulagent un peu. Mais il faut que je serve le dessert, une compote de pommes « maison ». Les ramequins en faïence bleue feront l’affaire, disposés sur le plateau fleuri de myosotis peints à la main. Le plateau offert à Belle-Maman pour ses soixante dix ans, l’été dernier. Quand je pense qu’elle nous a reproché cette « dépense inutile » ! Un cadeau ! Même pas un merci.&lt;br /&gt;J’ai vaguement l’impression d’oublier quelque chose. Les petites cuillères ! Elle me rendra folle cette vieille, si ce n’est déjà le cas ! Au moment de retourner à la salle à manger, une idée, inimaginable, me traverse l’esprit. J’en ai le souffle coupé ! Comment ai-je pu penser une seule seconde que… Un léger vertige me saisit, je me retiens à la table. C’est ça, je deviens folle !  Le chagrin m’égare… Soudain, une vague brutale, violente déferle sur mes sens, une joie sauvage, effrayante me bouleverse et m’inonde de bonheur. Les larmes sont séchées, la tristesse envolée. Pourquoi n’y ai-je pas songé avant ? Elle est pourtant bien là, la solution ! Le souffle court, étourdie par mon projet,  je me dirige vers le cellier. Je n’ai pas à chercher bien longtemps, la belle-doche a tellement peur des souris qu’elle laisse le raticide à portée de mains !  Une bonne quantité de poudre dans son ramequin et le tour est joué ! J’ai à peine tremblé…. Surtout, bien remuer pour qu’elle ne voie rien… Ranger la boite à sa place, ni vu ni connu. A cet instant, une voix aigre, impérieuse exige :&lt;br /&gt;—Alors, ma fille, il vient ce dessert ?&lt;br /&gt;—Oui, Belle-Maman, j’arrive. Cette fois, vous n’allez pas être déçue.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-2701998814265759223?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/2701998814265759223/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/belle-maman.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/2701998814265759223'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/2701998814265759223'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/belle-maman.html' title='Belle-maman.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3279130918556672732</id><published>2010-01-13T18:11:00.001+01:00</published><updated>2010-02-02T19:09:59.889+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Journal des jours de peur.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Texte lauréat du concours de la Compagnie du Barrage, janvier 2009.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assise sur un banc de pierre à l'ombre des grands arbres, la jeune fille attend. L'air chaud embaume. Une légère poussière dorée s'est étendue sur les pétales rouges des fleurs du bord de l'allée. Tout est calme. L'agitation de la rue ne parvient pas jusqu'au petit jardin isolé. &lt;br /&gt; La jeune fille a maquillé ses joues de poudre veloutée. Elle a mis sa plus belle robe. Bientôt ce sera l'heure du thé. Mais elle n'y pense pas. Son regard n'est plus là. Il est loin, bien loin derrière les feuillages agités par le vent. Plus loin que le jardin calme et les bruits de la ville. Elle attend. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;10ème jour de détention.&lt;br /&gt; C'est un miracle si j'ai pu me procurer ce bout de crayon et ces feuilles. Contre les quelques cigarettes trouvées au fond de ma poche, le gardien m'a apporté ce calepin entamé. Ce n’est pas grand-chose mais je vais pouvoir tenir un semblant de journal. Je dois être prudent, ne pas dévoiler à qui que ce soit que je possède de quoi écrire. Si on le découvre, je serai battu et on me confisquera tout. Il ne le faut pas, je dois témoigner de ce qui se passe chez nous, en Birmanie.&lt;br /&gt; Après la manifestation du 23 septembre, mes compagnons et moi avons été pris dans une rafle. Les yeux bandés, les pieds et les mains enchaînés, allongés à même le sol dur d'une camionnette, ballottés au gré des virages, nous ne savons pas où on nous a amenés. Sommes-nous toujours à Rangoon ? Ces affreuses cellules aux murs suintant d'humidité et de crasse, équipées de paillasses sommaires sur lesquelles on nous a jetés, sont désormais notre demeure. Si les gardiens nous ont retiré nos bandeaux et les fers de nos poignets, ceux de nos pieds continuent à nous entraver, raclant de sinistre façon le sol bétonné à chacun de nos déplacements. Mes chevilles ont enflé autour de la chair entaillée par le frottement du métal. J'ai mal mais ici on ne peut pas avoir le moindre soin. Même pour les plaies purulentes d'un de mes compagnons d'infortune ! Il gémit de douleur et croit devenir fou. C'est intolérable ! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La jeune fille fardée marche dans la rue. Autour d'elle, Rangoon s'agite : klaxons des véhicules encombrant la chaussée, sonnettes des bicyclettes, cris de la foule dense. Elle s'arrête un instant, regarde autour d'elle, semble chercher son chemin. Un groupe de jeunes bonzes pressés la croise. Elle les salue puis dirige ses pas vers l'artère principale, vers le grand bâtiment là-bas, but de sa destination. Un immeuble tout en longueur, gris et froid, percé d'étroites fenêtres à barreaux : la prison. Des militaires armés en gardent l'entrée. Elle s'approche, tente de parlementer. Elle veut savoir si son frère est là, si c'est bien là qu'on l'a amené. Mais les soldats sont inflexibles, ils ne veulent rien dire et la renvoient brutalement, la poussant du plat de leurs fusils.&lt;br /&gt; "Circulez, circulez !"&lt;br /&gt; Elle traverse la rue encombrée, se retourne et contemple le bâtiment. Est-il là ? Comment savoir ? Elle reviendra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;13ème jour de détention.&lt;br /&gt; Cette nuit des soldats sont venus me chercher pour m'interroger. Ils m'ont fait entrer dans une pièce violemment éclairée et n'ont cessé de me questionner pendant des heures : "Appartiens-tu au mouvement dissident ? Qui est ton chef ? Qui sont les membres ? " Ils m'ont frappé à plusieurs reprises, m'ont menacé de mort si je ne dénonçais pas mes amis. Malgré les coups, je n'ai rien dit. Au petit matin, ils m'ont ramené à ma cellule mais je n'ai pas pu dormir. La douleur et les cris des autres détenus m'en ont empêché. Je suis épuisé. Ils m’ont ouvert l’arcade sourcilière. J’ai mal. Le sang séché forme une croûte. Pour me punir ils ne m'ont pas apporté à manger. Ils nous nourrissent déjà si peu ! J'ai constamment faim. &lt;br /&gt; Certains ici sont là depuis des mois. Maigres, affaiblis par les privations et les mauvais traitements. J'ai toujours mes fers aux pieds. Mes plaies se sont refermées, ne se sont pas infectées, j'ai de la chance. Ces fers, c'est pour nous distinguer des autres, nous, les prisonniers politiques. &lt;br /&gt; Le bruit court que des exécutions ont eu lieu, sans procès préalable. Est-ce vrai ? Est-ce que ce sont  mes camarades du parti ? Aucun moyen de le savoir. &lt;br /&gt; Nous sommes plusieurs à avoir réclamé un avocat. On nous a ri au nez. Cette prison est un lieu de non-droit. On nous interdit les visites, on nous humilie en permanence, on nous frappe. Pourrais-je supporter cela encore longtemps ? Je suis si fatigué ! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;15ème jour de détention.&lt;br /&gt; L'infâme brouet qu'on nous a servi en guise de soupe était aigre. Malgré la faim qui me tourmente, je n'ai pas pu l'avaler. Je n'ai plus de cigarettes à échanger contre un morceau de pain. Hier, un vieillard s'est fait agresser pour quelques biscuits secs. Il a une plaie ouverte à la tête. Personne n'est venu le voir. Depuis l'attaque, assis par terre, il se balance d'avant en arrière en gémissant, comme un enfant fou ou comme une bête en cage. Et n'est-ce pas ce que nous sommes, des bêtes ? Aucune humanité ici, rien que la violence et l'ombre de la mort. &lt;br /&gt; J'ai trouvé une cachette pour mon cahier et mon crayon. Derrière ma paillasse s'ouvre la bouche d'aération, fermée par une grille. J'y ai glissé mon précieux calepin mais je monte quand même la garde. Je me méfie de tous. &lt;br /&gt; Depuis quelques temps je pense beaucoup à ma sœur. Elle a assisté à mon arrestation mais elle ne sait pas où je suis détenu. Et je n'ai pas le moyen de le lui faire savoir.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Des amis sont venus. Sur la table installée sous les arbres, le thé exhale ses senteurs fleuries. Un assortiment de biscuits s'offre aux invités. La jeune fille sourit à tous, répond aimablement, hoche la tête mais son esprit est ailleurs. Il est sur le chemin de poussière où quinze jours plus tôt les soldats ont fait irruption, les armes à la main. Ils ont bouclé la petite impasse et ont envahi les maisonnettes alentour, entraînant de force tous les jeunes gens, encore des adolescents. Les chars au bout de la ruelle montaient la garde. Son frère a été emmené avec les autres. Où est-il maintenant ? &lt;br /&gt;   On discute, on commente, on questionne. Quelqu'un suggère de se renseigner dans toutes les prisons du canton. Mais sait-on seulement s'il n'est pas détenu encore plus loin ? Et puis les gardiens ne veulent rien dire. Les anciens prisonniers ne peuvent que répéter ce qu'on leur disait lorsque, les yeux bandés, on les emportait vers l'enfer : "Destination inconnue."&lt;br /&gt;   La jeune fille ne peut qu'attendre d'hypothétiques nouvelles. Ses doigts tremblent un peu en servant le liquide ambré. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style="font-style:italic;"&gt;18ème jour de détention.&lt;br /&gt;   J'ai dû retirer mon cahier de sa cachette. Des rats ont élu domicile dans l'espace derrière la grille et ont commencé à grignoter les pages. Je n'ai pas d'endroit sûr, les autres m'espionnent sans cesse. Je ne supporte pas leur regard. Les bagarres entre détenus se multiplient. Pour un bout de pain. Pour un mot de travers. Moi-même je me suis battu pour un morceau de lard. Voilà où nous en sommes réduits. &lt;br /&gt;   Le vieillard agressé qui gémissait comme une bête est mort cette nuit. De faim. De douleur et de peur. De solitude, aussi. Le trou béant sur son front, rouge et tuméfié, ne s'est jamais refermé. Le trou dans son cœur fatigué non plus. Et moi je ne peux que verser des larmes amères face à la cruauté humaine.&lt;br /&gt;   Depuis ce matin, il pleut. J'aperçois les filets d'eau qui dégoulinent derrière les vitres sales. Moi aussi, je suis sale. La peau me démange, mes cheveux trop longs se collent en plaques dans mon cou. J'aurais besoin d'une douche. J'aurais envie d'une douche. J'imagine la senteur parfumée de la savonnette … Mais ici, tout n'est que crasse et puanteur. L'odeur des excréments et de la saleté s'insinue partout. Celle, angoissante, de la mort, aussi. Le vieillard gît toujours sur le sol de la cellule. Personne n'est venu le chercher.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt; 25ème jour de détention.&lt;br /&gt;   Je n'ai pas pu écrire dans mon cahier depuis sept jours. Ils m'épient, tout le monde m'épie … &lt;br /&gt;   Ils m'ont encore interrogé. Ils m'ont frappé et frappé jusqu'à ce que je m'évanouisse. Ils hurlaient, réclamaient des noms. Mes paupières gonflées ne pouvaient plus se soulever, les hématomes sur mes joues ont éclaté, inondant de sang chaud mon visage. Puis ils m'ont jeté à terre, tordu le bras dans le dos. Je crois qu'ils me l'ont cassé. Mes doigts ont doublé de volume, je peux à peine tenir mon crayon. La douleur lancinante qui irradie du poignet jusqu'à l'épaule m'arrache des gémissements. Parfois, c'est fulgurant, comme un coup d'épée et je suis alors au bord de la syncope. Mais il faut que je témoigne, il le faut. Je ne peux pas ne plus écrire … &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Dans les rues, les militaires se sont multipliés comme par magie. La nuit commence à tomber. Bientôt, les sirènes du couvre-feu retentiront. Il faut qu'elle se dépêche. Qu'elle rentre. Pourtant, la jeune fille est encore là, sur le trottoir face à la prison. Elle sait que son frère est là, à la maison d'arrêt de Rangoon. Elle a cherché longtemps, a soudoyé un gardien qui a fini par consulter sa liste. Le nom de son frère y était. Il le lui a affirmé. Et l'espoir, soudain, comme une vague bienfaisante sur la grève asséchée, renaît dans son cœur. "Ne t'en fais pas, petit frère, je vais tout tenter pour te sortir de là !"&lt;br /&gt;   Lorsque résonne la première sonnerie, la jeune fille court à pas légers sur le bitume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt; 30ème jour de détention.&lt;br /&gt;   Un mois que je suis là, les fers toujours aux pieds. Peu à peu, comme les autres, je perds mon humanité. Nous nous espionnons les uns les autres. Nous nous battons pour un croûton sec, pour une gorgée d'eau croupie. Comme eux je gémis la nuit, je crie parfois lors de mes insomnies. Je ne veux pas que l'on trouve mon cahier. C'est une obsession.&lt;br /&gt;   L'un de mes co-détenus a été torturé, ils lui ont crevé les yeux. Depuis des heures il hurle comme une bête. Je plaque mes mains sur mes oreilles. Je sens que je vais sombrer dans la démence. Je ne peux pas supporter ses cris. Je ne veux pas devenir une bête moi aussi ! Je ne veux pas devenir fou ! Ecrire. Ecrire est la solution. Ecrire pour lutter contre la rage meurtrière des hommes. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style="font-style:italic;"&gt;32ème jour de détention.&lt;br /&gt;   Ce matin, les militaires sont venus dans nos cellules. Ils nous ont réveillés, nous ont fait sortir dans la cour pour une demi-heure de promenade. J'ai eu du mal à soutenir la lumière du soleil. Mes yeux ne sont plus habitués. Mes jambes me portaient à peine, tremblantes d'inactivité forcée, les muscles faibles, atrophiés sans doute. &lt;br /&gt;   Quand nous sommes retournés à nos paillasses, le ménage avait été fait. Le sol encore humide luisait dans l'obscurité et une odeur de désinfectant flottait entre les murs gris. &lt;br /&gt;   Plus tard on a eu droit à une portion de riz, quelques morceaux de bœuf en sauce et une tasse de thé brûlant. Menu de roi après tous ces jours de famine ! J'ai savouré chaque bouchée, m'efforçant de manger lentement. Certains se sont jetés sur la nourriture, ont avalé trop vite et ont été malades. Les soldats les ont évacués.&lt;br /&gt;   En début d'après-midi, comme un présent tombé du ciel, un cadeau précieux entre tous nous a été offert : une douche ! Froide, certes et rapide, mais oh combien appréciée !&lt;br /&gt;   Nous avons tout pris, comme un mendiant accepte une soudaine richesse, sans se poser de questions. Puis la nouvelle s'est répandue dans la prison comme une traînée de poudre : des émissaires de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU venaient nous visiter ! Je comprenais mieux le pourquoi de ce régime de faveur ! Il fallait faire bonne figure devant les étrangers ! Et la rumeur a enflé. Certains détenus ont affirmé qu'il y aurait des libérations. Cela se pouvait-il vraiment ? Je n'osais y croire. &lt;br /&gt;   Nous avons essayé de parler aux représentants de l'ONU mais on ne nous a pas laissé les approcher. Alors nous avons crié pour nous faire entendre, nous avons gesticulé, un début d'émeute s'est déclenché. Les soldats ont vite réagi : ils nous ont bousculés, repoussés dans nos cellules, je sens encore le choc de la crosse du fusil sur ma nuque. La visite a été écourtée.&lt;br /&gt;   Ce soir je tente de retranscrire ce que je ressens. Sentiments mêlés. De l'amertume, d'abord. Pourtant, c'était l'espoir, un espoir insensé qui nous guidait lorsque nous avons hurlé notre douleur et notre haine. L'espoir que ces hommes venus de loin pourraient quelque chose pour nous, qu'ils raconteraient au monde l'enfer que nous vivons, jour après jour. Qu'ils témoigneraient, enfin ! Maintenant, je ne sais plus. Je doute. Nos cris serviront-ils ? Tout cela me semble si dérisoire, à présent ! &lt;br /&gt;   La honte, ensuite. La honte d'avoir eu le désir fou, féroce, haineux, d’être libéré avant mes compagnons de misère, si libérations il devait y avoir. Ils ont fait de nous des chiens, des chiens à leur image. &lt;br /&gt;   Mais ce soir, alors que j'écris ces lignes, c'est la peur qui domine en moi. Une peur horrible, une épouvante qui m'empêche de trouver le sommeil. Que va-t-il se passer maintenant ? La répression ne va pas  manquer de se produire et je la pressens implacable. Mais sous quelle forme ? Et quand ? J'ai peur. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Dans la cour tranquille et ombragée, la jeune fille et l'avocat discutent. Elle sait qu’un représentant de l’ONU est allé visiter les prisonniers. Peut-être un nouvel espoir va-t-il se dessiner de ce côté ?  La tête légèrement penchée, concentrée, l'air sérieux, elle écoute le juriste : "Les militaires ont libéré une vingtaine de détenus, mais votre frère n'en faisait pas partie. Il y avait d'ailleurs très peu de prisonniers politiques parmi les vingt. Même en créant un comité de soutien relayé par la Commission des Droits de l'Homme, nous avons peu de chance de nous faire entendre. Je suis désolé de ne pouvoir faire plus."&lt;br /&gt;   La jeune fille sourit tristement, le cœur lourd. Elle baisse les yeux en silence. L'ombre de ses cils repose sur ses joues pâles. Par pudeur, elle ne demande rien de plus. Elle sait que l'avocat a fait son possible. Il n'y a rien à ajouter. Les mots, quelquefois, sont de trop. Alors tous deux se taisent et s'absorbent dans leurs pensées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt; 40ème jour de détention.&lt;br /&gt;   Ecrire. Je le dois. Il le faut. Encore et encore, même si l'horreur est la plus forte, même si le dégoût submerge tout. Les représailles ont été atroces. Trois de mes compagnons ont été torturés, suppliciés, le corps désarticulé. Puis pendus sous nos yeux alors qu'ils étaient déjà presque morts. Toutes les nuits ils reviennent dans mes cauchemars et je hurle de terreur. La mort rôde ici à chaque instant. Elle s'agrippe aux murs, s'agrippe aux corps, s’agrippe au temps … Ils veulent tous nous tuer. Mais à petit feu, en nous faisant souffrir d'abord, souffrir sans fin. Bouddha, soutiens-moi ! &lt;br /&gt;   A nouveau ils m'ont amené dans la pièce trop éclairée. Ils m'ont attaché sur une chaise, les mains serrées dans le dos. J'ai subi le supplice de l'eau et ils m'ont frappé, frappé, frappé … J'ai demandé grâce, j'ai prié, supplié, pleuré même, mais je n'ai pas avoué. &lt;br /&gt;   Alors d'autres soldats sont venus. Ils m'ont détaché, m'ont dénudé, m'ont jeté à terre … Le dire, l'écrire … Il le faut ! Bouddha, aide-moi, donne-moi la force ! &lt;br /&gt;   Un animal. Ils m'ont pris comme un animal. Eux, les animaux. Ont violenté mon corps. Déchéance, honte, je ne suis qu'humiliation. Ils m'ont rejeté dans ma cellule en ricanant.&lt;br /&gt;   Je veux mourir. Rejoindre les âmes pures au Nirvana. Il me semble que la mort serait plus douce que cet enfer.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;45ème jour de détention.&lt;br /&gt;   Mangé un peu hier. Très peu. Dormir, je ne peux pas, je ne peux plus. Je grelotte, j'ai froid, ma tête éclate. Je dois avoir de la fièvre. Pas quitté mon lit depuis trois jours. Les cauchemars reviennent sans cesse et hurlent sous mon crâne douloureux. Ils me surveillent. Je ne veux plus voir leurs yeux. J'ai mal. Les rats ont encore grignoté mon cahier. Je le garde sur moi. Le cacher. C'est vital. Ecrire, encore et toujours. Pas la force. Hier ils ont emprisonné des moines, les ont battus. Sacrilège ! Comment ont-ils osé ? Pas eux, pas les bonzes, il ne faut pas ! J'ai froid, si froid ! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt; ?ème jour de détention.&lt;br /&gt;   J'ai perdu le fil des jours. Je ne sais pas combien de temps je suis resté malade. La fièvre a cédé mais je suis très affaibli. On m'a dit que l'un des moines m'avait veillé durant tous ces jours. Béni soit-il ! Si je suis en vie aujourd'hui, c'est à lui que je le dois ! &lt;br /&gt;   Rien n'a changé ici. Les conditions de détention sont toujours aussi dures. Deux nouveaux prisonniers sont décédés, victimes des tortures incessantes. L'un d'eux a été battu à mort : les soldats avaient trouvé une vieille revue sous son matelas. D'autres ont été libérés. J'ai honte de mes pensées ! Je me sens si seul, si bafoué de ne pas avoir été choisi ! Et avec  le poète, je dis :&lt;br /&gt;                  "Seul un petit nombre a été libéré mais MKN&lt;br /&gt;Applaudit à la chance miraculeuse de ceux qui partent&lt;br /&gt;        Tout en gardant secrets sa peine et son tourment." *&lt;br /&gt;   Le bruit court que la Croix Rouge Internationale a dénoncé les abus commis contre les prisonniers et les civils. Pourtant, je n'ai plus guère d'espoir. Combien de fois les tortures ont-elles été montrées du doigt, sans que cela change quoi que ce soit ! Je n'attends plus rien désormais. Je me contente de survivre.  Et d'écrire.&lt;br /&gt;   Un espace entre deux briques est devenu la nouvelle cachette de mes mots. Avec ce cahier, je garde un semblant d'humanité. Il est aussi un rempart contre la folie, celle des bourreaux mais la mienne aussi, qui me guette à chaque instant. Qui me terrorise.  Sans lui, je ne suis rien. La prison c'est la négation de l'individu. Si je sors un jour d'ici, je crois que je pourrai pardonner bien des choses, mais pas cette négation, pas cette humiliation. Ma dignité et mon amour-propre ont été détruits à tout jamais.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Dans l'impasse, le long de la grille du jardin, la jeune fille se hâte. Depuis l'aurore elle s'apprête. Puisque la justice des hommes est impuissante, elle ira chercher celle des dieux. Elle se rend à la Pagode prier pour le retour de son frère. Les esprits protecteurs l'accompagnent. Dans son sac, les offrandes pour les moines. Peut-être consultera-t-elle aussi l'astrologue … &lt;br /&gt;   Arrivée au centre de la ville déjà bruyante et animée, elle jette un bref coup d'œil au bâtiment sombre qui retient son jeune frère. Songeuse, elle observe un instant. Une vague d’amertume inonde son cœur, les questions se bousculent dans son esprit. Combien de temps encore son frère va-t-il rester prisonnier de ces murs ? Combien de prières faudra-t-il faire pour l’en sortir? Combien de démarches ? Demain, elle verra l’avocat. Il a décidé lui aussi d’alerter l’opinion publique étrangère, d’une façon ou d’une autre. Réussira-t-il à ébranler les consciences occidentales mieux que n’ont pu le faire les représentants des Nations Unies ? Et surtout, cela aura-t-il des répercussions bénéfiques ici ? La jeune fille ne sait pas, ne sait plus. Elle laisse échapper un profond soupir et détourne les yeux du bâtiment. &lt;br /&gt;   Aujourd’hui, elle va prier. Alors elle se remet en route. Le chemin est encore long.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt; * Min Ko Naing a passé seize ans en prison pour sa participation aux manifestations de 1988. A sa libération en 2005, il fonde avec d'anciens prisonniers politiques, le mouvement Génération 88. Son arrestation, en septembre, a soulevé l'indignation de la population. &lt;br /&gt; (Source : Courrier International n° 883, du 4 au 10 octobre 2007.)&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3279130918556672732?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3279130918556672732/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/journal-des-jours-de-peur.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3279130918556672732'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3279130918556672732'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/journal-des-jours-de-peur.html' title='Journal des jours de peur.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-278626305657818087</id><published>2010-01-12T16:57:00.002+01:00</published><updated>2010-02-02T19:10:22.400+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Surprise !</title><content type='html'>Alignées le long du mur du fond, les quinze chaises étaient toutes occupées. Il les avait fait asseoir et, les mains sagement posées sur leurs genoux, ils attendaient. Quinze bambins en majorité blonds avec de grands yeux bleus, quelques bruns aussi aux longs cils recourbés, regardaient autour d’eux, un peu étonnés mais tranquilles. Ils attendaient la surprise qu’il leur avait promise. &lt;br /&gt;Il avait aménagé le sous-sol de la villa pour l’occasion, dégagé le centre de la pièce, repoussé dans les coins les outils, la table de ping-pong, accroché les vélos sur des supports. Des guirlandes multicolores et des lanternes en papier pendaient aux murs. La grande table de jardin trônait au milieu, ornée de fleurs en crépon, de pétales de roses, de grands vases de bouquets de saison. Des coupelles remplies de bonbons ou de biscuits, des compotiers pleins de fruits dorés — oranges, pommes et poires — étaient répartis sur toute la longueur. Des bouteilles de jus de fruits rafraîchissaient dans des seaux de glaçons. Des bâtons d’encens parfumés à la fraise, piqués dans des pamplemousses brûlaient lentement. Le parfum léger s’élevait en volutes suaves vers l’ampoule qui pendait du plafond. &lt;br /&gt;Les enfants, âgés de six à sept ans, le regard tourné vers la table garnie, commençaient à s’agiter. Certains auraient sans doute bien aimé goûter les bonbons ou croquer dans un biscuit ou deux. Mais ce n’était pas le moment. Ils devaient patienter. Pour rendre l’attente moins longue, il leur avait mis un peu de musique. Une petite fille battait la mesure avec sa main. Les enfants ne se parlaient pas entre eux, n’échangeant que quelques sourires timides lorsque leurs regards se croisaient. Ils espéraient. &lt;br /&gt;Soudain, la porte en haut de l’escalier s’ouvrit et il apparut au bord des marches. Ses pas rebondirent sur les degrés de pierre et il déboucha dans le sous-sol, face aux bambins attentifs. Il les dévisagea un instant, l’air songeur, puis plaqua un sourire engageant sur son visage et les rejoignit en quelques enjambées. &lt;br /&gt;—Bonjour, mes petits ! Vous avez été bien sages ?&lt;br /&gt;—Ouiiiiiiiiiiiiiiiiii ! &lt;br /&gt;Le chœur des quinze voix fluettes résonna entre les quatre murs. Il frissonna. &lt;br /&gt;—Bon, alors la fête peut commencer !&lt;br /&gt;Il se dirigea vers la chaîne hi-fi et coupa le son. Le silence se fit. Il sortit un CD d’une boite en carton et l’inséra dans le lecteur. Puis il se retourna et dit :&lt;br /&gt;—Je vais mettre la chanson. Quand votre camarade entrera, vous vous lèverez et vous chanterez tous ensemble. C’est compris ? &lt;br /&gt;A nouveau le chœur juvénile brailla un « oui » aigu. Les yeux brillants, prêts à entrer en jeu, les gamins piaffaient d’impatience. Les premiers accords de la musique s’échappèrent. La porte du haut s’ouvrit et une dame aux longs cheveux bruns, le teint très pâle, descendit lentement l’escalier. Elle tenait un enfant par la main, qui lui ressemblait trait pour trait. Lorsqu’il arriva et découvrit le groupe enfantin, un sourire ravi détendit son visage. A cet instant, les quinze gosses entonnèrent en même temps que le CD le chant traditionnel.&lt;br /&gt;—Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaireuuuuuuu ! Joyeux anniversaire ! &lt;br /&gt;Les applaudissements crépitèrent. Il remplaça le disque par un autre et rejoignit la femme et l’enfant. &lt;br /&gt;—Voici mon épouse et mon fils qui fête aujourd’hui ses sept ans. Vous êtes les bienvenus. Il y a de la musique, des gâteaux, des bonbons, des boissons. Tout est pour vous ! Mangez, dansez, amusez-vous ! &lt;br /&gt;Les jeunes invités se ruèrent sur la table. Ils plongèrent leurs mains avides au creux des saladiers remplis de gourmandises. Ils babillaient, s’exclamaient, riaient, heureux. Il augmenta le son de la chaîne. Tous les petits se trémoussèrent en cadence. Leur hôte et sa famille les contemplaient, sans toucher aux friandises qu’ils les incitaient à consommer. Oui, vraiment, c’était une belle surprise qu’il leur avait concoctée là. Gavés de sucreries, la frimousse barbouillée, les bambins respiraient le bonheur … &lt;br /&gt;Vers dix-huit heures, un peu de fatigue se fit sentir. Quelques enfants, les joues marbrées de chocolat, le pouce dans la bouche, somnolaient sur leur chaise. D’autres tentaient en vain de rester dans le rythme de la musique. Certains avaient engagé la conversation avec le petit garçon de la maison. Peu loquace, il se contentait de sourire. Le père décida qu’il était l’heure. Il alla éteindre la chaîne hi-fi, mettant fin aux dandinements approximatifs des petits invités. Il frappa dans ses mains. Toutes les têtes se tournèrent de son côté. &lt;br /&gt;—Un peu d’attention, mes chers enfants ! Le moment est venu pour mon fils de recevoir son cadeau d’anniversaire. Sept ans, l’âge de raison, cela mérite un présent digne de ce jour ! &lt;br /&gt;Sur un signe de tête qu’il fit, sa femme remonta l’escalier et verrouilla la porte de communication. Puis elle vérifia que tous les soupiraux du sous-sol étaient correctement cadenassés. Elle revint alors se planter aux côtés de son fils. L’enfant, impatient, semblait presque fébrile. Ses yeux sombres se posaient sur ceux de son père à intervalles réguliers. L’homme fit lever les enfants des chaises et les regroupa dans le coin buanderie, un peu à l’écart. Puis il se tourna vers son fils.&lt;br /&gt;—Voici ton cadeau, mon enfant, dit-il en désignant de la main les gamins rassemblés. Ta surprise à toi ! Je les ai choisis avec soin, ils sont beaux et bien sucrés à présent. Régale-toi ! &lt;br /&gt;Un sourire jubilatoire déformant ses traits pâles, ses canines effilées débordant de ses lèvres pourpres, le petit Vlad s’avança vers son « cadeau », radieux. &lt;br /&gt;—Merci papa, murmura-t-il. Ils sont parfaits ! Leur peau si claire, leur cou si tendre … Rien ne pouvait me faire plus plaisir. Et comme leur sang doit être délicieux ! J’en ai l’eau à la bouche !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-278626305657818087?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/278626305657818087/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/surprise.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/278626305657818087'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/278626305657818087'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/surprise.html' title='Surprise !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-7795399153351077661</id><published>2010-01-12T16:50:00.002+01:00</published><updated>2010-02-02T19:10:39.899+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>La Porte.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Ce texte a été publié dans la revue en ligne "Le Quidam" en Mai 2007.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier dimanche d’avril. Il fait beau et je pense à ma pelouse, qui aurait bien besoin d’être tondue. Ça devra attendre ! Je gare la voiture sur le parking bondé. Après Castorama et Leroy Merlin, où rien ne lui a plu, Chantal a décidé d’aller chez Lapeyre. Résigné, je suis, le dos vermoulu des kilomètres parcourus en vain, dans les allées des grands spécialistes de la maison. Ma femme cherche une porte : « Tu comprends, ça fait quinze ans qu’on a la même, avec ce heurtoir à tête de chien ridicule et ces moulures démodées ! J’ai envie de changement ! »&lt;br /&gt;Le ton est sans réplique, aussi je me tais. &lt;br /&gt; Chez Lapeyre, ambiance chaude et feutrée du bois omniprésent. Chantal rayonne. Elle avance d’un bon pas, sûre d’elle, comme en territoire conquis. Le même scénario se reproduit, pour la troisième fois de la journée : d’abord, me demandant mon avis sans en tenir compte, elle s’extasie devant chaque entrée. Puis elle fait venir un vendeur pour s’enquérir de la qualité du matériau : « Tu comprends, une porte, ça dure toute une vie ! » Je comprends et me prépare mentalement à revenir dans quinze ans ! &lt;br /&gt; Un jeune premier, svelte, chemisé de blanc neigeux et cravaté de bleu marine, pantalon à l’identique, s’approche. Un sourire javellisé lui crispe le bas du visage. Sans presque bouger les lèvres, il récite : &lt;br /&gt; —Messieurs-dame, puis-je vous aider ? &lt;br /&gt; Chantal frétille et lui explique la raison de notre visite. Alors qu’elle se lance dans une série de questions techniques et ennuyeuses, je me promène dans l’allée parquetée de miel. Une rangée de menuiseries me fait face. Alignées côte à côte, mises en scène sur des fonds de fausses briquettes léopard, derrière des pots d’arbustes en plastique, ou des boîtes aux lettres factices, elles attendent. Et c’est vrai qu’il y en a de jolies ! En beau bois plein, vernies de frais, bien épaisses ou peintes en blanc, avec des vitres translucides en demi-cercle sur le haut. Certaines ont des poignées en fer forgé, d’autres de petits vitraux verts et rouges sur leur hauteur, rappelant l’huis des anciennes maisons bourgeoises. D’autres encore ont des doubles vantaux, des moulures tarabiscotées, des heurtoirs en laiton, des croisillons en étain sur des vitres en verre jaune. J’imagine aisément le genre de demeure qui se cacheraient derrière ces lourds battants. De grands halls carrelés de noir et blanc, un escalier double, en marbre évidemment, une rampe en pierre. De hautes fenêtres étroites mais nombreuses invitent le soleil à venir s’étendre sur le damier du sol ; des chandeliers accrochés aux murs, un papier peint saumon, ou vert clair, ou jaune paille peut-être… &lt;br /&gt; Un tel luxe ne conviendrait pas à notre modeste pavillon de banlieue. Trop compliqué, trop… riche. D’ailleurs, cet alignement formel me dérange. J’aurais aimé que chacune des portes soit isolée, pour mieux rêver au genre d’intérieur qu’elle pouvait protéger. &lt;br /&gt; Chantal est toujours en grande conversation avec son vendeur. J’en profite pour m’éloigner encore. Je flâne au milieu des panneaux en pin, en merisier ou en acier, les regarde, tourne autour, en admire certains, les caresse du bout des doigts. Mais aucun ne m’attire, ne se distingue des autres. Plus on remonte l’allée vers le début du rayon, plus ils sont dépouillés. J’ai atteint le premier de la rangée et me plante devant. Un battant tout bête, tout lisse, très différent des autres. En bois exotique clair, une simple poignée droite en laiton le décore. Ici, pas de moulures voyantes, juste une fine baguette d’un blond plus soutenu, qui l’encadre. Pas de vitre non plus. Cette porte m’intrigue, fait naître en moi un mystère, mais aussi un sentiment familier. Quelque chose d’irrésistible, un certain charme s’en dégage malgré sa simplicité. Un peu comme mon pavillon, planté, tout blanc, au milieu du gazon vert. Chantal voulait des profusions de roses, rouges, orange, jaunes, grenat… Je n’ai pas cédé, j’ai préféré le calme reposant du vert tendre de la pelouse.&lt;br /&gt;  Ce rectangle tout simple, c’est celui-ci qu’il me faudrait, je le sais, je le sens. Sur le morceau de moquette râpée censée représenter le gazon, une fausse boîte aux lettres éraflée se penche au bout de son piquet. Tiens, on dirait celle de la maison de Juliette ! Toute bancale et qui grinçait les jours de grand vent ! Je frappais chez elle, je disais « ma Juju » et le temps suspendait son cours. Les cheveux blonds de Juliette dansaient derrière elle. Elle riait. Il y a longtemps que la jeune fille espiègle a tiré sa révérence. Elle s’est échappée par la petite porte, la sortie de secours. Tu aurais pu, Juliette, franchir dans mes bras le seuil de notre demeure. Soudain, un creux dans l’estomac, un vide dans les jambes, une grosse boule coincée dans la gorge. Là, seul face à ce banal morceau de bois blond, les regrets m’assaillent. Juliette derrière cette porte. Ma main tremble. Tout, dans ce simple vantail, m’attire. Sa modestie, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;les yeux de Juliette&lt;/span&gt;, la boîte aux lettres, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;ses hanches, ses seins…&lt;/span&gt; Je m’approche et appuie sur la poignée que j’abaisse. Doucement, le battant pivote. Ma langue colle au palais, mes tempes palpitent au rythme du flux de mon sang. J’avance d’un pas. D’un seul coup, la boule qui obstruait ma gorge se dénoue. Une étrange sérénité m’enveloppe. Un appel, une invite, cette porte… et je referme derrière moi. Il fait sombre soudain. Comme si les lumières du magasin s’étaient éteintes d’un coup. Cerné par l’obscurité, aucun repère ne me guide. Seuls les battements de mon cœur m’accompagnent.&lt;br /&gt; Au bout d’un très long moment qui me parait une éternité et semblant venue d’un autre monde, j’entends une voix :&lt;br /&gt; —Jean-Pierre, où es-tu ? &lt;br /&gt;D’abord distincte, la question, posée une seconde fois, puis une troisième, s’estompe, jusqu’à devenir inaudible. La voix de Chantal s’éloigne, tout comme celle des autres clients. Ma respiration ponctue le silence. Je palpe du bout des doigts le noir autour de moi, ce noir épais, insondable. Dans cette tranquillité tiède et douillette je me détends. De ce côté il n’y a pas de poignée. Mais curieusement, je n’ai pas envie de sortir. Je n’ai pas peur. Il me semble que ce réduit aux murs de nuit était là pour moi. J’ai trouvé mon issue de secours, et enfermé ici, j’ai l’étrange sentiment d’être enfin libre. De l’autre côté, les voix se sont tues, tout est calme, en paix. Je pense à Juliette, à sa porte : c’est bien celle-ci. Une sorte d’exaltation m’envahit. Je fais un pas, mais les ténèbres, denses, m’empêchent d’avancer. Un peu surpris, j’amorce une autre tentative. Sans plus de succès. L’ombre, palpable, douce et chaude me recouvre, m’enserre. Sa tiédeur s’insinue dans tout mon corps. Je flotte dans un cocon, en sécurité. L’obscurité n’est pas menace mais bienveillance. Mes pieds ne touchent plus terre, et le contour de mes bras se mêle au noir qui me pénètre. Je me dissous, je me dilue… Je me fonds dans l’espace, hors du temps, aboli. Je ne suis que plénitude et harmonie. Je murmure : « Juliette… » et le prénom chante à mes oreilles. &lt;br /&gt;J’ai trouvé la porte qu’il me fallait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-7795399153351077661?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/7795399153351077661/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/la-porte.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7795399153351077661'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/7795399153351077661'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/la-porte.html' title='La Porte.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-1632852252161058650</id><published>2010-01-12T00:45:00.001+01:00</published><updated>2010-02-02T19:02:16.028+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;air du temps.'/><title type='text'>Il est né !</title><content type='html'>Dehors, les réverbères éclairent en jaune une neige qui n’en finit pas de tenir. La rue endormie est figée sous le froid. Ailleurs, il fait sûrement plus chaud. Ici, des envies d’hiberner assaillent tout le monde. Enfin, pour être exacte, surtout moi… C’est étrange comme chaque année à la même époque j’éprouve le besoin de me transformer en ours ! Avoir une bonne grosse fourrure bien chaude et me dire que lorsque j’aurais décidé de sortir à nouveau le nez dehors, ce sera l’été. Pour la fourrure, ça peut s’arranger, la mode nous propose en ce moment d’adorables vestes moutonneuses et douces, douces… (je sens que je vais piquer celle de ma fille…) &lt;br /&gt;Pour le reste, hélas, si le genre humain pouvait hiberner, ça se saurait… Il faut donc se résigner à subir ces longs mois d’hiver, puis ensuite les non moins longs mois de printemps pluvieux que nous réserve le climat depuis quelques années. Seulement après, on pourra goûter aux trop courts mois d’été avant de replonger dans les rigueurs hivernales. On se fera donc une raison et pour traverser sans bobos le froid, la pluie, le vent et la neige, j’ai décidé pour ma part d’agir. En créant mon blog. J’en parlais depuis quelques temps, j’y réfléchissais, je suis finalement passée à l’acte. Et le voilà donc, le bébé tout neuf, dans ses beaux habits roses, une vraie dragée ! Il ne demande qu’à grandir, se développer, embellir… Cela viendra et même s’il n’est pas encore parfait ni abouti, vous pouvez déjà le voir et, peut-être, l’apprécier.&lt;br /&gt;Et puis je ne voudrais pas vous quitter sans vous souhaiter une Bonne et Heureuse Année ! Profitez de la vie, de l’été si court et oubliez l’hiver ! Vive 2010 !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-1632852252161058650?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/1632852252161058650/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/il-est-ne.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1632852252161058650'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1632852252161058650'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/il-est-ne.html' title='Il est né !'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-1702453553363405789</id><published>2010-01-10T18:17:00.001+01:00</published><updated>2010-02-02T19:10:58.085+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>"ça va ?"</title><content type='html'>Le matin, vers 9h30, des pas alertes résonnent dans l’escalier. Elle arrive, coiffée d’un chapeau noir en lainage, la veste sur un bras, le sac en bandoulière sur l’autre bras. A notre amical bonjour, elle répond par un salut à peine audible, du bout des lèvres. Surtout, n’ajoutez rien ! S’il est trop tard, si par malheur vous avez laissé échapper le banal « ça va ? », alors soyez patient. Car elle va sans nul doute vous égrener en chapelet tous ses malheurs du moment. Prenant un visage de martyre, bouche penchée et yeux au ciel, elle commence par nous dire qu’elle n’a pas dormi de la nuit, qu’elle n’en peut plus. Elle rejoint lourdement son bureau, pas lent et dos voûté, et se laisse choir sur son siège avec un long soupir. Il n’est pas rare que là, un gémissement lui échappe, et qu’elle porte la main à son dos, l’expression du visage soudain douloureuse. &lt;br /&gt;Certains matins, elle n’a plus de voix, et chuchote lorsqu’elle nous parle. Elle annule ses rendez-vous. Et puis, miraculeusement sans doute, lorsque son ami lui téléphone, elle le gratifie d’un « bonjour ! » sonore et bien timbré, avant de chuchoter à nouveau devant notre air surpris.&lt;br /&gt;Quelquefois, elle tousse dès le matin, d’une petite toux sèche qu’elle force jusqu’à la nausée. Elle sourit très rarement, et joue de son teint pâle ; elle crispe sa main sur son estomac lorsqu’elle se déplace, serre les lèvres lorsqu’elle nous croise dans un couloir.&lt;br /&gt;Elle connaît, pour en avoir eu un bon nombre, assure-t-elle, des tas de maladies, leurs symptômes, leurs traitements. Et comme si cela lui donnait un privilège sur nous, elle ne souffre pas la contradiction. Nos petits bobos ne sont rien en comparaison de ses maux. Quelquefois même, les médecins en perdent leur latin : « Je suis un cas unique, ils n’avaient jamais vu ça ! » clame-t-elle à qui veut l’entendre. Sa maladie n’est pas répertoriée, et cela fait d’elle une héroïne. Boites de comprimés de toutes tailles et de pastilles orange, jaunes ou violettes, alignées sagement sur son bureau comme sur un rayonnage de pharmacie, attendent leur heure, et lorsqu’elle retire sa gouttière qui la fait zozoter, elle laisse la petite boite de plastique transparent tapissée de coton, négligemment posée au milieu des livres et des papiers divers, bien visible à qui s’approcherait du bureau. Elle est fatiguée, elle a mal partout, elle travaille trop, elle a besoin de vacances. Tel est son credo journalier.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-1702453553363405789?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/1702453553363405789/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/ca-va.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1702453553363405789'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/1702453553363405789'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/ca-va.html' title='&quot;ça va ?&quot;'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-900407070048489995</id><published>2010-01-10T17:44:00.002+01:00</published><updated>2010-02-02T19:11:20.296+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>Héritage.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Texte sélectionné et publié sur le webzine "Nuits d'Almor" en janvier 2008.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’odeur de la sciure fit remonter un souvenir de mon enfance. Je me revis, après l’école, assis à la table de la cuisine, grignotant mon goûter, le nez dans mes illustrés. Au bout de la pièce, un hall séparé par une porte, sorte de sas, donnait directement sur le magasin. Ma mère tenait la caisse, mon père débitait la viande. &lt;br /&gt; Notre boucherie était la plus grande du village et la plus réputée. Mon père était fier de son métier, que son père avant lui avait exercé.  Plongé dans le « journal de Mickey », j’entendais le tchac tchac  régulier du tranchoir sur le billot. J’imaginais la lame luisante, maculée du sang des bêtes, les éclats d’os ricocher sur la planche, puis retomber au sol et se perdre au milieu des copeaux de bois. &lt;br /&gt; Le soir, après la fermeture, ma mère n’avait plus qu’à balayer la sciure mêlée de déchets et à laver le carrelage. Au matin, mon père en étalait à nouveau une couche et le même rituel reprenait, soir après soir, jour après jour. &lt;br /&gt; Fils unique, j’étais souvent seul, livré à moi-même. Mes études en souffraient, mais mon père, au contraire des autres parents, ne s’en préoccupait pas. &lt;br /&gt;—Plus tard, la boucherie sera à toi, disait-il. Dès que tu auras l’âge, tu feras ton apprentissage. Puis tu commenceras avec moi, et quand je prendrai ma retraite, tu seras seul maître à bord.&lt;br /&gt;Il le pensait vraiment. Et, empli d’orgueil, il m’attrapait par la main, sortait du magasin et me montrait la devanture où s’inscrivait en lettres noires « Boucherie Nogaret et Fils ». &lt;br /&gt;Quant à moi, ça ou autre chose. La vie, sans surprise, s’étalait devant nous, monotone. Certes, on n’était pas malheureux, peut-être était-ce cela, le bonheur : les jours, juste rythmés par le tchac tchac  régulier du tranchoir sur le billot, par l’odeur du sang et de la sciure. Les échardes d’os incrustées dans le bois, les crânes triangulaires des agneaux, enfermant les cervelles que mon père extrayait habilement, tout cela, un jour, m’appartiendrait. C’était comme ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;******&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Aujourd’hui, les copeaux qui s’accumulent sur le sol sont ceux de la pièce de bois que je rabote, à l’atelier menuiserie. La même odeur familière, un peu âcre, moins celle du sang. Ça me manque, l’odeur du sang. Et les quartiers de viande suspendus à leurs crochets dans la chambre froide.&lt;br /&gt; La porte s’ouvre. Le gardien s’avance.&lt;br /&gt;—Nogaret, parloir ! Ton avocat !&lt;br /&gt;Oui, je crois que l’odeur du sang et de la viande me manquent. Ça fait toute la différence. Et aussi le tchac tchac  du tranchoir sur le billot. Les éclats d’os, et le crâne des agneaux, les mains rougies de mon père, qui soulèvent la cervelle. Je les vois chaque nuit, lorsqu’allongé sur mon lit, les yeux ouverts dans le noir, je cherche le sommeil. Les éclats d’os, les crânes des agneaux … Le crâne. Son crâne qui roule dans la sciure, tranché au niveau de la pomme d’Adam. Et les yeux noirs de mon père, grands ouverts.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-900407070048489995?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/900407070048489995/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/heritage.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/900407070048489995'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/900407070048489995'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/heritage.html' title='Héritage.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1489836453769963314.post-3193949014594412462</id><published>2010-01-10T17:25:00.002+01:00</published><updated>2010-02-02T19:11:35.887+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Signé Khéops.'/><title type='text'>1-1 balle au centre.</title><content type='html'>Une file d’attente dans une banque, ou chez un opérateur téléphonique, peu importe. Les files d’attente, c’est toujours pareil : plein de monde, des qui ronchonnent, des qui soupirent, des qui laissent errer leur regard sur les affiches publicitaires, des qui froncent le sourcil, et des qui engueulent leur gosse parce qu’il a bougé la première phalange du petit doigt… pour passer le temps ! (l’engueulade, pas le fait de bouger le petit doigt…)&lt;br /&gt;Et puis il y a moi, un bouquin à la main, ça aussi ça fait passer le temps. Plongée dans ma lecture, je n’ai pas l’impression de le perdre bêtement. (je le perds intelligemment, c’est déjà ça !) &lt;br /&gt;Là, vous remarquerez la dualité de ma pensée : en disant que je perds mon temps intelligemment, je suis optimiste, dans le cas contraire, pessimiste. Ma voisine, elle, est plutôt optimiste, elle engage la conversation. &lt;br /&gt;—C’est bien d’avoir pensé à apporter votre livre, au moins le temps passe plus vite pour vous ! &lt;br /&gt;J’aurais bien voulu lui dire que le temps passe à la même vitesse pour tout le monde, qu’il s’en fout le temps, des états d’âme des gens coincés dans les files d’attente, mais… j’ai pas osé, faut quand même rester poli avec les étrangers. J’ai dit :&lt;br /&gt;—Oui et au train où vont les choses, je l’aurai bientôt fini. Je pourrai en commencer un autre ! Il faut voir le bon côté des choses… &lt;br /&gt;La dame m’a souri mais j’ai vu quelques rictus de scepticisme effleurer certains visages. Un monsieur, gros (trop, à mon avis, mais là n’est pas notre propos…) et la figure rougeaude de celui qui ne déteste pas les plaisirs de la vigne, a rétorqué :&lt;br /&gt;—Ouais ben, livre ou pas livre, on va pas y passer la journée ! J’ai autre chose à faire ! &lt;br /&gt;Quelques murmures d’assentiment ont bourdonné en sourdine et je me suis surprise à avancer l’opinion selon laquelle on n’y pouvait rien et que donc, il fallait prendre son mal en patience. J’ai accompagné ma sentence d’un large sourire et j’ai ajouté :&lt;br /&gt;—Ça pourrait être pire, vous savez ! Il pourrait y avoir encore plus de monde (une bonne dizaine de personnes m’a jeté un regard noir…)  ou bien une grève surprise du personnel ! Imaginez, si l’heure de la fermeture était proche et qu’on nous demande de revenir demain, faire à nouveau la queue… ou si un braqueur masqué venait nous prendre en otage… ben moi, j’ai mon livre ! &lt;br /&gt;Là, je délirais carrément mais ma voisine sympa (celle du début, vous suivez ?) m’a dit avec des trémolos d’admiration dans la voix :&lt;br /&gt;—Quelle imagination ! Vous devriez écrire ! &lt;br /&gt;—Mais j’écris, justement ! Si vous veniez chez moi, je vous montrerais toutes les lettres de refus d’éditeurs, qui encombrent mon bureau. &lt;br /&gt;Mais ça, c’était pessimiste alors, dans la foulée, sans reprendre mon souffle, j’ai complété :&lt;br /&gt;—Remarquez, j’ai un guéridon bancal dans l’entrée, les feuilles peuvent toujours servir à le caler… (mes textes aussi tant qu’on y est, plutôt que de mourir d’ennui dans mes tiroirs… je dois bien compter d’autres meubles bancals chez moi… mais comme j’ai décidé d’être positive, je n’ai rien dit de tout ça, c’est juste pour vous…)   &lt;br /&gt;—Rôôhhh ! Ce que vous êtes marrante, vous alors ! a gloussé ma voisine.&lt;br /&gt;Mais ma patience a des limites et j’ai commencé à me demander si mon tour allait enfin arriver. La file a avancé de quelques pas, j’ai suivi en soupirant. J’ai senti mon optimisme défaillir, et puis comment je pouvais lire, moi, si cette dame n’arrêtait pas de me parler ? J’ai commencé à fixer les aiguilles de la pendule murale, hypnotisée par les mini secousses qui scandaient les secondes. La voix de ma voisine m’a fait sursauter.&lt;br /&gt;—Au fait, vous lisez quoi ? &lt;br /&gt;Je lui ai montré la couverture de mon bouquin. Elle s’est esclaffée comme une poule hystérique en voyant le titre : « Le temps retrouvé ». Ben quoi ? On peut rêver, non ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1489836453769963314-3193949014594412462?l=ahvousecrivez.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/feeds/3193949014594412462/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/1-1-balle-au-centre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3193949014594412462'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1489836453769963314/posts/default/3193949014594412462'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ahvousecrivez.blogspot.com/2010/01/1-1-balle-au-centre.html' title='1-1 balle au centre.'/><author><name>Khéops</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15621576259538330084</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_Mc6euIK9iBA/S17-NBtZEWI/AAAAAAAAAAU/2DY-qvcbuhQ/S220/Desert+Landscape.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
