J'écris. Pour un blog littéraire, il vaut mieux. J'écris de tout, pour les jeunes, les moins jeunes, des nouvelles, du théâtre, de l'humour et mes humeurs. La liste des courses, alors que d'autres dressent la liste de leurs envies... Mais je vous l'épargnerai ! La liste des courses, je veux dire. Donc, bonjour et bienvenue sur "Ah, vous écrivez ?" mon blog littéraire.
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samedi 7 mai 2011

Liaison.

J’ai fait sa connaissance un peu avant Noël, un samedi je crois. Il était beau, fort, carré d’épaules. Sûr de lui. Rassurant. J’ai tout de suite été conquise. Je ne me lassais pas de le regarder. J’avais envie de le toucher, j’hésitais. A son invite, je m’y suis risquée. Je suis vite passée aux caresses, timides au début, de plus en plus osées ensuite. Toujours tendres. Et puis, la première fois… Ah, cette première fois ! Elle a duré une heure et demie et ça m’a paru si court ! J’ai eu envie de recommencer, encore et encore. C’était si bon, à chaque fois j’étais comblée. Heu-reu-se !
J’aimais sentir ses courbes sous ma main, j’aimais le papouiller, le malaxer. J’aimais enfoncer mes ongles dans sa chair satinée. Le découvrir par petites touches. Et puis aller plus loin, jusqu’aux tréfonds de son intimité. En savoir toujours plus sur lui, lui arracher ses secrets. Je me contemplais dans son regard comme on se noie, m’engloutissais en lui. Nous ne faisions qu’un et le temps était aboli.
Ma famille s’est vite rendu compte de mon changement de comportement. Distraite, absente, je m’éloignais d’eux, je m’isolais souvent .Et surtout, j’étais heureuse et ça se voyait. Le soupçon puis la jalousie se sont installés. Je faisais pourtant attention, j’essayais de partager mais sans doute était-ce insuffisant… Il était là, omniprésent, occupant mes heures et mes pensées. Cette liaison devenait envahissante, ça ne pouvait plus durer. Un jour, il a fallu trancher…
— Bon, chacun aura le droit de l’utiliser deux heures, à tour de rôle. Le soir après manger j’aurai priorité étant donné que toi tu peux l’avoir dans la journée. Avant manger on peut le laisser au petit, il aime jouer lui aussi. Le week-end on avisera… Mais pas question de passer son temps dessus sinon on ne fera plus rien ! C’est d’accord ? »
J’ai bien dû accepter les conditions imposées par mon mari, c’était ça ou rien ! Mais que ça a été difficile de partager cet ordinateur tant aimé, lui qui avait bouleversé nos vies ! Lui qui, pour la première fois m’a initiée à l’informatique…
Un jour, il est mort et d’autres l’ont remplacé, tout autant chéris. Aujourd’hui, j’en ai un rien qu’à moi. Que c’est bon !

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